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Processus de Manhasset : Christopher Ross commence sa tournée maghrébine par Rabat

© D.R

Pour sa première tournée au Maghreb, depuis sa nomination le 7 janvier 2009 nouvel envoyé de l’ONU pour le Sahara, Christopher Ross a donné la primeur au Maroc.
Le nouveau médiateur onusien entamera, ce vendredi 20 février, à Rabat son premier périple maghrébin qui le conduira samedi 21 à Tindouf (Algérie), dimanche 22 à Nouakchott et lundi 23 à Alger. Ce périple, qui sera suivi de près par la sphère diplomatique internationale, ainsi que par les médias, a pour objectif de remettre sur les rails le processus de négociations sur le Sahara resté bloqué depuis janvier 2008. Après une année sabbatique, pendant laquelle le Polisario, – avec l’évident soutien diplomatique, financier et politique d’Alger -, s’est dépensé à faire obstruction à l’offre marocaine d’autonomie, revoilà le Polisario face à la même exigence : reprendre le chemin de Manhasset pour négocier sur la base de la proposition marocaine d’octroyer un statut d’autonomie élargie aux provinces sahariennes. La sortie du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, lors de la dernière session ordinaire de l’Union africaine (UA), fin janvier, a résonné comme une piqûre de rappel.
L’actuel patron de l’ONU, le Sud-Coréen Moon, a insisté sur la nécessité de reprendre les négociations (5ème round, prévu en avril prochain) sur la base de la résolution 1813 du Conseil de sécurité.
Un rappel à l’ordre auquel se sont joints les principaux acteurs internationaux, dont l’Espagne qui a récemment réaffirmé, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Angel Miguel Moratinos, la même exigence de reconduire les pourparlers sur la foi de la résolution 1813.
Avec Madrid, Washington et Paris ont fait bloc derrière le Maroc salué pour avoir fait preuve de sérieux et de crédibilité dans ses efforts pour trouver une solution politique négociée, mutuellement acceptable, au conflit plus que trentenaire autour du Sahara marocain. L’ancienne secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, avait exhorté fin décembre le Polisario «à œuvrer avec le Maroc» pour tourner la page d’un conflit qui a causé autant de tragédies inutiles et hypothéqué l’avenir de l’Union du Maghreb Arabe, qui a célébré hier le vingtième anniversaire de sa création.
La visite du diplomate américain, Christopher Ross, chez les protagonistes du conflit coïncide avec cette date fondatrice de l’entité maghrébine, appelée des vœux de la communauté internationale et des hautes luttes des peuples maghrébins. Un Etat croupion incrusté au sein des cinq pays du Maghreb est jugé inacceptable, d’autant plus qu’il est porteur de facteurs de déstabilisation en raison de son implication avérée dans des actions terroristes survenues ces derniers temps à la frontière entre le Maroc, la Mauritanie et l’Algérie.
Le Polisario, qui a réussi à faire l’unanimité contre lui, ne doit plus avoir l’embarras du choix. Après que l’ex médiateur onusien, Peter van Walsum, ait planté le dernier clou au cercueil de l’option de «l’indépendance», jugée «irréaliste» et «irréalisable», il n’a qu’à prendre fait et cause pour l’option de l’autonomie. L’autonomie ou rien.