Le chef rebelle touareg malien Ibrahim Ag Bahanga, qui a récemment abandonné ses positions dans le nord du Mali face aux forces armées maliennes, a été accueilli en Libye pour raisons humanitaires, a fait valoir lundi un diplomate libyen interrogé par l’AFP. Dans la zone nord, le Mali était confronté à la rébellion touareg et devait faire face à une situation difficile. La Libye accueille le chef rebelle touareg dans un cadre humanitaire et non politique. «Ibrahim Ag Bahanga a été accueilli chez nous pour des raisons humanitaires, dans le cadre de la paix», a déclaré ce diplomate, s’exprimant sous couvert de l’anonymat.
Le chef rebelle malien ne fera pas de politique sur le territoire libyen. «Il a pris par écrit l’engagement de ne pas faire de politique ni autre chose. Nous avons informé nos frères du Mali» (les autorités), a-t-on ajouté de même source.
A la question «est-ce que le gouvernement malien pourrait éventuellement envoyer à Tripoli une délégation pour rencontrer le chef rebelle» afin de discuter de la consolidation de la paix, le diplomate libyen a répondu : «Non, il n’y a pas de négociation prévue». «Ibrahim Ag Bahanga n’est pas venu ici pour négocier. Lui, il reste ici (en Libye), et là-bas on applique l’accord de paix d’Alger, signé en 2006. Nous, nous aidons seulement pour que la paix revienne», a-t-on fait également valoir. L’accord de paix qui a été signé en Algérie avait pour objectif de mettre fin au conflit entre le gouvernement malien et les rebelles touaregs. L’armée malienne avait déclenché début janvier une opération de sécurisation dans le nord-est du pays, destinée à anéantir le groupe d’Ag Bahanga. Le 10 février, le ministère de la Défense avait annoncé que toutes ses bases avaient été prises et qu’il était en fuite. «Nous allons aussi aider avec modestie le nord du Mali pour son développement», a aussi annoncé ce diplomate libyen. Le 17 février, plusieurs centaines de rebelles touaregs, dont d’anciens éléments du groupe d’Ag Bahanga, ont déposé les armes et réintégré le processus de paix au Mali, lors d’une cérémonie publique à Kidal (nord-est). C’est un pas vers la conciliation. Selon les observateurs, le gouvernement malien devrait rapidement profiter de l’accalmie pour accélérer le retour définitif à la paix.









