24 heures

Légitimité officielle

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On n’arrête pas de découvrir des choses incroyables avec les islamistes. Il suffit d’assister à l’un de leurs meetings, de lire leur littérature ou, juste, de feuilleter leur presse pour tomber sur des choses «à l’appui desquelles Allah n’a fait descendre aucune preuve» (Youssef-41).
Une dame a sollicité une fatwa à un fquih du Mouvement unicité et réforme (MUR) sur la position de la Charia sur le fait de porter une perruque et de se faire redessiner les sourcils. La réponse du fquih a été catégorique : «Non ! Vous n’avez pas le droit de le faire». Une réponse qui correspond à une certaine manière de voir les choses tout à fait normal chez les islamistes, dira-t-on. Mais, cette fatwa est alarmante tant sur le fond que sur la forme.
Sur le fond, il y a lieu de préciser que la dame en question a indiqué dans sa demande de fatwa qu’elle est atteinte de cancer et qu’elle a perdu ses cheveux et ses sourcils à cause de la chimiothérapie. En plus, il a précisé qu’elle voulait porter la perruque et se dessiner les sourcils juste chez elle à la maison ou pour recevoir les membres de sa famille. Pourtant, du haut de la fameuse tribune «le fquih a dit» du quotidien Attajdid (édition du 1er mai 2009), Mimoun Berrissoul a considéré qu’il s’agit d’un acte interdit par la Charia lui conseillant de mettre un voile sur la tête et de ne pas dessiner ses sourcils même si elle est à la maison. «Chez toi à la maison et avec tes invités, tu peux mettre le voile de la Charia, car il te voilera et te protégera, et te rendra belle, mieux que la perruque car c’est un péché même si c’était à la maison vu qu’il s’agit d’un acte de tromperie», a-t-il dit. Une fatwa cruelle qui ne se base sur aucune règle de logique. Si la dame est chez-elle et entre les siens, qu’est-ce qui l’empêche de porter une perruque pour éviter de se sentir gênée devant les membres de sa famille.
Sur la forme, il est étonnant qu’elle émane de quelqu’un qui vient d’être nommé par le ministre des Habous à la tête du Conseil local des ouléma de Nador. Une nomination qui a suscité une grande polémique dans la ville sachant que M. Berrissoul est connu pour ses affinités avec le MUR et ses prêches virulents dont se plaignait l’ancien  président du Conseil local des ouléma de Nador, Ahmed Boudhan, et qui a fini par se faire détrôner par Berrissoul qui a pris sa place fin mars dernier.
En tout cas, étant président d’un Conseil local des ouléma, la fatwa de M. Berrissoul portant sur l’interdiction du port de la perruque par une femme cancéreuse acquiert une légitimité officielle. Ce qui est regrettable.