Monde

Une marche contre les élections présidentielles

Quelque milliers de Mauritaniens opposés au coup d’Etat du 6 août, dont le président de l’Assemblée nationale ont marché lundi soir, dans les rues de Nouakchott pour s’opposer à l’organisation d’une élection présidentielle le 6 juin. «Cette mascarade visant à légitimer le putsch n’aura pas lieu, nous allons utiliser tout ce que nous pouvons pour la faire échouer», a lancé devant la foule le président de l’Assemblée, Meassoud Ould Boulkheir, dirigeant de l’Alliance populaire progressiste (APP). Les marcheurs étaient environ 3.000 selon des journalistes. Plusieurs milliers selon les organisateurs. Le gouverneur de Nouakchott avait autorisé la manifestation. L’opposant Ahmed Ould Daddah, président du Rassemblement des forces démocratiques (RFD) était présent, tout comme les représentants du Front national pour la défense de la démocratie (FNDD), coalition d’organisations dénonçant le coup d’Etat. «Celui qui dispose d’armes et de couteaux n’a qu’à les sortir, peu importe», a lancé M. Ould Boulkheir à l’attention du pouvoir militaire, pour insister sur la détermination des anti-putsch. Cette marche avait lieu quasiment neuf mois après la prise du pouvoir par l’armée et le renversement du président élu, Sidi Ould Cheikh Abdallahi le 6 août. Le général Mohamed Ould Abdel Aziz meneur du coup d’Etat, est à présent candidat à la présidence. Seuls trois hommes politiques, qui n’avaient pas condamné la prise du pouvoir par l’armée, sont également candidats. Mais le pouvoir militaire en place bénéficie du soutien de la grande majorité des parlementaires. Pour rappel, le président du Front national pour la Défense de la démocratie, Beijel Ould Hemeid, avait déclaré à la presse que le général Ould Abdel Aziz «avait lancé une campagne électorale précoce dans les provinces de l’intérieur en utilisant l’argent public».
De son côté, Ahmed Ould Daddah, le secrétaire général du Rassemblement des forces démocratiques (RFD), avait annoncé qu’il ne se présenterait pas aux prochaines élections. «La nomination du général Ould Abdel Aziz pour les prochaines élections présidentielles est interdite aux termes de la législation mauritanienne et internationale», avait-t-il déclaré. Il avait ajouté que la Charte africaine interdit à quiconque ayant participé à un coup d’Etat contre l’ordre constitutionnel de participer à un gouvernement issu de ce coup d’Etat.