L’intervention du ministre a permis à l’assistance d’avoir une idée claire sur le point de vue du chef du département de l’administration territoriale sur un projet qui devrait faire l’objet d’un débat national conformément aux directives royales contenues dans le discours du 6 novembre 2008. «Nous sommes particulièrement attaché à ce que la conception générale de ce grand projet donne lieu à un débat national aussi large que constructif, auquel prendront part toutes les institutions et les autorités compétentes, ainsi que les instances représentatives et partisanes, et les structures académiques et associatives qualifiées», avait annoncé le Souverain à l’occasion du 33ème anniversaire de la Marche Verte.
M. Benmoussa, représentant des «autorités compétentes» ouvre ainsi le bal des débats. Dans son intervention devant l’élite de l’ingénierie marocaine, le ministre de l’Intérieur a d’abord précisé «la spécificité» de l’offre d’autonomie proposée comme solution au conflit artificiel du Sahara marocain. L’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie pour la région du Sahara est une «forme de régionalisation appropriée pour un cas spécifique», a-t-il indiqué avant d’ajouter qu’il s’agit d’un «cadre ambitieux conforme aux normes et standards internationaux en matière de régions autonomes». Émanant de M. Benmoussa, la précision est de taille. Cela signifie qu’il n’est pas envisageable, selon la vision de son département, d’adopter un même niveau d’autonomie pour une autre région du Royaume.
Pour les autres régions du Maroc, M.Benmoussa a insisté sur le fait que la régionalisation doit respecter «des principes» qui sont «l’unité du pays, la cohésion sociale et la solidarité territoriale, l’équilibre entre les pouvoirs de l’Etat (régulateur) et ceux de la région (acteur privilégié du développement économique et social)». S’agissant du découpage, le ministre de l’Intérieur a plaidé pour «un redécoupage» régional ayant pour objectif de favoriser l’émergence de régions compétitives économiquement, dotées d’infrastructures structurantes en termes d’aménagement du territoire, et harmonieuses sur le plan social et culturel.
La vision du ministre de l’Intérieur en ce qui concerne le projet de la régionalisation se résume ainsi à trois points essentiels : l’exclusion de l’autonomie pour d’autres régions que les provinces du Sud, limiter les pouvoirs de la région à des prérogatives relatives au développement économique et social, et privilégier un découpage basé sur la viabilité économique.
En précisant les principes généraux de la vision qu’il prône en termes de régionalisation, M. Benmoussa ouvre le débat en attendant que d’autres acteurs concernés prennent l’initiative de faire des propositions et de les soumettre au débat.









