Une vingtaine de députés mauritaniens opposés au coup d’Etat militaire du 6 août ont débuté, lundi, un sit-in dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale en exigeant que la session soit consacrée à l’examen de la crise politique, a-t-on appris auprès de l’un d’eux. Munis de quelques provisions, ces élus ont affirmé qu’ils s’installaient pour 24 heures au sein de l’Assemblée. «Nous sommes entrés dans la salle, nous avons exigé que la session qui s’ouvre aujourd’hui soit consacrée à l’examen de la crise politique, mais les autres s’étant retirés, nous avons décidé de rester sur place pour 24 heures», a affirmé à l’AFP le député Jemil Ould Mansour, dirigeant du parti islamiste Tawassoul. «Nous avons alors confié la présidence de la séance à l’un des vice-présidents de l’Assemblée et avons entamé les débats autour de la crise», a ajouté M. Ould Mansour. En réaction, le porte-parole de la majorité à l’Assemblée nationale, Mohamed El Moctar Ould Zamel, a vivement critiqué ce sit-in, en affirmant qu’il s’agissait d’un procédé anti-démocratique et peu respectueux de la sacralité des lieux. Selon M. Ould Zamel, malgré le «brouhaha» suscité par les opposants qui tapaient des mains sur les tables, le vice-président de l’Assemblée a pu faire son discours d’ouverture et lever la séance. Lundi, les forces de l’ordre ont sensiblement renforcé leurs positions autour du bâtiment, au sein duquel l’atmosphère était tendue, selon des journalistes mauritaniens interrogés par l’AFP. Depuis neuf mois, les députés affiliés au Front national pour la défense de la démocratie (FNDD) boycottent toutes les sessions, dénoncées comme illégales. Mais les partisans du coup d’Etat sont majoritaires au Parlement. Le fossé entre anti-putsch et pro-putsch s’est encore accentué depuis que le pouvoir militaire en place a prévu d’organiser le 6 juin une élection présidentielle anticipée que l’opposition boycottera. Le général Mohamed Ould Abdel Aziz, à la tête des militaires qui avaient renversé le président élu démocratiquement Sidi Ould Cheikh Abdallahi, est donné vainqueur de cette élection, face à trois candidats de moindre poids qui n’ont pas condamné le coup d’Etat. M. Ould Abdel Aziz préside depuis la semaine dernière un nouveau parti, l’Union pour la République, qui compte 83 des 151 parlementaires. La majorité parlementaire a publié lundi, un communiqué dans lequel elle menaçait les auteurs du sit-in de mesures disciplinaires, sans en préciser la teneur. Évoquant l’action des anti-putsch, le texte assure que ce genre de comportements contraires aux lois, n’empêchera pas la majorité d’aller aux élections pour un retour à une situation constitutionnelle normale.









