Le ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, a exposé, devant la Chambre des conseillers, les grandes lignes de son plan antifraude à travers lequel il compte garantir la transparence des élections communales du 12 juin prochain.
M. Benmoussa a expliqué aux membres de la deuxième Chambre comment son département, en collaboration étroite avec le ministère de la Justice, compte mobiliser tous les moyens matériels et techniques ainsi que les compétences humaines dont il dispose pour lutter contre les fraudes électorales et déférer, en cas de besoin, les contrevenants devant la justice.
Le ministre de l’Intérieur a aussi annoncé avoir donné des instructions pour la mobilisation des services de sécurité sous le contrôle du parquet général pour intervenir en cas de détection de toute irrégularité ou tentative de fraude afin d’assurer le déroulement des élections dans des conditions démocratiques. Dans ce sens, le ministre de l’Intérieur a annoncé avoir pris les mesures nécessaires à même d’assurer la neutralité des autorités locales et des services de sécurité et «faire face aux tentatives visant à faire usage des moyens appartenant à l’Etat, aux collectivités locales et aux établissements publics à des fins électorales, tout en veillant au bon fonctionnement du service communal en tant que service public». Les explications fournies par le ministre de l’Intérieur devant le Parlement ou celles qu’il expose devant les partis politiques lors des réunions entre les deux entrent dans le cadre d’une démarche démocratique normale. Mais, si l’objectif est de faire en sorte que l’opération électorale se déroule d’une manière propre et dans la sérénité, il serait judicieux de faire un effort de communication envers ces milliers de personnes qui vont se présenter aux communales car tout le monde sait que la majorité des candidats ignorent complètement les règles de loi qui régissent le processus électoral. La plupart ignorent, par exemple, que le fait de réunir des gens autour d’un banquet pendant la période de la campagne électorale est un délit.
Faire une campagne de sensibilisation des électeurs en leur disant ce qu’ils doivent ou ce qu’ils ne doivent pas faire pendant les élections à travers des spots télévisés est une initiative qui a fait ses preuves ces dernières années. Il serait temps de faire la même chose pour les candidats aux communales. Ou, peut-être même, éditer un petit guide illustré pour vulgariser les principales règles que le candidat doit observer.
Il comprendra ainsi que «le dîner électoral» est un acte illégal et évitera d’inviter chez soi ou de simuler une fête de circoncision pour réunir les gens de sa circonscription. L’essentiel étant d’enregistrer le plus bas nombre d’interventions des autorités. Le contraire n’est pas une preuve de démocratie, c’est une preuve d’ignorance et de sous-développement politique.









