L’administration du président américain Barack Obama a défendu mardi l’octroi d’une aide massive pour le Pakistan, affirmant qu’abandonner Islamabad aujourd’hui mettrait gravement en péril les intérêts américains.
Richard Holbrooke, l’émissaire spécial pour l’Afghanistan et le Pakistan, a affirmé que le projet d’aide de 7,5 milliards de dollars défendu par les sénateurs démocrate John Kerry et républicain Richard Lugar avait une «valeur talismanique» pour les Pakistanais. «Les mots Kerry-Lugar sont devenus un symbole du soutien américain au Pakistan dans la crise», a-t-il affirmé devant la commission des Affaires étrangères du Sénat présidée par John Kerry. «Les seuls qui bénéficieraient d’un report de cette loi sont les ennemis de ce pays», a ajouté M. Holbrooke, alors que l’armée pakistanaise s’est engagée, sous la pression des Etats-Unis, dans une vaste contre-offensive contre les talibans. Selon M. Holbrooke, l’administration envisage également d’accorder son aide à plus de 500.000 personnes déplacées des fiefs talibans dans la vallée de Swat, ce qu’il a qualifié de «crise majeure». John Kerry et Richard Lugar ont présenté un plan d’aide non-militaire de 7,5 milliards de dollars sur cinq ans pour Islamabad, triplant le montant de l’aide actuel. Ils espèrent aider à combattre auprès du peuple pakistanais l’influence des combattants islamistes, en mettant l’accent sur les écoles, les cliniques et les routes. Des membres de la commission des Affaires étrangères de tous bords ont exprimé leur scepticisme sur cette aide, notant que l’administration Bush avait déversé plus de 12 milliards de dollars au Pakistan sans grand succès. M. Holbrooke a souligné que cette aide était essentiellement militaire, ajoutant que l’administration Obama fixerait des objectifs pour mesurer les progrès une fois la nouvelle aide approuvée.









