Depuis l’apparition de l’islamisme radical sous sa forme «moderne», ce phénomène a fait l’objet de milliers d’analyses et d’études sous différentes approches. Il a été examiné sous l’angle des sciences politiques, de la sociologie, de la théologie, de la psychologie, etc. Mais, il existe, cependant, une partie de ce phénomène qui n’a pas été assez étudiée sous une approche sociopsychologique, à savoir la relation entre l’islamisme et l’Andalousie. Pourquoi les islamistes fantasment-ils tous sur cette partie du Royaume d’Espagne ? Pourquoi est-ce qu’ils continuent à rêver de la reconquête de cette terre qu’ils s’obstinent toujours à appeler Al-Andaluss ? Le phénomène mérite vraiment d’être étudié.
Car, si les Arabes avaient conquis une grande partie du monde allant du sud-est asiatique à l’Atlantique et de l’Afrique subsaharienne au sud de la France, ils ont fini par se retirer de tous ses territoires. Ce qui est normal étant donné que, tôt ou tard, la décolonisation devait avoir lieu et les habitants devaient récupérer leurs terres. Certains ayant été convaincus par la voie de la raison ont continué à être musulmans et d’autres ayant embrassé l’Islam sous la menace, ou par intérêt, sont revenus à leur ancienne religion.
Mais, ce qui est étonnant, c’est que de tous ces territoires, seule l’Andalousie continue à hanter les nuits des islamistes dont certains vont même jusqu’à culpabiliser de ne pas pouvoir reconquérir ce territoire. La littérature des mouvances islamistes radicales pullule de textes appelant au jihad pour récupérer Al-Andaluss. Mais, les intégristes ne sont pas les seuls à fantasmer sur cette «reconquête». Les islamistes modérés se laissent aussi emporter de temps en temps par «le rêve andalous». C’est le cas du fquih Ahmed Raïssouni, l’ancien président du Mouvement unicité et réforme (MUR), qui a saisi l’occasion de la tenue d’un colloque sur les moresques pour exiger de l’Etat marocain une mobilisation pour exiger de son homologue espagnol réparation pour tous les préjudices subis par cette communauté il y a plus de quatre siècles. «Nous n’avons pas de politiciens capables de discuter de ces affaires et de pouvoir imposer le respect de l’histoire du Maroc et des Marocains à l’Espagne», a déclaré M. Raissouni au quotidien arabophone Attajdid.
Et si le fquih se limite à exiger des excuses de l’Etat espagnol, d’autres islamistes vont plus loin en revendiquant des «indemnités pour préjudice subi». Une revendication qui frôle le ridicule mais que l’on peut comprendre en l’absence d’études sérieuses sur le phénomène de «l’Andalousimania» très répandu dans la sphère islamiste.









