Société

L’ex-Premier ministre toujours en détention

Le Premier ministre mauritanien renversé par le coup d’Etat du 6 août, Yahya Ould Ahmed Waghf, était toujours en prison mardi, malgré le paiement la veille d’une caution pour sa remise en liberté, selon sa défense, qui accuse le Parquet de détention arbitraire. «Il n’est pas encore libéré, pourtant nous avons les reçus de paiement de cautions exigées pour sa remise en liberté provisoire avec ses trois autres co-détenus», a déclaré à l’AFP Me Brahim Ould Ebetty. «Nous voulons être reçus par le ministre de la Justice pour protester contre cette détention arbitraire et exiger la remise en liberté immédiate de nos clients», a poursuivi l’avocat. Me Ould Ebetty a participé, mardi après-midi, avec des membres du Collectif de la défense de l’ex-Premier ministre à un sit-in de protestation devant le ministère de la Justice à Nouakchott. M. Ould Ahmed Waghf était chef du gouvernement du président mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi, renversé par un coup d’Etat le 6 août. Il est emprisonné depuis décembre avec trois autres personnes dans le cadre de l’affaire de la faillite d’Air Mauritanie, une compagnie nationale dont il a été le directeur général. Ils avaient bénéficié, lundi, d’une décision de la Cour suprême allégeant la caution exigée pour leur remise en liberté provisoire. Suivant cette décision, l’ex-Premier ministre et deux de ses amis ont individuellement payé 31.200 euros contre 3.120 euros pour un quatrième détenu, au lieu des 312.000 euros initialement exigés de chacun des quatre.
La libération des quatre hommes est considérée par l’opposition qui les qualifie de prisonniers politiques, comme préalable à toute discussion avec les pro-putschistes dans le cadre d’une médiation menée par le Sénégal pour une sortie de crise en Mauritanie, où est prévue une élection présidentielle le 6 juin.
Cette médiation, menée avec l’accord de l’Union africaine, propose le report du scrutin du 6 juin pour permettre une participation de l’opposition qui dénonce, à travers cette élection, un agenda électoral unilatéralement initié par le pouvoir militaire en place. Pour rappel, Yahya Ould Ahmed Waghf est un proche de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Il a d’abord été ministre secrétaire général de la présidence, en charge des grands chantiers du chef d’Etat, en 2007. Puis, il été nommé Premier ministre.