Economie

Les Emirats se retirent du projet d’union monétaire

© D.R

 
Deux ans après le sultanat d’Oman, les Emirats Arabes Unis se sont retirés, mercredi, d’un projet d’union monétaire du Golfe, rendant plus difficile le lancement d’une monnaie unique des monarchies arabes pétrolières envisagé pour 2010. «L’Etat des Emirats Arabes Unis a décidé de ne pas faire partie de l’accord sur l’union monétaire du Golfe et le secrétariat général du Conseil de coopération du Golfe (CCG) en a été informé officiellement ce jour», a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Cette mesure fait suite à des réserves que les Emirats avaient exprimées début mai sur le choix de Riyad comme siège de la future Banque centrale du Golfe, première concrétisation attendue du projet d’union monétaire.
«Cette décision va ralentir, voire porter un coup fatal au processus d’intégration monétaire du CCG et affecter la complémentarité économique de cet ensemble», a commenté à l’AFP Ali Dakkak, un analyste saoudien de Djeddah. «Certes, les quatre pays restants (Arabie Saoudite, Bahreïn, Koweït et Qatar) peuvent aller de l’avant mais la situation sera comparable à celle qui a vu l’Europe lancer l’euro sans la Grande-Bretagne», a-t-il dit. Le choix de Riyad comme siège de la banque centrale du Golfe avait été annoncé au terme d’un sommet consultatif du CCG début mai en Arabie Saoudite. L’Arabie, premier exportateur mondial de brut, le Qatar, le Koweït et les Emirats font partie de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Les Emirats, plus particulièrement Dubaï, un centre financier, des affaires et du commerce, ambitionnaient d’accueillir la banque du Golfe.
«Les Emirats étaient le premier pays à avoir demandé en 2004 à abriter le siège de la Banque centrale», a rappelé l’agence officielle Wam. Pour l’analyste koweïtien, Hajaj Bukdhur, «le retrait des Emirats (deuxième puissance économique du Golfe) va réduire le poids de l’union envisagée au moment où le monde traverse une crise financière et que les rassemblements économiques sont importants». Selon lui, «même si le projet est maintenu, l’objectif de 2010 pour la monnaie unique sera difficile à atteindre» et dans «tous les cas l’économie régionale aura moins de poids sur la scène internationale». La Banque centrale du Golfe est vue comme un instrument pouvant préparer le lancement, prévu en 2010, de la monnaie unique du CCG. Cinq des pays du CCG, l’Arabie Saoudite, Bahreïn, les Emirats Arabes Unis, le Koweït et le Qatar, ont donné leur feu vert le 30 décembre 2008 lors d’un sommet à Mascate à l’union monétaire. Malgré leur retrait, les Emirats maintiendront «inchangée» leur politique monétaire et le dirham, leur monnaie locale, «restera lié au dollar américain», a assuré le gouverneur de la Banque centrale des Emirats Arabes Unis, Sultan Nasser Al-Souaidi, cité par Wam. 

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