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Israël ignore l’appel américain à un gel total de la colonisation

Israël a choisi d’ignorer jeudi l’appel à un gel total de la colonisation en Cisjordanie fermement réitéré la veille par la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton. «La vie normale doit continuer dans les colonies», a affirmé à l’AFP le porte-parole du Premier ministre, Benjamin Netanyahu. «Leur sort sera déterminé dans les négociations sur le statut final entre Israël et les Palestiniens», a poursuivi Mark Regev, soulignant ainsi que le gouvernement de l’Etat hébreu entendait continuer à construire dans les implantations de Cisjordanie occupée.
La secrétaire d’Etat américaine avait rejeté mercredi un plan au terme duquel Benjamin Netanyahu espérait obtenir l’assentiment de Washington pour la poursuite de la construction de logements dans les colonies, où résident plus de 280.000 Israéliens, en échange du démantèlement d’une vingtaine de colonies sauvages.
Aux yeux de la communauté internationale, toutes les colonies, y compris celles ayant obtenu les autorisations des autorités israéliennes, sont illégales. Mme Clinton avait réitéré son opposition à cette distinction en exprimant la position la plus claire de l’administration américaine sur ce dossier depuis l’entrée en fonction de M. Obama en janvier. «Le président (Obama) a été très clair (…) Il veut la fin de la colonisation: pas de colonies, pas de postes avancés, pas d’exceptions liées à la croissance naturelle», a proclamé Mme Clinton à Washington, alors que le chef de la Maison-Blanche devait rencontrer jeudi le président palestinien Mahmoud Abbas.
Auparavant, un autre responsable israélien avait tenté de minimiser la portée des déclarations de la secrétaire d’Etat. «En fait, il n’y a rien de nouveau dans ses propos. Hillary Clinton n’a fait qu’exprimer à nouveau les divergences apparues lors de la rencontre entre le président Obama le 18 mai à Washington avec le Premier ministre», avait souligné ce responsable sous couvert d’anonymat. Selon la presse israélienne, les déclarations de Mme Clinton traduisent l’échec de M. Netanyahu, qui a envoyé cette semaine à Londres le ministre chargé des services de renseignements, Dan Meridor, pour tenter de convaincre l’émissaire spécial américain pour le Proche-Orient George Mitchell d’accepter son plan.