Dans un discours à la nation, diffusé mercredi soir par la télévision d’Etat, le Prince héritier Abdallah Ibn Abdelaziz a déclaré que « le gouvernement poursuivra la voie de la réforme étudiée et progressive. Dirigeant de facto le Royaume, en raison de l’état de santé du Roi Fahd, le Prince Abdallah, a tracé le cadre des réformes engagées, qui promettent de promouvoir la démocratie au Moyen-Orient, mais aussi d’une opinion publique réclamant une ouverture politique dans le royaume. Toutefois, le processus de réformes se heurte à l’intransigeance des milieux conservateurs mais aussi des libéraux. Ces derniers réclament des réformes en profondeur et la promulgation d’une Constitution. Et d’avertir que le gouvernement «ne permettra à personne d’entraver (le processus de) réforme, soit par l’appel à l’immobilisme et à la stagnation, soit par l’appel à l’aventure irréfléchie». Son mot d’ordre était «la modération», témoignant de la délicatesse de la nouvelle expérience dans un pays, largement imprégné par le wahhabisme, strictement appliqué par la famille régnante des Al-Saoud depuis la création du Royaume en 1936. «La voie correcte (des réformes) c’est celle du juste milieu et de la modération», a dit le prince héritier, appelant ses concitoyens à suivre « la voie de la modération, celle du Coran, celle de notre prophète ». Soulignant la nécessité de réformes, le prince héritier a répété que le royaume saoudien, qui abrite les Lieux saints de l’islam, «ne tolèrera jamais que quelqu’un porte atteinte à sa foi islamique au nom de la liberté d’opinion». Il a ajouté que la société saoudienne «puise tous ses fondements et son existence de la Constitution divine, à savoir le Coran et la Sunna. Toute opposition à cette Constitution signifie une atteinte à la nation». Par cela, il s’inscrit ainsi en faux contre les appels des réformateurs qui, à coups de pétitions adressées l’an dernier aux dirigeants du royaume, ont réclamé une Constitution, une séparation des pouvoirs, et un Parlement élu. Rappelons que les autorités ont instauré l’an dernier un « dialogue national » dont la première session s’était tenue à Riyad en juin, et une autre fin décembre, à huis-clos, à La Mecque, avec la participation de dignitaires religieux et d’intellectuels, dont des femmes. C’est Médine qui accueillera la prochaine session de ce dialogue, et ce afin d’ «examiner deux thèmes importants: l’enseignement et la femme», a indiqué le Prince Abdallah, dont le gouvernement a été saisi des recommandations des deux premières rencontres.










