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France : une mère infanticide devant les assises de Savoie

Pendant une semaine, la Cour d’assises de Savoie va se plonger au cœur des funestes tourments de Virginie Labrosse. La Cour devra s’efforcer de comprendre comment cette femme, aujourd’hui âgée de 39 ans, a pu, en l’espace de cinq ans, donner naissance à trois bébés qu’elle a laissés mourir avant de conserver leur dépouille dans un congélateur et dans un cellier. Trois grossesses dont personne dans son entourage ne s’est jamais aperçu : ni son compagnon, Philippe Viguet-Pouppelloz, le père des deux premiers nourrissons nés en 2001 et 2003, ni son amant Frédéric Blanc-Gonnet, le père du troisième bébé né en 2006. Le terrible secret de Virginie Labrosse jaillit le 22 août 2007. Depuis quelques jours, la jeune femme a quitté la maison d’Albertville où elle vivait avec Philippe Viguet-Pouppelloz pour s’installer avec son amant de seize ans son cadet. Alors qu’il trie des affaires, son compagnon découvre le corps de deux nouveau-nés dans le vide sanitaire de la bâtisse. Virginie Labrosse indique immédiatement aux enquêteurs qu’elle est à l’origine de la présence de ces corps et qu’il en existe un troisième dans un carton dans la cave. D’emblée, cette intérimaire, dont l’histoire est marquée par une enfance difficile auprès de parents alcooliques, assume seule des accouchements clandestins. En garde à vue, Virginie Labrosse se montre très prolixe. A cet égard, l’année 2001 apparaît comme un tournant. Après une première incarcération pour agressions sexuelles, son compagnon est interpellé et emprisonné une nouvelle fois pour des faits similaires au mois d’avril. «C’est au courant de l’été 2001 que je me suis aperçue que j’étais enceinte, je refusais d’y croire, c’était pas possible (…) je n’assumais plus rien», confie-t-elle aux enquêteurs. Le jour de l’accouchement, réveillée en pleine nuit par une «douleur atroce», elle donne naissance à un petit garçon qu’elle abandonne dans la cuvette des toilettes avant, le lendemain, de le placer dans le congélateur. Un scénario, plus ou moins similaire, se répétera en 2003 et en 2006. L’instruction n’a guère permis d’en savoir plus. Victime d’une sévère dépression, Virginie Labrosse n’a plus jamais réussi à évoquer les faits. Parmi les multiples experts qui ont analysé le cas de la jeune femme, un médecin a émis le diagnostic d’un «déni de grossesse à répétition dans un contexte de pathologie psychique grave».Reste que Virginie Labrosse encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

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