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A la veille des élections législatives françaises : Naïma M’Faddel, une dame de fer qui milite pour les extra-européens de l’Hexagone

A la veille des élections législatives françaises : Naïma M’Faddel, une dame de fer qui milite pour les extra-européens de l’Hexagone

Comment expliquer que des enfants en famille qui doivent être dans leurs écoles françaises puissent payer des prix aussi exorbitants ! Quand je vois, pour la maternelle 39.000 DH, et 20.000 DH pour l’inscription, ce n’est pas normal».

Elle est franche et spontanée à la fois. Quand il s’agit de s’exprimer sur les questions qui lui tiennent à cœur, elle pèse bien ses mots tout comme elle ne les mâche pas. Et elles sont nombreuses. La politicienne Naïma M’Faddel, venue au Maroc dans le cadre des élections législatives de la 9ème circonscription des Français de l’étranger, qui se tiendront les 12 et 19 juin, les étale sans détour.

Egalement candidate du parti Les Républicains pour représenter les Français expatriés au Maghreb et en Afrique de l’Ouest, elle établit, dans ce sens, des rapports entre son éminente expérience, son vécu et son programme. Mme M’Faddel, née au Maroc, ayant migré à un très jeune âge en France pour s’y installer dans un village en 1968 et fait toute sa scolarité dans l’Hexagone, est sociologue de formation, d’où son attachement aux questions sociales. «Pendant une quarantaine d’années, j’ai travaillé notamment sur le dispositif politique de la ville dans différents quartiers comme Trappes, Dreux, Mantes-la-Jolie où la principale expérience pendant dix ans a eu lieu sur la rénovation urbaine, notamment la réussite scolaire. C’était un bonheur pour moi», révèle-t-elle. Dans ce sens, elle précise avoir mis en place un dispositif et une association financés par ses soins. «J’ai permis à des jeunes d’intégrer de prestigieux lycées militaires», détaille la candidate qui estime que la réussite scolaire et l’égalité des chances consistent aussi à donner des moyens. «Nous avons permis à ces élèves de passer des concours», détaille cette dame de fer qui a également intégré le cabinet de la politique Valérie Pécresse où elle était chargée des secteurs sociaux.

Après quoi, la Marocaine était déléguée dans les Yvelines pendant dix ans avant de rejoindre le cabinet de la présidente de la région Île-de-France en tant que conseillère chargée des associations. Mme M’Faddel a, en outre, travaillé en tant qu’adjointe du maire de Dreux. Elle y était chargée d’action sociale et de santé pendant son dernier mandat. «J’ai eu envie de m’investir sur cette circonscription parce que j’y ai aussi des liens familiaux», enchaîne-t-elle en rappelant avoir travaillé beaucoup sur Bordeaux du temps d’Alain Juppé, notamment sur la question de la diaspora africaine et les liens de l’Afrique avec l’Europe. Et ce n’est pas tout. «Depuis janvier, je rencontre les Français de la 9ème», avance-t-elle à propos de cette circonscription. Par la même occasion elle précise bien connaître les politiques publiques. «Quand je vois une problématique je pense à la solution pour y répondre», révèle cette mère de trois garçons et d’une fille. A propos de ses rencontres, elle indique que les mots qui reviennent souvent sont les délaissés, les discriminés et les abandonnés. «La question de scolarité est clairement une discrimination. L’accès est un principe constitutionnel fondamental. Il est gratuit pour tous», explicite-t-elle. Dans ce sens, elle donne l’exemple des Français de l’étranger en situation d’expatriation qui, dans des écoles en gestion directe, paient des prix exorbitants et qui sont inadmissibles.

«On s’est rendu compte petit à petit qu’il y a une chose qui s’est de plus en plus mise en place. Ils payaient cher. Comment expliquer que des enfants en famille qui doivent être dans leurs écoles françaises puissent payer des prix aussi exorbitants ! Quand je vois, pour la maternelle 39.000 DH, et 20.000 DH pour l’inscription, ce n’est pas normal», détaille-t-elle en dénonçant cette inégalité des traitements des citoyens et cette injustice.
De plus, elle soulève la question de la résidence. «Un appartement dans le pays d’origine est considéré comme une résidence secondaire. C’est inadmissible», illustre-t-elle. Aussi, elle remonte à 2012, année lors de laquelle la France a été condamnée par la Cour européenne pour la contribution sur le patrimoine, une fiscalité injuste. «Hollande a décidé de la supprimer pour les Français habitant en Europe mais pas pour les extra-européens.

En 2019, Macron pouvait y revenir, mais il ne l’a pas fait», ajoute l’intervenante qui relève aussi la question de la santé. A ce propos, elle cite le fameux délai de carence qui est, pour elle, «inadmissible aussi parce qu’il faut qu’un Français puisse être soigné en France». Une autre question lui tient à cœur. Celle de la relation à la francophonie. «On était un pays qui rayonnait par rapport à cette francophonie, les Français de l’étranger ou ceux qui sont en Afrique étaient heureux de cette francophonie tout comme des auteurs. Hélas, depuis dix ans, les budgets n’ont eu de cesse de baisser à moins de 8% de dépenses. On avait le sentiment que les gouvernements Hollande et Macron n’avaient pas ce souci de lien avec l’Afrique. Un lien affectif et très important entre ce continent et l’Hexagone. C’est dommage, on n’a plus la capacité de cette politique d’antan», regrette-t-elle en renouant avec la cause sociale qui lui est si chère.

A cet égard, elle s’exprime sur les personnes qui ont des difficultés à joindre les deux bouts. C’est pourquoi elle met l’accent sur «la solidarité» dans son programme. «Aujourd’hui il y a beaucoup de personnes qui ont vieilli et se retrouvent isolées, il n’y a personne pour s’occuper d’elles et elles ne savent pas accéder au dispositif de notre pays où on a la possibilité de faire des passerelles pour que les Français de l’étranger puissent en bénéficier.

On a des dispositifs dans notre pays, pourquoi les Français de l’étranger n’en bénéficieraient pas», martèle-t-elle en qualifiant par la même occasion le service civique d’expérience formidable. L’oratrice ressort de surcroît la question de la coopération décentralisée. «J’ai envie de travailler par exemple avec les consulats pour permettre des portes d’entrée en vue d’organiser des actions de solidarité pour nos compatriotes qui ne sont pas français et qui sont dans notre pays de résidence. Je voudrais dans le cadre de mon mandat pouvoir permettre d’améliorer cet accès aux budgets de coopération décentralisée», se projette-t-elle.

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