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À quoi ressemblera le pôle financier public

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Finance. La réforme du secteur financier public bientôt accélérée avec le lancement d’un appel d’offres pour la réalisation d’une étude stratégique sur le rôle et le positionnement du secteur financier public avec comme objectif l’émergence d’une holding publique. Les détails.

Le projet de fusion d’établissements bancaires publics refait surface avec le lancement par l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’Etat et de suivi des performances des établissements et entreprises publics d’un appel d’offres pour la réalisation d’une étude stratégique ciblant le secteur financier de l’Etat. Dans les détails, cette étude portera principalement sur l’identification des mécanismes de rapprochement et de coopération efficaces entre lesdites institutions dans le but de maximiser l’impact des actions publiques, de garantir une meilleure allocation des ressources, la mise en place d’une gouvernance intégrée, permettant d’assurer une complémentarité opérationnelle et stratégique entre elles. Elle inclura également une analyse sur l’opportunité, la faisabilité et la création d’un pôle financier public visant à soutenir les politiques publiques dans un esprit de complémentarité avec le secteur privé et définira les modalités de sa création, sa gouvernance et son efficience économique conformément à la politique actionnariale de l’Etat. «L’interaction entre les banques et les fonds d’investissements publics est essentielle pour maximiser l’impact des interventions publiques et répondre efficacement aux besoins croissants de financement des secteurs stratégiques et prioritaires», affirment les responsables précisant que «le système financier et bancaire marocain compte à fin 2024, 90 établissements de crédit et organismes assimilés, dont 19 banques et 5 banques participatives. Les principales banques et institutions financières publiques, qui sont soumises à la supervision de Bank Al-Maghrib, incluent la Caisse de dépôt et de gestion ; Tamwilcom (SNGFE); le Fonds d’équipement communal ; le Crédit Agricole du Maroc ; AI Barid Bank (Groupe Barid Al Maghrib) ; le Crédit Immobilier et Hôtelier (Groupe CDG); CDG Capital (Groupe CDG) ; et Finéa (Groupe CDG). Les entités précitées disposent elles-mêmes de filiales spécialisées dans le financement et/ou la garantie qui font également partie du périmètre de la mission. «La dualité entre activités concurrentielles et non concurrentielles de certaines de ces institutions reflète la complexité de leur intervention, mais soulève également des questions relatives à la viabilité de leurs business models, à leur capacité à répondre aux besoins croissants de leurs clients de plus en plus digitalisés, à leur capacité à s’adapter aux évolutions rapides de ce secteur et à la nécessité de repenser leur positionnement dans un environnement fortement concurrentiel et ce, au regard des objectifs et des attentes de l’Etat actionnaire et en synergie, entre elles, et avec le secteur privé», indique la même source.

Situation financière
Pour les responsables, la situation financière de certaines banques publiques, face à des exigences réglementaires de plus en plus strictes et une volonté d’améliorer l’efficience de l’action de l’État, nécessite une réflexion stratégique sur leur rôle et leur positionnement. Ceci est à mettre en lien avec leurs rôles dans l’économie et notamment celui de soutenir le développement économique et social du pays et les politiques publiques de l’Etat notamment, en termes d’inclusion financière, de développement des territoires et du monde rural, de financement des TPE et PME, des projets d’infrastructures, de la mobilité, de la transition énergétique et de développement des marchés des capitaux. «De même, aujourd’hui, avec l’avènement du Fonds Mohammed VI pour l’investissement, l’action de l’investissement public en capital doit être revue dans une logique d’efficience et de clarification du positionnement et des prérogatives des différentes structures d’investissement concernées, à savoir : le Fonds Mohammed VI pour l’investissement ; le Fonds Hassan II pour le développement économique et social ; lthmar Al Mawarid ; CDG Invest (Groupe CDG) ; et Asma Invest», explique-t-on. Dans ce cadre, l’optimisation de l’action des fonds d’investissement publics doit s’inscrire en adéquation parfaite avec la politique actionnariale de l’État. Il devient impératif de clarifier le positionnement et les prérogatives de chaque structure afin d’éviter les redondances et d’assurer une complémentarité efficiente dans leurs interventions. Les investissements publics demeurent un enjeu central, nécessitant une approche plus rigoureuse dans la sélection des projets et l’évaluation de leur impact économique et social. Par ailleurs, ces fonds doivent mieux cibler les initiatives à fort potentiel en matière de développement des territoires, de soutien aux infrastructures stratégiques et d’accompagnement des secteurs prioritaires identifiés par les politiques publiques. Une gouvernance plus intégrée et une meilleure synergie entre ces entités, en lien avec le secteur privé, permettront d’accroître davantage leur contribution à la transformation économique et sociale du pays.

Différents scénarios envisageables
L’objectif de l’appel d’offres est de sélectionner un cabinet ou un groupe de cabinets pour conseiller et accompagner l’ANGSPE et ses partenaires dans la réflexion. «A partir des diagnostics et des résultats du benchmark, le prestataire qui sera retenu devra formuler des recommandations sur l’opportunité des différents scénarios envisageables, tant sur les aspects organisationnels que capitalistiques, ainsi que sur les étapes nécessaires à leur mise en œuvre. Il sera également essentiel de prévoir des scénarios dits «tiroirs» pour tenir compte de la complexité des opérations financières identifiées, des synergies possibles et des risques opérationnels potentiels. Les recommandations devront être accompagnées et soutenues par des projections financières et des plans d’affaires (business plans) pour chaque option retenue», disent les responsables ajoutant que «ces scénarios devront prendre en considération les cadres réglementaires en vigueur, respecter le principe de neutralité concurrentielle et s’aligner sur les objectifs spécifiques de chaque entité publique concernée. Cela inclut notamment les missions d’intérêt général ou de service public, le renforcement de la rentabilité, la solvabilité, la diversification ou le recentrage des activités. Par ailleurs, ces scénarios devront évaluer les opportunités liées à la création d’un holding/pôle financier public pouvant inclure une banque publique d’investissement, tout en envisageant des alternatives/étapes intermédiaires. Il s’agira, également, de s’assurer que la logique d’un holding/pôle financier public réponde aux meilleurs standards de gouvernance et d’organisation financière. Les scénarios devront également mettre en lumière les risques opérationnels et les coûts associés pour l’État, y compris les coûts d’exécution, ainsi que les éventuelles modifications législatives requises et les autorisations à obtenir auprès des autorités de régulation et de supervision. La priorité devra être accordée aux solutions permettant d’améliorer les ratios prudentiels et viabiliser les actions des entités du périmètre financier public permettant de soutenir les grands projets de développement, la création de richesse économique et d’emplois, tout en accompagnant l’innovation et le développement durable.

 

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