970x250

Abou Faraj relance la piste Ben Laden

Depuis son arrestation, lundi à Mardan, à 30 km au nord-est de Peshawar, à moins de 100 km de la frontière afghane, Abou Faraj est au secret, interrogé, selon Islamabad, par des enquêteurs pakistanais, et non américains. "Des hommes comme lui sont durs à casser. Cela a pris du temps avant que Khalid Sheikh Mohammed commence à révéler des choses. Mais nous savons que le Libyen est un proche de ben Laden", a confié un proche de l’opération, sous couvert d’anonymat.
Arrêté en mars 2003 à Rawalpindi, près d’Islamabad, Khalid Sheikh Mohammed, alias KSM, était tenu pour un des principaux organisateurs des attentats de septembre 2001 aux Etats-Unis.
Selon les services pakistanais de renseignement, Abou Faraj à succédé à KSM à la tête du réseau Al-Qaïda au Pakistan, mais était aussi en charge de "cellules dormantes" qui préparaient des opérations aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.
Selon une liste établie par l’agence de renseignement américaine CIA (Central Intelligence Agency) à laquelle l’AFP a eu accès, Abou Faraj figure en troisième position des "possibles membres d’Al-Qaïda opérant au Pakistan", juste derrière Oussama ben Laden et son bras droit, l’Egyptien Ayman al-Zawahiri. Décrit par les services de sécurité comme un "important commandant d’opérations et assistant personnel de ben Laden", Abou Faraj "recevait ses instructions directement" du chef d’Al-Qaïda, a assuré un responsable de la lutte anti-terrorisme au Pakistan. La plupart des quelque 700 membres présumés d’Al-Qaïda arrêtés au Pakistan depuis l’intervention américaine en Afghanistan à l’automne 2001 ont été discrètement remis aux services de renseignement américains.
Le Libyen et un complice circulaient à moto lundi soir à Mardan, lorsqu’ils ont été interceptés par les forces de sécurité pakistanaises. Le passager de la moto, Abou Faraj, a réussi à prendre la fuite et à se réfugier dans une maison. Selon le propriétaire de la maison, Khalid Khan, interrogé par l’AFP, des membres des forces spéciales pakistanaises, certains habillés d’une burqa et dissimulés dans les environs, ont alors encerclé la maison et débusqué le fugitif à l’aide de gaz lacrymogènes. "Le suspect est sorti, les policiers lui sont tombés dessus et l’ont embarqué", a raconté Khalid Khan. Le ministre pakistanais de l’Information Sheikh Rashid, qui avait d’abord annoncé la capture du Libyen dans la zone tribale frontalière du Pakistan avant de revenir sur ses déclarations, a indiqué qu’il avait été rapidement transféré à Islamabad par hélicoptère.
Aucune information n’a été fournie sur l’identité du complice en compagnie duquel Abou Faraj a été interpellé, ni sur deux autres complices qui auraient été interpellés dans une maison de Mardan où le Libyen était supposé se rendre. Chassé d’Afghanistan par l’intervention d’une coalition militaire internationale dirigée par les Etats-Unis à l’automne 2001, Oussama ben Laden aurait été repéré pour la dernière fois en décembre 2001 dans les montagnes de Tora Bora à la lisière de la frontière pakistanaise. Depuis, les spéculations se multiplient quant à sa localisation possible, mais les soupçons des services de renseignement occidentaux se concentrent sur les régions montagneuses peuplées de tribus pachtounes de part et d’autre de la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan.

Rana Jawad AFP

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.