Dans le cadre d’un partenariat de long terme entre le Royaume du Maroc et l’Union européenne
Social: Rabat compte mettre les meilleures expériences au niveau mondial au service du système marocain d’aides sociales directes dans le cadre d’une collaboration avec Bruxelles. Eclairages.
Fort d’un bilan prometteur des premières expériences de la mise en œuvre du programme des aides sociales, le Maroc explore des pistes supplémentaires pour consolider ce dispositif. Dans ce cadre, un travail commun est mené en partenariat avec les autorités de l’Union européenne pour partager les bonnes pratiques et accompagner une vision ambitieuse de la protection sociale. L’accent est notamment mis sur l’expérience belge en la matière. Dans ce sens, une réunion vient d’avoir lieu entre la direction de l’Agence nationale du soutien social (ANSS) et l’ambassade de l’Union européenne à Rabat.
Dans le détail, Dimiter Tzantchev, ambassadeur de l’Union européenne (UE) au Maroc, a échangé avec Wafâa Jemali, directrice générale de l’ANSS, notamment en ce qui concerne le dispositif des aides sociales directes. «Heureux d’avoir rencontré Wafâa Jemali, directrice générale de l’ANSS, pour échanger sur le rôle clé des aides sociales directes comme levier pour sortir de la pauvreté au Maroc. Grâce à une mission TAIEX, l’UE est fière de mobiliser l’expertise européenne, belge notamment, pour partager les bonnes pratiques et accompagner une vision ambitieuse de la protection sociale : au-delà du soutien financier, un véritable investissement social au service de l’autonomie, de l’inclusion et de la dignité», a réagi la partie européenne au Maroc. Et de poursuivre : «Ce travail conjoint s’inscrit dans un partenariat de long terme entre l’UE et le Maroc pour le développement du capital humain, une protection sociale plus inclusive, plus performante et plus durable».
Mission
Il faut dire que l’assistance technique et échange d’informations (TAIEX) et le jumelage sont des instruments de développement des institutions de l’Union européenne (UE) gérés par la direction générale de l’élargissement et du voisinage oriental de la Commission européenne. «TAIEX fournit une assistance ciblée à court terme aux administrations publiques par le biais d’échanges entre pairs. Les experts du secteur public des États membres de l’UE partagent leur expérience pratique avec leurs homologues dans les pays partenaires sur la manière d’appliquer et de mettre en œuvre le droit de l’UE. L’instrument complète le jumelage, qui soutient la coopération institutionnelle à plus long terme au moyen de partenariats structurés entre les administrations des États membres et les pays bénéficiaires», explique-t-on.

Une rencontre a eu lieu entre Wafâa Jemali, directrice générale de l’ANSS, et l’ambassadeur de l’UE au Maroc. )
La même source précise que «TAIEX soutient l’alignement de la législation et des pratiques administratives nationales sur l’acquis de l’UE. Elle contribue également à une réforme plus large du secteur public dans des domaines tels que la transformation numérique, la résilience face au changement climatique, la santé publique, la gouvernance économique et l’amélioration du climat des affaires». L’assistance TAIEX est à la disposition des pays du voisinage oriental et méridional dans le cadre de la politique européenne de voisinage notamment le Maroc. A noter que TAIEX est opérationnel depuis 1996 et facilite en moyenne 1 000 échanges entre pairs par an.
Bilan
Cet échange entre les responsables marocains et européens arrive à un moment que l’Agence nationale du soutien social (ANSS) a dévoilé, il y a quelques semaines, le premier rapport d’activité de l’année 2025 pour retracer les étapes marquantes de sa première année d’exercice. Le document a dévoilé plusieurs indicateurs de gestion du programme. Depuis son lancement, il a permis de soutenir 3,9 millions de ménages, dont 5,5 millions d’enfants et 1,7 million de personnes âgées. Sur le plan territorial, 60% des bénéficiaires relèvent du milieu rural. La corrélation entre la carte de la pauvreté multidimensionnelle et la répartition géographique des bénéficiaires se révèle quasi totale. Cette concordance confirme l’efficacité du ciblage opéré par le Registre social unifié, lequel oriente l’aide selon les zones de vulnérabilité territoriale. L’effort financier consenti traduit cette ambition : depuis le lancement du programme en décembre 2023 et jusqu’à fin décembre 2025, les montants versés aux familles totalisent 51 milliards de dirhams.

L’assistance technique et échange d’informations (TAIEX) et le jumelage sont des instruments de développement des institutions de l’Union européenne (UE) gérés par la direction générale de l’élargissement et du voisinage oriental de la Commission européenne.
Rapportée à la richesse nationale, l’enveloppe annuelle du programme représente environ 2% du Produit intérieur brut, un taux qui se situe au-delà de la moyenne observée dans les pays en développement où ce rapport représente entre 0,5% et 1,5%. Un niveau d’investissement qui positionne le Royaume comme référence dans son environnement continental et régional. Pour mieux cerner les besoins des bénéficiaires, l’ANSS a adopté une approche analytique visant à approfondir la compréhension de la structure sociale des familles et à adapter ses interventions à leurs atouts, en tenant compte des facteurs de vulnérabilité qui caractérisent leur situation. Cette démarche a abouti à une classification des ménages bénéficiaires en cinq groupes, dont les caractéristiques sont étayées dans le rapport d’activité de l’Agence : les «Foyers émergents» (1,2 million de familles), les «Foyers en mue» (986.000), les «Tandems de vie» (946.000), les «Nids désertés» (584.000) et les «Solitaires sans relais» (156.000).
Le rapport a présenté aussi les résultats de l’étude de terrain menée par l’ANSS dix-huit mois après le lancement du programme. Celle-ci révèle que les aides sociales directes représentent en moyenne 18% du revenu des familles bénéficiaires, et que 87% ont fait état d’une baisse de leur anxiété financière. S’agissant de leurs attentes, 40% souhaitent bénéficier d’un accompagnement vers l’insertion professionnelle, et 77% affirment leur ambition d’assurer à leurs enfants un niveau d’éducation supérieur. Le travail mené avec l’Union européenne va sans nul doute apporter une valeur ajoutée à la première expérience réussie menée par le Royaume.
Prime exceptionnelle
Etat social: Les parlementaires ont donné leur feu vert récemment à un nouveau projet de loi concernant le régime d’aide sociale directe. Dans le détail, la commission de l’enseignement, des affaires culturelles et sociales à la Chambre des conseillers avait adopté, à l’unanimité, le projet de loi n°41.26 modifiant et complétant la loi n°58.23 relative au régime d’aide sociale directe. Présentant ce projet de loi, le ministre délégué chargé du du budget, Fouzi Lekjaa, a souligné que ce texte s’inscrit dans le cadre de la poursuite du chantier de l’Etat social lancé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour faire de la justice sociale et de l’inclusion économique des piliers fondamentaux du Maroc de demain et des composantes essentielles d’un Etat social moderne.
L’expérience pratique de déploiement de ce dispositif a révélé certaines difficultés, principalement liées à l’articulation entre le bénéfice de l’aide sociale directe et l’accès au marché du travail, a-t-il ajouté, notant que de nombreux bénéficiaires craignaient en effet de perdre leurs aides en cas d’obtention d’un emploi ou de déclaration auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).
Dans ce cadre, le projet de loi introduit une nouvelle disposition prévoyant l’octroi d’une prime exceptionnelle versée une seule fois aux ménages ayant perdu leur droit aux aides du régime d’aide sociale directe en raison de la déclaration de l’un des conjoints ou du chef de ménage auprès du régime de sécurité sociale applicable au secteur privé. La durée de bénéfice de cette prime sera fixée par voie réglementaire.
Chiffres clés
Aide sociales
Depuis le lancement du programme en décembre 2023 et jusqu’à fin décembre 2025, les montants versés aux familles totalisent 51 milliards de dirhams.
PIB
Rapportée à la richesse nationale, l’enveloppe annuelle du programme représente environ 2% du Produit intérieur brut, un taux qui se situe au-delà de la moyenne observée dans les pays en développement où ce rapport représente entre 0,5% et 1,5%.
Répartition
Depuis son lancement, il a permis de soutenir 3,9 millions de ménages, dont 5,5 millions d’enfants et 1,7 million de personnes âgées. Sur le plan territorial, 60% des bénéficiaires relèvent du milieu rural.










