Année législative 2020-2021 : Une feuille de route Royale

Année législative 2020-2021 : Une feuille de route Royale

Relance économique, appui aux entreprises, agriculture, secteur social …

A l’ouverture de la 1ère session de la 5ème année législative 2020-2021, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a tracé une véritable feuille de route pour la gestion de la conjoncture actuelle. En s’adressant aux représentants de la nation, le Souverain a donné ses principales orientations dans ce contexte particulier de la Covid-19 tout en revenant sur les mesures prises pour la dynamique de relance économique. Il a expliqué que : « Cette crise a révélé un ensemble de dysfonctionnements, de déficits et elle a eu un impact négatif sur l’économie nationale et l’emploi. C’est pourquoi, nous avons lancé un plan ambitieux de relance économique et un grand projet de couverture sociale universelle. Nous avons également souligné l’impératif d’appliquer les règles de bonne gouvernance et la nécessité de réformer les établissements du secteur public. Ces projets d’envergure sont de nature à enrayer les effets de la crise et à favoriser la mise en œuvre optimale du modèle de développement que nous appelons de nos vœux ». Les détails.

La relance économique en priorité

Dans son discours, le Roi Mohammed VI a mis l’accent sur le plan de relance économique. Placé en tête des priorités de l’étape actuelle, ce plan : « vise à soutenir les secteurs productifs, notamment le tissu des petites et moyennes entreprises : il a pour objet de rehausser leur capacité à investir, à créer des emplois et à préserver les sources de revenu ». Le Souverain ajoute que pour garantir la réussite de ce plan, l’accent est porté sur la nécessité de mener à bien son opérationnalisation dans un cadre contractuel national, impliquant l’État ainsi que les partenaires économiques et sociaux.

Soutien aux entreprises : Plus de 26 milliards de DH déboursés

Dans ce contexte inédit, le Maroc a fait des efforts considérables dans le soutien du tissu économique et en particulier les entreprises les plus touchées. A ce jour, l’appui octroyé aux entreprises marocaines à l’aide du dispositif des prêts garantis par l’État a bénéficié à plus de 20 mille d’entre elles, avec un montant avoisinant les 26 milliards 100 millions de dirhams. « Les entités bénéficiaires de ce soutien ont prouvé leur résilience face à la crise dont elles sont parvenues à atténuer les effets en préservant les emplois », précise Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Il a appelé à continuer ces efforts, tant de la part du secteur bancaire et de la Caisse Centrale de Garantie que du côté des entreprises et de leurs associations professionnelles.

Le rôle du Fonds Mohammed VI pour l’investissement

Dans son discours, le Roi Mohammed VI est également revenu sur les principales missions du « Fonds Mohammed VI pour l’Investissement » dans la relance économique. « Nous souhaitons vivement que ce Fonds joue un rôle de premier plan dans la promotion de l’investissement et le relèvement des capacités de l’économie nationale. Il interviendra pour doter les secteurs productifs du soutien nécessaire et pour financer et accompagner les grands projets envisagés, dans le cadre de partenariats public-privé », relève le Souverain. Sur le plan organisationnel, ce Fonds est doté de la personnalité morale et des structures managériales pour qu’il puisse s’imposer comme un modèle de bonne gouvernance, d’efficience et de transparence. « Nous avons également donné Nos Directives pour que ce fonds soit doté de 15 milliards de dirhams provenant du budget de l’État. L’allocation de ces crédits incitera les partenaires marocains et internationaux à accompagner les interventions du Fonds et à contribuer aux projets d’investissement à venir », précise le Roi Mohammed VI dans son discours. Le soutien donné par le Plan de relance permettra d’en amplifier l’impact économique, social et environnemental. En termes de fonctionnement, le Fonds se focalisera dans ses interventions, sur des fonds sectoriels spécialisés qui lui sont rattachés, et ce selon les domaines jugés prioritaires à chaque étape. Restructuration industrielle, innovation et activités à fort potentiel, petites et moyennes entreprises, infrastructures, agriculture, tourisme…font ainsi partie de ces domaines.

Agriculture : Soutenir la résilience de ce secteur-clé

L’agriculture et le développement rural auront toute leur place dans la dynamique de relance économique. « Dans le contexte actuel, il convient de soutenir la résilience de ce secteur-clé et d’accélérer la mise en œuvre de tous les projets agricoles. Outre la dynamisation de l’investissement et de l’emploi, ce dispositif, adossé à la nouvelle stratégie agricole, contribuera à la valorisation de la production agricole nationale et facilitera le processus d’insertion professionnelle en milieu rural », explique Sa Majesté le Roi citant par la même occasion l’un des leviers essentiels de cette stratégie, à savoir l’opération de mobilisation d’un million d’hectares de terres agricoles collectives, au profit des investisseurs et des ayants droit. « Le volume des investissements attendus dans le cadre de ce projet est estimé à environ 38 milliards de dirhams à moyen terme », relève- t-il. Et de poursuivre : « Cet effort d’investissement permettra de générer une valeur ajoutée représentant annuellement l’équivalent de deux points supplémentaires de PIB environ. Il favorisera également d’importantes créations d’emplois au cours des prochaines années ». Dans cette perspective, il a mis l’accent sur la coordination et la collaboration entre les secteurs concernés et la nécessité de mettre en place un environnement incitatif à destination des jeunes du monde rural, par la création d’entreprises et l’appui à la formation, en particulier dans les métiers et les services liés à l’agriculture.

Généralisation de la couverture sociale : Voici les 4 axes-clés

Le développement économique va de pair avec le développement du secteur social. C’est ainsi que le projet de généralisation de la couverture sociale au profit de tous les Marocains a été mis en place. D’ici la fin 2022 au plus tard, la couverture médicale obligatoire sera élargie, de sorte que 22 millions de bénéficiaires additionnels accèdent à l’Assurance maladie de base qui couvre divers frais (de soins, de médicaments, d’hospitalisation et de traitement). Il s’agit également de généraliser les allocations familiales qui bénéficieront ainsi à près de sept millions d’enfants en âge de scolarité, au profit de trois millions de familles.

De même, la base d’adhérents au système de retraite sera étendue en y incorporant environ cinq millions de Marocains parmi la population active non titulaire d’un droit à une pension. La généralisation de l’accès à l’indemnité pour perte d’emploi au profit des Marocains ayant un emploi régulier compte aussi parmi les axes-clés de ce projet majeur. « A cette fin, Nous appelons à une concertation élargie avec l’ensemble des partenaires et à la mise en place d’un pilotage innovant et efficace de ce projet sociétal, dans la perspective de créer un organe unifié chargé de coordonner et de superviser les régimes de protection sociale », indique le Souverain.

Bonne gouvernance : l’Etat et les entreprises doivent montrer l’exemple

En termes de bonne gouvernance et de reddition des comptes, Sa Majesté le Roi Mohammed VI n’a pas manqué de souligner que : « les institutions de l’État et les entreprises publiques doivent montrer une attitude exemplaire et agir comme un levier de développement, et non comme un frein ». Etant donné l’importance stratégique de ces institutions, il a appelé à une redéfinition substantielle et équilibrée du secteur. « Par ailleurs, notre souhait est que l’Agence chargée de la supervision des participations de l’État et du suivi de leurs performances joue un rôle-clé dans ce domaine » relève-t-il. Le tout en indiquant que le succès du plan de relance économique et la mise en place d’un nouveau contrat social nécessitent une évolution réelle des mentalités et un véritable changement dans le niveau de performance des établissements publics. Ainsi, il a invité le gouvernement à opérer une révision profonde des critères et des procédures de nomination aux postes supérieurs pour encourager les compétences nationales à intégrer la fonction publique.

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