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Chakib Benmoussa lundi chez le Conseil supérieur de l’éducation : Des réformes pour 2026 et le long terme

Chakib Benmoussa, ministre de l’éducation nationale, du préscolaire et des sports

Feuille de route 

Chakib Benmoussa a présenté, lundi à Rabat, sa feuille de route 2022-2026 consacrée à l’école publique, chez le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique. S’ensuivit un débat sur plusieurs volets y compris le préscolaire.

«La feuille de route s’étale jusqu’à 2026 parce qu’elle tient compte du fait que la réforme a besoin de temps». Ainsi s’est exprimé le ministre de l’éducation nationale, du préscolaire et des sports, lundi à Rabat, en réponse aux questions des membres du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique à l’issue de sa présentation de la feuille de route 2022-2026 pour une école publique de qualité lors de la 1ère session ordinaire du deuxième mandat de ce conseil. Pour Chakib Benmoussa, il faut faire des réformes structurelles. «Si elles commencent maintenant, les résultats seront visibles ultérieurement, voire après plus de 5 ans. Il est nécessaire de faire des objectifs périodiques et des chiffres», précise-t-il dans ce sens lors du débat ayant suivi la présentation de la feuille de route marquée par les 12 engagements déjà relayés par le ministre et par des taux et pourcentages ayant trait aux incapacités des apprenants. Des chiffres qui font froid dans le dos. C’est le cas de 23% des élèves de la 5ème année du primaire qui peuvent lire un texte de 80 mots en arabe d’après une étude en septembre 2022 contre 30% pour un texte de 15 mots en français. De plus, 13% d’élèves de la même 5ème année parviennent à faire une simple division. Aussi, la durée de la feuille de route a d’autres raisons.

Des considérations de taille

A propos de la date de 2026, le responsable gouvernemental indique : «C’est politique aussi». Cependant, il tempère ses propos. «L’éducation dépasse la politique politicienne. Cela dépasse même la durée du mandat du gouvernement», estime-t-il en faisant valoir également la reddition des comptes. Pour lui, le débat dans le Conseil qui l’abrite est aussi «une garantie de la continuité de la réforme pour que celle-ci ne soit pas l’apanage du ministère». Par la même occasion, il ressort des mesures avec un impact à court terme comme le soutien, le rattrapage et les manuels. Et ce n’est pas tout !

Besoin en études sociologiques

«Certaines opérations ont besoin d’expérimentation», estime M. Benmoussa. Il exprime de plus un raisonnement. «Nous avons besoin de recherches sociales. De même l’expérimentation peut être faite mais en concrétisation, on ne réussit pas parce qu’elle n’est pas adaptée à notre société ou à la compétence de nos acteurs dans les classes», diagnostique-t-il en tenant à l’impact sur l’élève. Quant aux manuels, il reconnaît que ceux-ci ont besoin de révision déjà faite pour le primaire. L’étape suivante étant, d’après lui, celle de l’enseignement au «collège». Aux côtés du préscolaire et du primaire, les manuels du collège offrent à son sens un apprentissage «basique très fort en prélude à l’enseignement secondaire qualifiant». En réponse à une question sur l’amazigh dans la feuille de route 2022-2026, celui-ci y occupe, d’après lui, «une place importante». «Il y a un plan de généralisation à accompagner», enchaîne-t-il à cet égard.

Le préscolaire à consolider

Interrogé sur la qualité dans le préscolaire, dont une partie est assurée par des associations, il reconnaît que certains établissements ne sont pas réguliers. Dans ce cas, il propose une substitution par «un enseignement public préscolaire». «Cependant, il y a des associations qui procurent un enseignement préscolaire de qualité », illustre-t-il en rappelant un nombre général de 4.000 associations auparavant pour se fixer à moins de 1.000. En outre, il met en avant la Fondation marocaine pour la promotion de l’enseignement préscolaire qui s’occupe de 60% des classes dédiées à cet effet. Il rappelle également une formation d’éducateurs et une évaluation des élèves avant le primaire. Cependant, le fait de considérer le préscolaire comme le primaire «ne donnera pas de résultats». «Le rôle de l’Etat est de financer, réguler et contrôler», ajoute le ministre qui rappelle que 4.000 à 5.000 classes sont ouvertes chaque année. Pour lui, certaines associations ont des problèmes. «C’est à nous d’améliorer nos procédures », estime-t-il. Le rural n’est pas en reste. Dans ce sens, il ressort une «révision du programme Tayssir». L’objectif étant de généraliser des aides aux familles dès 2023-2024 pour « faciliter la scolarisation des élèves vulnérables dont ceux dans le rural».

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Vers un retour aux écoles normales supérieures

Etudiants.

Pour le ministre, le système de licence en éducation se veut un «retour aux anciennes écoles normales supérieures (ENS)». D’où la convention avec le ministère de l’enseignement supérieur. L’objectif ultime étant d’améliorer, d’après lui, «l’attractivité des étudiants». Leur formation de 3 ans étant couronnée d’un an de pratique avec un accompagnement avant titularisation. Quant à la formation continue, elle «ne doit pas être théorique». Dans les réponses de M. Benmoussa aux membres du Conseil présidé par Habib El Malki, il est même question de «confiance». «Si la société n’apprécie pas l’enseignant, la réforme du système ne réussit pas », tranche-t-il en mettant l’accent sur l’école publique et un changement de perception à son égard. Pour rappel, cette session qui se poursuit jusqu’à ce mardi est également marquée par la présentation du plan national d’accélération de la transformation de l’écosystème de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation et de la feuille de route pour le développement de la formation professionnelle.

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