ActualitéCouvertureUne

Dialogue social : un dernier round très attendu avant les élections

© D.R

Le gouvernement, les centrales syndicales et le patronat se donnent rendez-vous au cours de ce mois d’avril

Syndicats: Les enjeux des uns et des autres dans un nouveau et dernier round du dialogue social au cours de ce mandat gouvernemental. Eclairages.

Les partenaires sociaux reprennent langue. En effet, le gouvernement, les centrales syndicales et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) s’apprêtent à se réunir dans le cadre du dialogue social. Il s’agit d’un dernier round très attendu et surtout particulier à quelques mois des élections législatives. Le ministre délégué auprès du Chef du gouvernement chargé des relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, a insisté sur le respect du calendrier prévu pour la tenue du dialogue social. M. Baitas a souligné le caractère stratégique pour le gouvernement du dialogue avec les partenaires, lors du point de presse qui a suivi, jeudi dernier, la réunion hebdomadaire du Conseil de gouvernement. Des sources syndicales ont également confirmé la réception d’une invitation de la part du gouvernement pour une réunion dans le cadre du dialogue social. C’est le cas pour la CDT (Confédération démocratique du travail) qui compose le trio des centrales syndicales les plus représentatives au côté de l’UMT (Union marocaine du travail) et l’UGTM (Union générale des travailleurs du Maroc).

La CDT a annoncé que son secrétaire général Khalid Alami Lahouir a reçu une invitation, vendredi dernier, de la part du gouvernement pour la participation au round du mois d’avril. Les partenaires sociaux avaient déjà signé des accords au cours des dernières années. Dans ce sens, le ministre délégué chargé des relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, avait souligné, en avril 2025 à Rabat, que le coût du dialogue social atteindra 45,738 milliards de dirhams (MMDH) en 2026 et devrait dépasser 46,702 MMDH en 2027. Cette importante enveloppe budgétaire est «exceptionnelle et sans précédent dans l’histoire du dialogue social» au Maroc, avait affirmé M. Baitas lors d’un point de presse à l’issue du Conseil de gouvernement. Elle bénéficiera à 1.127.842 fonctionnaires, touchant ainsi des millions de familles concernées par cette mesure, a-t-il précisé. Le gouvernement veille à faire du dialogue social une véritable opportunité pour renforcer les acquis de la classe ouvrière au Maroc, a-t-il ajouté.

Accord 2024

Pour rappel, les négociations entre le gouvernement, le patronat et les centrales syndicales ont abouti à la signature d’un accord social le 29 avril 2024. Ce dernier prévoyait notamment une hausse de 10% du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) dans le secteur privé. Cette augmentation sera effective en deux phases, soit une hausse de 5% en janvier 2025 et une autre similaire de +5% dès janvier 2026. Cette revalorisation permet au SMIG d’atteindre l’équivalent de 3.422 dirhams. Le salaire minimum dans le secteur agricole (SMAG) n’est pas en reste puisqu’une hausse de 10% est également actée en deux tranches avec une première augmentation de 5% en avril 2025 et une seconde en avril 2026. L’accord signé prévoyait, en outre, une hausse de 1.000 dirhams pour les fonctionnaires du secteur public à l’exception des corps de métiers qui ont déjà bénéficié d’une revalorisation dans le cadre d’un dialogue sectoriel comme ce fut le cas pour les médecins et les enseignants de l’éducation nationale.

L’augmentation de 1.000 dirhams offerte pour les fonctionnaires sera opérée en deux phases, avec une première tranche de 500 dirhams en juillet 2024 et une seconde en juillet 2025. L’autre mesure phare annoncée concerne l’impôt sur le revenu avec une exonération des salaires de 6.000 dirhams alors que le seuil fixé auparavant était limité à 5.000 dirhams. Aussi, le taux d’imposition maximum sur le revenu va baisser d’un point pour passer de 38 à 37% seulement, soit un gain estimé de 150 à 400 DH par mois pour les catégories de salariés concernées, et ce dès janvier 2025. Par ailleurs, l’accord prévoit un calendrier concernant les réformes à commencer par celle portant sur les régimes de retraites. Alors que le principe de réforme fait l’unanimité entre les partenaires sociaux, des négociations plus approfondies auront lieu en septembre prochain avec un engagement de toutes les parties de s’impliquer dans ce chantier stratégique afin de déboucher sur un système de retraites à deux pôles, l’un pour le public et le deuxième pour le privé.

Modèle marocain

Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, avait indiqué en juillet 2024 que l’Exécutif a jeté les bases d’un modèle marocain authentique de dialogue social, adossé à une base claire et à des choix intégrés, tout en réunissant les conditions idoines à même de garantir la tenue régulière des rounds de dialogue et de favoriser l’instauration des mécanismes de mise en œuvre des résultats. En réponse à une question centrale sur le thème «Dialogue social, un mécanisme de promotion des conditions des travailleurs et levier d’amélioration du rendement de l’économie nationale», lors d’une séance plénière consacrée aux réponses du Chef du gouvernement aux questions relatives à la politique générale à la Chambre des conseillers, M. Akhannouch a précisé qu’il s’agit d’une vision gouvernementale claire pour contribuer à la consolidation de l’édifice démocratique et consacrer les fondements de l’Etat social, conformément aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

A cet égard, il a relevé que la profonde conviction quant à l’importance du dialogue social au sein des institutions du pays puise son référentiel dans les Hautes Orientations contenues dans le discours Royal à l’occasion du 19ème anniversaire de la Fête du Trône, dans lequel SM le Roi a souligné la nécessité d’œuvrer avec célérité à l’aboutissement du dialogue social. Et d’ajouter que le gouvernement place cette question au centre de son agenda, en droite ligne de l’intérêt particulier porté par le Souverain au dialogue social et à sa continuité.
Le Chef du gouvernement a mis en avant, à ce propos, l’esprit de «patriotisme sincère» marquant le dialogue entre l’Exécutif et les partenaires sociaux et économiques, lequel a permis à ce dialogue d’atteindre «des phases de maturité ayant débouché sur des résultats tangibles» lors des différents rounds de dialogue social.

Retraite

Réforme: La question des régimes de retraite est l’un des points importants dans le dialogue social entre les partenaires sociaux. Pour rappel, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, avait présidé, le 17 juillet 2025 à Rabat, une réunion de la commission nationale chargée du suivi du dossier des retraites, suite aux conclusions de la réunion tenue lors de la session d’avril 2025, par la Haute commission du dialogue social. Cette réunion a été consacrée à l’examen de la situation actuelle des régimes de retraite et à la mise en place d’un accord autour des mécanismes de travail et de l’approche qui seront adoptés de manière consensuelle, en vue d’élaborer un cadre adéquat à ce dossier.

Le Chef du gouvernement avait alors salué les acquis réalisés dans le cadre des sessions précédentes du dialogue social, notamment sur le plan de l’amélioration du revenu et de l’augmentation du pouvoir d’achat de la classe des travailleurs. Il a souligné que ces acquis témoignent du succès dans l’édification d’une intelligence collective pour l’élaboration de solutions dans un cadre consensuel et dans le renforcement du rôle des partenaires sociaux et économiques. Aziz Akhannouch avait réitéré la forte volonté du gouvernement de traiter ce dossier social important dans le cadre d’une démarche participative, basée sur la confiance, qui constitue un choix stratégique du gouvernement.

Il a noté que cela s’inscrit dans le sillage de la mise en œuvre de réformes fondamentales qui consacrent les droits des fonctionnaires, des salariés et des retraités ; préservent la compétitivité des entreprises, garantissent l’équilibre financier des régimes de retraite ainsi que leur pérennité et qui contribuent au renforcement de la paix sociale que ce gouvernement s’est attelé à réaliser.

Points clés

Accord 2024

Les négociations entre le gouvernement, le patronat et les centrales syndicales ont abouti à la signature d’un accord social le 29 avril 2024.

Salaire minimum

L’accord de 2024 prévoyait notamment une hausse de 10% du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) dans le secteur privé. Cette augmentation sera effective en deux phases, soit une hausse de 5% en janvier 2025, et une autre similaire de +5% dès janvier 2026.

Fonction publique

L’accord signé en 2024 prévoyait une hausse de 1.000 dirhams pour les fonctionnaires du secteur public à l’exception des corps de métiers qui ont déjà bénéficié d’une revalorisation dans le cadre d’un dialogue sectoriel.

Lire votre journal

EDITO

Couverture

Nos suppléments spéciaux

Articles les plus lus