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Dossier des étudiants des facultés de médecine et de pharmacie: le gouvernement annonce le maintien du calendrier actuel des examens

© D.R

Le gouvernement a annoncé, mardi, le maintien du calendrier actuel des examens des facultés de médecine et de pharmacie, avec l’ouverture de la session de printemps, le 26 juin 2024, et de sa session de rattrapage, avant fin août 2024, ajoutant que les examens de la session de rattrapage pour le premier semestre seront programmés en septembre 2024.

Dans une mise au point au sujet du dossier des étudiants des facultés de médecine et de pharmacie, lue lors d’un point de presse, le ministre chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, a indiqué qu’en ce qui concerne les mesures immédiates relatives au passage des examens, il sera procédé au rattrapage des périodes des stages hospitaliers boycottés, à partir de la prochaine année universitaire, au remplacement de la note zéro du bulletin des notes par la note obtenue lors de la session de rattrapage du premier semestre, et à la révision des sanctions en interaction avec l’initiative de passer les examens le 26 juin 2024.

Dans le cadre des efforts du gouvernement visant à interagir positivement avec les revendications des étudiants des facultés de médecine et de pharmacie et à surmonter la situation actuelle que connaissent ces facultés de médecine et de pharmacie, une réunion ministérielle a été tenue, le vendredi 21 juin à Rabat, en présence des ministres de la Santé et de la Protection sociale, et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, et du ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé des relations avec le parlement, porte-parole gouvernement, ainsi que des doyens des facultés de médecine et de pharmacie, et des représentants des étudiants des facultés de médecine et de pharmacie, a-t-il dit.

Lors de cette réunion, a-t-il poursuivi, le gouvernement a affirmé qu’il assume la pleine responsabilité de garantir la qualité de la formation en médecine dans le Royaume, tout en appelant l’ensemble des parties, notamment les étudiants, leurs parents et leurs tuteurs, à assumer leurs responsabilités dans ce dossier, qui ne devrait pas déborder au-delà de son caractère éducatif et pédagogique.

Tout en relevant une série de contrevérités entourant ce dossier qui sont véhiculées à grande échelle, avec l’intention délibérée d’avancer des conclusions autres que celles auxquelles il a été parvenu, le gouvernement explique que ces assertions à caractère négatif ne servent nullement l’objectif de parvenir à des solutions sérieuses et responsables répondant à l’intérêt de tous, a précisé le ministre.

Et au moment où le gouvernement a exprimé, à maintes reprises lors de plusieurs réunions avec les étudiants, sa compréhension de la légitimité de certaines préoccupations visant à améliorer le système de formation dans le secteur de la santé, l’Exécutif publie à l’adresse de toutes les composantes de l’opinion publique nationale la présente mise au point afin de clarifier les engagements du gouvernement relatifs aux différentes étapes de la formation, présentées lors de ces différentes réunions, et ce, dans le cadre de son souci d’exposer sa vision pour la réforme de la formation en médecine en toute transparence et clarté.

S’agissant de la réforme de fond portée par le gouvernement pour promouvoir la profession de médecine au Maroc en vue de renforcer l’offre de santé, de manière à garantir l’égalité des citoyennes et citoyens d’accès aux services de santé, les ministres présents ont exposé, à l’occasion de cette rencontre, les détails de la réforme pédagogique du cycle de la formation dans les facultés de médecine et de pharmacie, à même d’assurer la qualité de la formation médicale. Ils ont aussi présenté le plan du gouvernement visant l’amélioration du cursus de formation et l’élimination du temps mort durant la période de formation médicale, ainsi que les diverses mesures adoptées pour répondre aux diverses revendications des étudiants.

Les ministres ont, en outre, écouté les requêtes présentées par les représentants des étudiants et leurs propositions visant à surmonter certaines contraintes auxquelles fait face la formation médicale, et interagi positivement avec un grand nombre desdites requêtes, selon la même source.

Dans ce sens, le ministre a indiqué que les mesures en cours de mise en œuvre portent essentiellement sur la structure pédagogique de la formation médicale (diplôme de docteur en médecine) : Mise en œuvre de la nouvelle structuration du système de formation en médecine à partir de la prochaine année universitaire (2024-2025), qui concernera la nouvelle promotion d’étudiants inscrits dans les facultés de médecine et de pharmacie à partir de septembre 2024, et ce, à travers l’adoption d’un nouveau cahier des normes pédagogiques nationales pour le diplôme de docteur en médecine et sa publication par arrêté ministériel, dans le cadre de la période de formation de six ans en vue de l’obtention du diplôme de docteur en médecine, tout en préservant la valeur académique et juridique du diplôme.
Le nouveau système de formation comprend l’introduction de modules pour doter les étudiants de compétences et d’aptitudes dans les domaines du numérique, de l’intelligence artificielle, de la télémédecine, de la qualification dans la médecine de famille, de la simulation, ainsi que de compétences de vie et personnelles et de langues étrangères, en phase avec les évolutions de la pratique de médecine à l’échelle mondiale. Ce nouveau système s’appuie également sur des modèles pédagogiques nouveaux et innovants, qui incluent l’enseignement à distance comme méthode complémentaire à l’enseignement en présentiel.

Et le ministre de faire savoir que les étudiants poursuivant actuellement leurs études dans les facultés de médecine et de pharmacie (de la 1ère à la 5ème année) demeurent soumis à la structure pédagogique actuelle en matière de formation en médecine, tout en permettant à ceux d’entre eux ayant achevé la 6ème année de bénéficier de stages cliniques dans les services hospitaliers agréés pour la formation et l’encadrement par les commissions régionales, avant la soutenance de la thèse.

Ces stages s’effectuent sur une durée allant de trois mois, au minimum, à un an, au maximum. Les étudiants concernés bénéficient d’indemnités similaires à celles dont bénéficient les étudiants en 6ème année et obtiennent également une attestation pour chaque période de stage.

Il s’agit également de l’introduction de deux modules de médecine de famille au cours de la 6ème année de formation, couronnées par la délivrance d’une attestation de formation, de l’adoption d’un cadre de référence pour l’apprentissage par simulation bénéficiant à l’ensemble des facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire, tout en poursuivant le renforcement de l’équipement des facultés au niveau national par le matériel nécessaire et de l’adoption de contenus numériques et par simulation bénéficiant à toutes les facultés à l’échelle nationale.

Concernant les indemnités auxquelles ont droit les étudiants stagiaires externes parmi les étudiants en médecine, pharmacie et médecine dentaire, l’autorité gouvernementale en chargé de la Santé s’engage, en réponse aux revendications exprimées, à augmenter les indemnités des stages hospitaliers obligatoires allouées aux étudiants stagiaires externes inscrits en 3ème année, 4ème année, 5ème année et 6ème année en médecine et pharmacie.

Pour ce qui est des thèses, les mesures visent à augmenter le nombre de thèses pouvant être encadrées simultanément pour chaque professeur-chercheur par les structures des facultés afin d’accompagner le nombre d’étudiants, à consacrer trois mois au maximum à l’inscription et à la soutenance de la thèse, et ne pas limiter le nombre des cas étudiés dans la partie analytique de la thèse, et à adopter la plateforme numérique dédiée à la gestion des sujets des thèses au niveau de l’ensemble des facultés de médecine et de pharmacie à compter de la prochaine année universitaire (2024-2025).

En relation avec la Formation en spécialité médicale (3ème cycle), il a été procédé à la création de comités nationaux d’experts pour toutes les spécialités médicales et pharmaceutiques, qui ont commencé à proposer des recommandations et des mesures visant la réforme du troisième cycle, notamment les conditions d’accès, les contenus de la formation, les méthodes d’évaluation et le respect des conditions d’obtention du Diplôme de Spécialité Médicale.

Il a été aussi procédé à l’adoption de normes scientifiques nationales et de dossiers descriptifs relatifs aux formations dans la spécialité, sur la base des propositions des comités susmentionnés avec leur évaluation de manière périodique, et activation de la réforme pédagogique du cycle de formation relatif au Diplôme de Spécialisation (3ème cycle) en médecine, pharmacie et médecine dentaire durant le mois de janvier 2025, ainsi qu’à l’unification des statuts juridiques du résident, tout en œuvrant à la préservation des acquis et à la réduction de la durée d’engagement de 8 à 3 ans pour la promotion 2025 et les suivantes;

Les mesures prévoient aussi que le résident bénéficie d’un salaire mensuel équivalent à l’indice 509 et des autres indemnités conformément à la loi régissant les fonctions de santé ainsi que l’augmentation du nombre de postes budgétaires destinés au concours de résidanat à partir de janvier 2025 au prorata du nombre de diplômés des deux promotions au cours de la même année, avec possibilité d’adoption d’une programmation pluriannuelle pour cette augmentation.

Elles concernent, en outre, la titularisation du résident dans ses fonctions immédiatement dès sa prise de service, en conservant l’ensemble des acquis, y compris la promotion, la retraite et autres, avec la préservation du droit du médecin spécialiste à la démission après l’expiration de la durée contractuelle prévue et fixée à trois ans, sans aucune condition ou restriction, et de son droit de continuer à travailler au sein de la fonction de santé automatiquement après l’expiration de la période, outre la non-obligation du médecin ou du pharmacien spécialiste à poursuivre le travail de quelque manière que ce soit après sa démission à la fin de son contrat, contre son gré.

Il s’agit aussi de l’adoption et de l’activation d’une procédure claire pour le changement de spécialités et de la mutation pendant la période de résidanat, confiée à la Commission régionale mixte de coordination de la formation dans les métiers de santé, en tenant compte des besoins de la région.

S’agissant du circuit d’internat, les mesures portent sur le maintien du circuit d’internat, l’augmentation du nombre de postes budgétaires alloués au concours d’internat à partir de janvier 2025 au prorata du nombre d’étudiants des deux promotions au cours de la même année, avec possibilité d’adopter une programmation pluriannuelle pour cette augmentation.

En réponse aux revendications exprimées, souligne la même source, l’autorité gouvernementale en charge de la santé s’engage à augmenter les indemnités de stage hospitalier obligatoire accordées aux étudiants stagiaires internes.

En ce qui concerne les terrains de stages hospitaliers, les mesures concernent l’élargissement de ces terrains pour être en adéquation avec le nombre d’étudiants, conformément aux critères d’encadrement pédagogique approuvés par les commissions régionales mixtes de coordination de la formation aux métiers de la santé, comprenant, outre les CHU, des établissements de santé affiliés aux groupements territoriaux de santé, tout en accréditant comme unités universitaires les unités hospitalières au sein des hôpitaux régionaux et provinciaux et en œuvrant à leur mise à niveau.
Le ministre a, par ailleurs, fait état de la publication par les facultés de médecine et de pharmacie des listes des nouveaux terrains de stages hospitaliers qui seront approuvées par les commissions régionales mixtes de coordination de la formation aux métiers de la santé au début de l’année universitaire, après l’évaluation annuelle.

Il sera aussi procédé au renforcement de l’encadrement des stages hospitaliers en associant des encadrants issus des établissements de santé qui seront agréés par les commissions régionales mixtes de coordination de la formation aux métiers de la santé, tout en faisant bénéficier les étudiants des repas lors des permanences assurées dans les services hospitaliers et de l’assurance maladie obligatoire (AMO), conformément aux lois en vigueur.

Les mesures portent aussi sur la poursuite du renforcement de la mise à niveau des établissements de santé pour offrir de bonnes conditions de formation aux étudiants au sein des services hospitaliers, l’adoption d’une charte nationale des stages hospitaliers et d’un cahier des charges des stages hospitaliers, conformément au décret relatif au statut des étudiants des facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire stagiaires dans les établissements publics de santé affiliés aux groupements territoriaux de santé, et l’approbation, dans les plus brefs délais, des deux décrets relatifs aux commissions régionales mixtes de coordination de la formation aux métiers de la santé, et aux superviseurs des stages et encadrants dans les établissements.

En rapport avec les infrastructures et ressources humaines dédiées à la formation en médecine, ajoute la même source, il a été procédé dans le cadre des conventions conclues entre l’Etat, les Universités et Facultés de médecine et de pharmacie, à la programmation d’importants crédits et postes budgétaires pour la période 2022-2030 en vue de créer trois nouvelles Facultés à Guelmim, Errachidia et Béni Mellal et d’accompagner les augmentations du nombre des étudiants, à travers le renforcement de la capacité d’accueil, l’extension, le réaménagement et l’équipement des Facultés.

Une enveloppe budgétaire spéciale a été également allouée à l’équipement de l’ensemble des Facultés de Centres de simulation médicale et de télémédecine, outre des financements inédits dédiés à la fois à la mise à niveau du secteur de la santé, pour la construction et l’équipement de nouveaux établissements, ainsi que le réaménagement et l’équipement de plusieurs établissements dans les différentes régions du Royaume.

Ces ressources mobilisées par le gouvernement favoriseront un encadrement pédagogique conforme aux normes internationales et une formation médicale de meilleure qualité, l’objectif étant l’augmentation de l’effectif des lauréats.

En ce qui concerne la situation des étudiants externes, internes et résidents, les mesures concernent l’encadrement de la situation de ces étudiants par la voie d’un nouveau décret déjà élaboré, qui définit la situation des étudiants des Facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire stagiaires dans les établissements publics de santé relevant des groupements sanitaires territoriaux.

S’agissant des formations en médecine dentaire, les mesures portent sur le soutien aux travaux pratiques, le renforcement des stages de terrain et la création d’espaces dédiés à la simulation en pharmacie et en médecine dentaire, l’augmentation du nombre de fauteuils de soins, et la mise à disposition, en quantités suffisantes, du matériel et des équipements nécessaires pour la formation des étudiants de médecine dentaire.

Pour ce qui est du volet social, les étudiants inscrits dans les filières de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire bénéficieront de bourses de mérite social, conformément aux dispositions du décret n° 2.23.564 qui fixe les conditions et modalités de versement des bourses aux étudiants sur la base du Registre social unifié (RSU), outre la mise en place d’une plateforme numérique au niveau du ministère de la Santé et de la Protection sociale pour gérer les indemnités pour missions qui seront versées de façon mensuelle à compter de janvier 2025, ajoute la même source, notant que les étudiants vont bénéficier de l’assurance maladie obligatoire dans le cadre des lois actuellement en vigueur.

En relation avec les stages hospitaliers réservés à la filière de pharmacie :

– 6ème année : possibilité de stage au sein des pharmacies, des laboratoires de biologie ou des laboratoires pharmaceutiques selon le choix de l’étudiant, tout en veillant à son encadrement et ce, à compter de l’année universitaire 2024-2025.

– 5ème année : reprogrammation des stages, en effectuant 4 stages d’une durée de deux mois et demi au lieu de deux stages d’une durée de cinq mois.

– 4ème année : examen de la durée du stage selon la spécificité de chaque faculté et le maintien de ce stage préliminaire au cours de la 4ème année.

– 3ème année : ajout d’un stage dans les pharmacies d’une durée de 4 semaines, en fixant ses objectifs en vue de renforcer les acquis et ce, à compter de l’année universitaire 2024-2025, outre l’élargissement des terrains de stages hospitaliers, avec la mobilisation d’un nombre suffisant d’encadrants.

Concernant le volet des Travaux pratiques, les mesures concernent l’équipement des laboratoires et fourniture des appareils et des matières premières nécessaires à la formation pratique des étudiants en pharmacie pour effectuer les séances pratiques, sachant que chaque faculté doit identifier ses besoins nécessaires pour mener les séances de travaux pratiques dans des délais précis, alors que le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation s’engage à mobiliser le budget pour répondre à ces besoins, tout en veillant à l’actualisation constante des listes des besoins des sessions des travaux pratiques pour en assurer la réalisation.

S’agissant du 3è Cycle, les mesures portent sur le passage du concours de résidanat immédiatement après obtention du diplôme de doctorat en pharmacie au lieu d’imposer l’exercice en qualité de docteur pharmacien d’officine pour une période d’une année complète avant la possibilité de passer le concours de spécialité et ce, à compter de l’année universitaire 2024-2025.

Il s’agit aussi d’adapter le nombre des places relatives aux concours de résidanat et d’internat, toutes spécialités confondues, tout en fixant les pourcentages qui doivent accompagner la hausse du nombre des étudiants, de développer les spécialités de pharmacie clinique et de fabrication de médicaments, d’intégrer des modules des compétences entrepreneuriales et de développement de l’autonomisation des étudiants afin de les aider à accéder au marché de l’emploi, et de programmer le concours d’accès à la 3ème année du diplôme de docteur en pharmacie avant le début de l’année universitaire.

Lors de cette rencontre, indique la même source, les ministres ont souligné l’importance d’accélérer cette réforme pour être en phase avec la mise en œuvre du chantier de réforme du système de santé dans sa globalité.

À cet égard et afin de permettre au système de santé d’accompagner les défis du chantier national ambitieux relatif à la généralisation de la couverture sanitaire, les ministres ont mis l’accent sur l’adhésion du gouvernement aux efforts visant l’amélioration de l’offre de santé, des prestations de soins et des services hospitaliers et leur rapprochement de la population, notamment en augmentant l’effectif des professionnels du secteur de la santé de manière graduelle durant les prochaines années et en veillant à réunir les conditions idoines permettant la consolidation de la qualité de la formation en vue de relever ce défi.

Partant du principe de responsabilité et dans le but de jeter les ponts de confiance, le gouvernement, qui a toujours été ouvert au dialogue sérieux et responsable, a apporté des réponses probantes aux différentes revendications des étudiants.

Le gouvernement souhaite que l’ensemble des parties fassent preuve de collaboration, d’engagement et d’un esprit de patriotisme sincère, en vue de garantir la concrétisation des objectifs escomptés en matière de développement du système de formation en santé et de dépasser cette situation qui n’a que trop duré, affirmant qu’il poursuivra la mise en œuvre des diverses réformes ayant pour objectif d’améliorer la qualité de la formation en médecine et de réhabiliter les professionnels du secteur de la santé, de manière à relever l’enjeu de l’accélération de la réforme du système de santé dans sa globalité, en harmonie avec les différentes transformations historiques et structurelles que connaît le Royaume.

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