Enseignants des académies : Le match Istiqlal-MP !

Enseignants des académies :  Le match Istiqlal-MP !

Guerre de positions entre les partis politiques à l’approche des élections législatives

Le Mouvement Populaire affirme soutenir fermement le choix du recrutement régional public comme étant une porte d’entrée afin d’aboutir à une justice territoriale et sociale en veillant à fournir toutes les garanties de stabilité professionnelle.

Ça chauffe sur la scène politique nationale. A quelques mois des prochaines échéances électorales, la tension semble monter d’un cran entre différents courants politiques. Dans ce sens, l’instrumentalisation de certains mouvements à des fins électoralistes est aujourd’hui pointée du doigt. C’est le cas du dossier des enseignants des AREF (Académies régionales de l’éducation et de la formation). Ce point fut très présent lors de la dernière réunion du bureau politique du Mouvement Populaire (majorité gouvernementale). Dans un communiqué publié à l’issue de cette réunion, le parti de l’épi a critiqué la tentative de récupération politique de ce dossier.

«Le Mouvement Populaire tient à signaler son grand étonnement après les déclarations irresponsables de certains acteurs politiques dans une tentative de surfer sur la vague électoraliste en alimentant la tension dans un secteur stratégique comme celui de l’enseignement», annonce la direction du parti qui gère le portefeuille ministériel de l’éducation nationale au sein de la majorité gouvernementale. «Cette partie omet qu’elle a été responsable de la faillite du système en raison de sa mauvaise gestion du secteur au cours d’étapes passées», poursuit la même source. Tout en rappelant que le dialogue reste l’unique voie pour aboutir à une solution, le Mouvement Populaire affirme soutenir fermement le choix du recrutement régional public comme étant une porte d’entrée afin d’aboutir à une justice territoriale et sociale en veillant à fournir toutes les garanties de stabilité professionnelle notamment mais également en œuvrant à la généraliser pour toucher d’autres secteurs, ainsi que les établissements et entreprises publics ainsi que les collectivités territoriales, et ce à travers une réforme en profondeur du statut de la fonction publique. Une position qui tranche avec celle du parti de l’Istiqlal.

La réaction du parti de l’épi vient après l’annonce d’une réunion entre le secrétaire général du parti de la balance, Nizar Baraka, et des représentants des enseignants des AREF. Lors de cette rencontre, Baraka a réitéré le refus catégorique du recrutement par «contrat» dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Le numéro un de l’istiqlal (opposition parlementaire) a ajouté que la position de son parti n’a pas changé sur ce point depuis 2012. Si d’autres partis de l’opposition adoptent une position similaire, des voix se lèvent de l’autre côté, accusant l’Istiqlal d’avoir eu recours le premier au système de contractualisation lorsqu’il dirigeait le gouvernement avant 2012. Reste à savoir si la tension entre les partis politiques va rester à ce niveau ou bien si la situation va s’enliser à mesure que les élections approchent. En attendant, le ministère de tutelle tient à clarifier la situation autour de ce dossier dans chacune de ses sorties. Saaid Amzazi, ministre de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, est revenu sur le sujet il y a quelques jours au Parlement. Selon le responsable, le département de l’éducation nationale «n’a imposé le mode d’embauche régional à personne et reste attaché à garantir le droit des élèves à l’apprentissage».

Adhésion

Le ministre de l’éducation nationale a déclaré que les enseignants recrutés ont adhéré de leur plein gré à ce système. Selon Saïd Amzazi, le taux de participation élevé, croissant et volontaire aux concours de recrutement organisés annuellement par les académies régionales témoigne du succès de ce dispositif.
Le ministre a fait remarquer que les candidats ont pris connaissance au préalable de toutes les données relatives à la situation professionnelle des cadres des académies.
Said Amzazi a déclaré que l’embauche régionale, adoptée à compter de fin 2016, a permis le recrutement de 100.000 cadres en l’espace de 5 ans, «soit l’équivalent de ce qui a été accompli en plus de 20 ans en la matière».
Il a aussi estimé que ce dispositif a permis la réalisation d’une justice spatiale en matière de services éducatifs aux enfants, essentiellement dans le monde rural.
La crise actuelle découle, selon le ministre, du manque de communication sur les différents aspects de la question, le non accompagnement de ses développements ou la volonté préméditée de certaines parties de faire sortir le sujet de son vrai contexte.

Statut

La tutelle a expliqué l’évolution de la situation statutaire des cadres des académies qui s’est faite en trois principales étapes. La première a consisté en l’organisation par les académies régionales de concours de recrutement sur contrats.

Ensuite et à la faveur d’un grand soutien du gouvernement, il a été procédé, en 2018, à l’amélioration des conditions réglementaires de recrutement de cette catégorie en mettant en place un statut spécifique en 55 articles approuvé par les conseils d’administration des académies. La troisième étape a été marquée par l’abandon du régime contractuel et l’adoption du système de l’équivalence en droits et obligations, doublé du développement du cadre juridique dans le souci de «redresser la situation administrative de cette catégorie».

Pourtant, les cadres des AREF n’hésitent pas à aller vers la confrontation. Le ministère appelle les différentes parties aujourd’hui au dialogue. Des réunions sont annoncées dans les prochains jours.

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