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Exportations agricoles: Croisade contre le «made in morocco»

© D.R

Des cargaisons marocaines sont de plus en plus attaquées sur les routes européennes

Les produits agricoles marocains sont prisés par des ménages européens en raison de leur bon rapport qualité prix. Mais ce succès semble déranger, ce qui commence réellement à inquiéter côté marocain. Eclairages.

Le label marocain victime de son succès. Les produits agricoles marocains sont de plus en plus prisés mais également attaqués dès leur franchissement de la Méditerranée. En Europe, il existe une forte mobilisation des agriculteurs pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le Maroc a priori mais les exportations agricoles marocaines sont systématiquement attaquées, ce qui soulève de multiples interrogations. La situation est telle que le ministre des affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a dû apporter des éclaircissements lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre français de l’Europe et des affaires étrangères, Stéphane Séjourné, à l’issue de leurs entretiens.

Après avoir énuméré la multitude de crises, de conflits ouverts ou latents que connaît la région, le ministre a pointé cette «géopolitique de la peur et du rejet qui prime, avec parfois des raccourcis dangereux et qui a commencé par les pressions migratoires», au sein de la Méditerranée. Le ministre a donné l’exemple des produits agricoles venus du Sud qui font l’objet d’attaques multiples, alors que l’UE en tire un excédent important au détriment du Maroc. Le même constat est valable pour ce qui est du libre-échange à la faveur duquel l’UE réalise un excédent de 10 milliards d’euros.

La déclaration du ministre intervient quelques jours seulement après une sortie de la Comader (Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural) qui a diffusé une communication pour manifester son inquiétude au sujet des attaques répétées contre les produits agricoles marocains exportés vers l’Union européenne.
«Nous exprimons notre inquiétude suite aux attaques récurrentes et infondées dont les produits marocains font l’objet ainsi que la stigmatisation médiatique dont les agriculteurs marocains sont les victimes collatérales.

La Comader entend œuvrer avec ses partenaires européens à la préservation de la relation commerciale au bénéfice des deux parties, dans le cadre d’un respect mutuel du flux des marchandises et ne saurait tolérer aucune action contraire», avait indiqué la Confédération. Et de poursuivre: «Les relations commerciales entre le Maroc et l’UE sont régies par l’Accord d’Association Maroc-UE de 1996 mis en œuvre en 2000 qui comporte différents protocoles (y compris les protocoles de produits agricoles et de pêche fixant les conditions d’accès aux marchés desdits produits). Les échanges commerciaux agricoles entre le Maroc et l’UE se font dans le cadre des protocoles agricoles précités qui ont subi plusieurs modifications depuis 2000 et dont les dernières datent de 2010 avec une mise en œuvre le 1er octobre 2012. À cet effet, les exportations marocaines de produits agricoles vers l’UE bénéficient de quelques préférences tarifaires. Il en va de même pour les exportations de produits agricoles de l’UE vers le Maroc. Il ne s’agit en aucun cas de libéralisation totale des échanges agricoles».

Situation paradoxale
Alors que la production marocaine est pointée du doigt, les professionnels de l’autre côté oublient ou omettent de dire que les importations européennes suivent également un trend haussier, ce qui dénote une situation paradoxale. «Ainsi, durant la période 2021/2022, les exportations marocaines de produits agricoles ont progressé de 15% vers l’UE et de 2% vers l’Espagne. À titre de comparaison, sur la même période, les exportations de produits agricoles en provenance de l’UE vers le Maroc ont augmenté de 75%, tandis que celles en provenance de l’Espagne ont bondi de 20%. Au total, en 2022, le solde de la balance commerciale des produits agricoles est positif pour l’UE (environ 900M€)», avait expliqué la Comader.

Quand les cargaisons marocaines ne sont pas attaquées sur les routes, leur conformité est prise pour cible. Pourtant, les produits agricoles marocains exportés vers l’Union européenne sont des produits de qualité qui se conforment strictement, et sans exception, aux exigences réglementaires des marchés de destination. Celles-ci portent notamment sur les normes de commercialisation, les normes sanitaires et les normes phytosanitaires.

«Les produits marocains sont d’ailleurs contrôlés par les autorités marocaines préalablement à leur exportation ainsi que par les autorités européennes avant leur entrée sur les marchés européens. Aussi, un comparatif des notifications RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed) émises par l’Union européenne durant l’année 2023 démontre que le Maroc respecte parfaitement les normes européennes, tous produits confondus. En effet, sur une liste des 15 principaux exportateurs vers l’UE, le Maroc occupe la 3ème meilleure position en termes de conformité», avait rappelé la Confédération.

Le contrôle de la qualité et la conformité des produits agricoles est notamment assuré par l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA). Ainsi et afin d’atteindre les objectifs escomptés, les inspecteurs relevant de cet Office effectuent le contrôle en question au niveau des établissements autorisés/agréés par l’ONSSA, et ce dans la cadre des visites sanitaires régulières effectuées par les inspecteurs de l’ONSSA ou de visites d’inspection inopinées. En cas de constatation des non-conformités, les inspecteurs peuvent procéder à la suspension et le cas échéant au retrait de l’agrément selon l’ampleur de la non-conformité et ce conformément à la législation et la réglementation en vigueur. Le contrôle s’effectue également dans les exploitations agricoles et des marchés de gros pour contrôler les résidus de pesticides dans les fruits, légumes et aromates.

Contrôle qualité 
L’ONSSA mène des opérations pour assurer la sécurité sanitaire et la conformité des produits végétaux et d’origine végétale, des additifs alimentaires et des compléments alimentaires au niveau national, à l’importation et à l’exportation en vue de la protection de la santé des consommateurs. Il est également question d’assurer la conformité des établissements et entreprises alimentaires des produits végétaux et d’origine végétale aux exigences législatives et réglementaires en matière de sécurité sanitaire et de conformité des produits végétaux et d’origine végétale sans oublier le souci d’améliorer la qualité des produits en vue d’une meilleure compétitivité des produits nationaux sur les marchés local et international. Ce contrôle consiste en la vérification de la sécurité sanitaire et de la conformité aux dispositions réglementaires en vigueur ; la vérification de l’étiquetage des conditions d’hygiène au niveau des établissements agroalimentaires; et le contrôle des additifs alimentaires, des matériaux au contact des aliments, des contaminants chimiques, microbiologiques et biologiques (mycotoxines, résidus de pesticides, métaux lourds, etc.). L’inspection s’articule autour des plans de contrôle effectué au niveau de la production (établissements autorisés ou agréés) et des points de vente (uniquement pour les produits issus d’établissements autorisés ou agréés et les produits importés). Il est également question des plans de contrôle et de surveillance ciblés.

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