Flexibilité du dirham : Un février décisif

Flexibilité du dirham : Un février décisif

La nouvelle DG du Fonds attendue au Maroc dans les prochains jours

L’ordre du jour de cette visite n’est pas encore communiqué officiellement mais Mme Georgieva doit aborder avec la partie marocaine plusieurs dossiers d’une grande importante.

Baptême du feu pour Kristalina Georgieva. La nouvelle directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), en poste depuis fin 2019 dans l’institution de Bretton Woods, est attendue au Maghreb dans les prochains jours. L’une des étapes phares de ce périple maghrébin sera sans nul doute le Royaume où elle doit avoir des rencontres de haut rang le 19 février. L’ordre du jour de cette visite n’est pas encore communiqué officiellement mais Mme Georgieva doit aborder avec la partie marocaine plusieurs dossiers d’une grande importante, notamment avec le ministre de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, et le wali de Bank Al-Maghrib, Abdelatif Jouahri.

Il s’agira du renouvellement de la Ligne de précaution et de liquidité (LPL) et des préparatifs des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, prévues en octobre 2021 à Marrakech sans oublier le chantier de la flexibilité du dirham. La mission du FMI au Maroc a précédé la visite de la directrice générale en publiant un nouveau rapport il y a quelques jours sur la situation économique et financière au Maroc. Certes, le document ne tarit pas d’éloges sur les progrès effectués par le pays mais l’institution internationale émet des remarques concernant la réforme fiscale et le régime de change. Dans le détail, la deuxième revue effectuée par la délégation du FMI dans le cadre de l’arrangement de la Ligne de précaution et de liquidité accordée au Maroc aborde plusieurs thématiques qui fâchent, à savoir la flexibilité du régime de change, la fiscalité, la gouvernance.

«Des retards dans la mise en œuvre des réformes budgétaire et fiscale et de la masse salariale publique pourraient affecter les perspectives de croissance, impacter les équilibres budgétaires et l’objectif de réduction de la dette publique à 60% du PIB. Ils pourraient également contribuer à des tensions sociales qui, à leur tour, affecteraient négativement la demande extérieure, en l’occurrence le tourisme et les IDE», lit-on dans le document du FMI.

Ce dernier n’y va pas par quatre chemins pour recommander une accélération des réformes. «Un futur assainissement budgétaire sera nécessaire (…) Étant donné que les progrès vers la réduction du déficit budgétaire sont au point mort, cela nécessitera une mise en œuvre plus décisive de la réforme fiscale et une plus grande clarté des réformes spécifiques prévues pour les années à venir», ajoute la même source. S’agissant du régime de change, le Fonds réitère de nouveau que toutes les conditions sont réunies pour passer à l’étape suivante.

«La transition devrait se dérouler sans heurts, car les conditions préalables sont en place et le Maroc est dans une position de force, avec des tampons budgétaires et externes raisonnables, et des restrictions aux sorties de capitaux des résidents. Bien que les autorités n’aient pas fourni un calendrier précis, le personnel considère les conditions actuelles comme favorables et recommande d’accélérer le passage à la phase suivante», tente de rassurer le FMI. Reste à connaître la position de la partie marocaine qui a déjà enclenché des mesures dans le cadre de la loi de Finances 2020. Pour rappel, les ressortissants marocains établis en Maroc sont désormais autorisés à détenir des comptes bancaires en devises étrangères. Cela dit, la visite de la directrice générale pourra apporter du nouveau. Affaire à suivre.

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