Une délégation institutionnelle marocaine fait le déplacement aux Etats-Unis
Energie. Le gaz naturel devient l’un des domaines de partenariat stratégique entre le Royaume et les Etats-Unis d’Amérique avec des enjeux géostratégiques importants. Eclairages.
Après le domaine militaire et financier, place désormais au secteur de l’énergie. Le Maroc et les Etats-Unis d’Amérique (USA) explorent les moyens d’approfondir leur partenariat, notamment dans le secteur du gaz naturel. Une délégation institutionnelle marocaine fait le déplacement au pays de l’Oncle SAM. Ainsi, le gaz naturel devrait être au cœur de la coopération énergétique entre le Maroc et les États-Unis. La visite d’étude stratégique aux États-Unis intervient dans le cadre de la mission commerciale inversée, avec une délégation composée de responsables issus du ministère de la transition énergétique et du développement durable (MTEDD), de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE).
Concrètement, cette mission, qui met en relation la délégation marocaine avec des entreprises américaines de premier plan, témoigne d’un engagement commun à renforcer les partenariats entre les pouvoirs publics et le secteur privé et à accélérer les échanges d’expertise. Côté américain, l’Agence pour le commerce et le développement avait annoncé l’organisation d’une réunion d’information à l’intention des entreprises américaines du secteur des infrastructures gazières, au cours de laquelle celles-ci pourront rencontrer des décideurs du secteur de l’énergie issus notamment du Maroc et écouter les présentations de la délégation sur les opportunités à venir tout en concernant toute la chaîne de valeur mondiale du gaz. Les sources américaines précisent que le débat tourne autour les opportunités commerciales qui couvrent l’extraction et production de gaz naturel ainsi que l’importation, l’exportation et le transport de GNL (gaz naturel liquéfié) en plus du développement de gazoducs, sans oublier la production d’électricité à partir du gaz (gaz to power). Il faut préciser que l’événement en question est organisé à Houston dans le Texas, haut lieu du secteur de l’énergie aux Etats-Unis d’Amérique.
Selon les responsables de l’Agence américaine, cet événement permettra aux délégations invitées de rencontrer des entreprises américaines proposant des technologies et des services liés au GNL et au gaz naturel afin de soutenir des projets d’infrastructure dans la région. A noter que l’Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA) est le fer de lance du gouvernement américain en matière de développement des infrastructures essentielles sur les marchés émergents. Elle contribue à la réalisation des priorités stratégiques communes des États-Unis et de leurs partenaires internationaux, tout en créant des opportunités pour le déploiement de solutions américaines éprouvées. L’USTDA finance les travaux techniques préliminaires qui accélèrent le développement des projets d’infrastructure, les aidant ainsi à attirer les financements nécessaires à leur mise en œuvre et à l’acquisition de biens et de services américains.
Maroc, eldorado énergétique
Le Royaume continue ainsi de susciter l’intérêt des grands pays dans le domaine de l’énergie à l’instar des Etats-Unis. En effet, le Maroc s’est doté d’une véritable stratégie en la matière. Un protocole d’accord stratégique a été signé le 26 mars 2024 entre le ministère de l’intérieur, le ministère de l’économie et des finances, le ministère de l’équipement et de l’eau et le ministère de la transition énergétique et du développement durable pour le lancement de la feuille de route de l’infrastructure gazière. Ce protocole associe également cinq organismes et sociétés publics, à savoir : l’Agence nationale des ports « ANP », l’Office national de l’électricité et de l’eau potable « ONEE », l’Office national des hydrocarbures et des mines « ONHYM », la société Nador West Med S.A. « NWM », ainsi que la Société nationale
des autoroutes du Maroc «ADM». Le programme de développement durable des infrastructures gazières, qui s’étendra sur plusieurs années, vise à doter le Royaume de plusieurs points d’entrée pour l’importation de gaz naturel liquéfié (GNL), ainsi que d’infrastructures de stockage et de transport du gaz naturel.
Il s’inscrit dans la continuité de l’engagement constant du Royaume du Maroc en faveur de la consolidation de sa souveraineté énergétique, la décarbonation de son économie et la connectivité dans les marchés régionaux et mondiaux. Il vise à renforcer la coordination des pouvoirs publics en vue de la mise en œuvre accélérée d’un programme de développement d’infrastructures gazières durables. Ce programme devra renforcer, à terme, l’accélération du développement des énergies renouvelables, le déploiement de l’Offre Maroc pour les nouvelles filières de l’hydrogène vert et de ses dérivés, et le développement du projet du Gazoduc Afrique-Atlantique. Dans la nouvelle stratégie énergétique marocaine, le port de Nador fait office de véritable pivot. Après le succès international de Tanger Med, devenu le premier hub portuaire d’Afrique et de Méditerranée, le nouveau projet Nador West Med vient prolonger cette ambition Royale de bâtir un système portuaire national performant et complémentaire, au service de la compétitivité de l’économie nationale, de la création d’emplois et du développement équilibré des territoires. Conçu comme un projet intégré, il repose sur un complexe portuaire de nouvelle génération, adossé à une vaste plateforme industrielle, logistique et énergétique. Il a mobilisé à ce jour des investissements publics et privés de 51 milliards de dirhams. Sur le volet portuaire, l’ensemble des infrastructures de base sont aujourd’hui réalisées et comprennent 5,4 km de digues, 4 km linéaires de quais et 4 postes énergétiques.
Nador West Med déploie également une offre nouvelle d’un hub énergétique comprenant le premier terminal de gaz naturel liquéfié du Royaume, pour une capacité annuelle de 5 milliards de m3, ainsi qu’un terminal hydrocarbures. Cette composante stratégique répond directement aux impératifs de souveraineté énergétique du Royaume.
Gazoduc
Infrastructures.
La directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), Amina Benkhadra, a annoncé récemment à Reuters par courriel qu’un accord intergouvernemental (IGA) sur le projet de Gazoduc Nigeria-Maroc de 25 milliards de dollars sera signé cette année. Il s’agit d’un projet stratégique pour toute l’Afrique de l’Ouest puisque le Gazoduc s’étendrait sur 6.900 km avec une capacité maximale de 30 milliards de mètres cubes (Gmc), dont 15 Gmc destinés à approvisionner le Maroc et à soutenir les exportations vers l’Europe, apprend-on auprès de la même source. «Le pipeline, qui bénéficie du soutien de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a achevé ses études de faisabilité et ses études d’ingénierie préliminaires (FEED). Suite à l’accord intergouvernemental, une autorité de haut niveau pour le pipeline sera créée au Nigeria, réunissant des représentants ministériels de chacun des 13 pays participants afin d’assurer la coordination politique et réglementaire», a déclaré Mme Benkhadra. «Une société de projet sera également créée au Maroc sous forme de coentreprise entre l›ONHYM et la Nigerian National Petroleum Company (NNPC) pour diriger la phase d’exécution, de financement et de construction», a-t-elle ajouté. «Ce Gazoduc stimulerait l’intégration économique en Afrique de l’Ouest en développant la production d’électricité et en facilitant le développement industriel et minier, tout en aidant le Maroc à se positionner comme un pont énergétique entre l’Afrique et l’Europe», a-t-elle poursuivi, rapporte Reuters. «Les premiers segments du projet relieraient le Maroc aux gisements gaziers de Mauritanie et du Sénégal, et connecteraient le Ghana à la Côte d’Ivoire plus au sud, avant qu’un segment final ne relie le Ghana aux gisements gaziers du Nigeria», a-t-elle précisé. «Les premières productions de gaz issues des phases initiales sont attendues en 2031», a déclaré Mme Benkhadra.









