Les deux pays s’activent pour renforcer leur coopération avec le Royaume avec tout un continent en toile de fond
Coopération: Le Royaume : se trouve au centre d’une rivalité naissante entre plusieurs acteurs asiatiques désireux de s’implanter durablement au Maroc et en Afrique. Eclairage.
L’Extrême-Orient courtise le Maroc. Si l’Europe et les Etats-Unis d’Amérique sont les principaux partenaires du Royaume pour des raisons historiques et géographiques, l’Asie s’invite dans une nouvelle donne géostratégique. Il y a tout d’abord la Chine mais également et surtout le Japon et la Corée. En dépit de la distance sur le plan géographique, ces deux pays sont devenus au fil du temps des partenaires solides. C’est le cas notamment pour le Japon. Les entreprises du pays du Soleil Levant sont fortement implémentées au Royaume depuis des décennies. Le hic, c’est qu’elles sont de plus en plus concurrencées par les entreprises issues de la Chine et surtout la Corée. Alors les autorités japonaises ont décidé d’agir. Il y a deux semaines, le Japon a officialisé sa décision de consacrer l’autonomie sous souveraineté marocaine et compte agir conformément à cette position aux niveaux diplomatique et économique. Le Japon s’est ainsi félicité de l’adoption, le 31 octobre 2025, de la résolution 2797 du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui affirme qu’«une véritable autonomie, sous souveraineté marocaine, pourrait être une solution des plus réalisables».

Une délégation des douanes coréennes était en visite au Maroc.
Cette position a été exprimée dans le communiqué conjoint signé par le ministre des affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, et son homologue japonais, Motegi Toshimitsu, lors d’une visioconférence tenue, à l’occasion de la commémoration du 70ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Royaume du Maroc et le Japon. Pour concrétiser dans les faits de cette nouvelle position, M. Toshimitsu a indiqué, à cette occasion, que «le Japon est prêt à agir y compris aux niveaux diplomatique et économique, en tenant compte de sa position et de l’évolution actuelle de la situation». Quelques jours après cette annonce, le Japon a dépêché au Maroc une responsable importante dans la direction générale de la politique commerciale internationale. En effet, Takako Tsujisaka, directrice générale adjointe chargée de la politique commerciale internationale au Bureau de la politique commerciale du ministère japonais de l’économie, du commerce et de l’industrie, a été reçue par son homologue marocain en présence de Masahiro Nakata, ambassadeur du Japon au Maroc. Les discussions ont porté sur les moyens de renforcer le partenariat industriel et économique entre le Maroc et le Japon, notamment en explorant les perspectives d’investissements japonais dans les secteurs industriels prometteurs du Maroc, dans le cadre d’une vision commune alliant l’excellence technologique japonaise au potentiel industriel et géographique considérable du Maroc. Ces consultations interviennent à un moment où la diversification économique, la résilience et l’approfondissement de la coopération sont devenus des priorités essentielles sur la scène mondiale. Ce partenariat dépasse le simple cadre commercial ; il représente un véritable levier pour la transformation économique, le développement d’investissements conjoints et l’établissement d’une relation stratégique durable entre les deux nations.
«From Seoul with love»
Sur son chemin, le Japon sait qu’il y aura d’autres pays asiatiques concurrents. Il s’agit bien évidemment de la Corée. Il y a quelques jours, l’agence d’information Yonhap a annoncé que la Corée du Sud et le Maroc ont convenu de coopérer étroitement en vue du lancement rapide des négociations pour un accord de partenariat économique global bilatéral (CEPA), a déclaré, mercredi, le ministère du commerce de Séoul. Selon la même source, le ministre du commerce, Yeo Han-koo, et Omar Hejira, secrétaire d’État auprès du ministre de l’industrie et du commerce, ont tenu une réunion par visio-conférence pour explorer les moyens d’élargir la coopération économique et lancer des négociations pour un accord de partenariat économique global (CEPA). «Les deux parties ont convenu de lancer prochainement les négociations relatives à l’accord de partenariat économique global (CEPA), celui-ci servant de catalyseur à la coopération économique bilatérale. Yeo a déclaré que l’accord de partenariat économique global (CEPA) entre la Corée du Sud et le Maroc aidera les entreprises coréennes à diversifier leurs activités et à étendre leur champ d’action commercial», a précisé l’Agence. Les responsables coréens veulent aller très vite.

Takako Tsujisaka, directrice générale adjointe chargée de la politique commerciale internationale au Bureau de la politique commerciale du ministère japonais de l’économie, a fait le déplacement au Maroc.
D’ailleurs, l’ambassadeur Yoon Young-jin a rencontré, mardi 12 mai, une délégation de l’Agence des douanes coréenne, au cours de laquelle il a assisté à une présentation sur l’avancement des projets à l’étranger menés par l’Agence, ainsi que sur les projets de coopération en cours avec l’administration douanière marocaine. Les deux parties ont souligné l’importance de la coopération douanière pour renforcer le partenariat économique entre la Corée et le Maroc et soutenir les activités des entreprises coréennes. Elles ont également échangé leurs points de vue sur les moyens de renforcer cette coopération à l’avenir. Les autorités diplomatiques de la République de Corée comptent continuer d’apporter leur soutien actif à la coopération entre les autorités douanières des deux pays, afin de soutenir les activités des entreprises coréennes et à renforcer les relations d’amitié et de coopération entre la Corée et le Maroc. Il faut préciser que la Corée et le Japon sont très performants dans les domaines de la mobilité, l’énergie, le nucléaire, le dessalement, notamment la technologie des membranes d’osmose mais également le domaine militaire. Dans ce sens, le Japon a annoncé son intention de lever les dernières barrières à l’exportation d’armes en vigueur depuis des décennies. Cette décision représente un changement historique ouvrant la voie à l’exportation d’armes, ce qui pourrait déboucher sur une rupture avec la politique pacifiste en vigueur dans ce pays depuis la Deuxième Guerre mondiale.
Exportations

Bilan: Les cinq premiers exportateurs coréens ont représenté près de 44% des exportations totales du pays au premier trimestre, selon des données officielles publiées dimanche. Ces cinq entreprises, parmi lesquelles Samsung Electronics et SK hynix, ont réalisé ensemble 95,7 milliards de dollars d’exportations entre janvier et mars, soit 43,5% du total national, établi à 219,9 milliards de dollars, d’après les chiffres du ministère des données et des statistiques relayés par l’agence Yonhap.
Cette concentration s’explique notamment par la forte demande mondiale en puces mémoire, stimulée par l’essor de l’intelligence artificielle, qui continue de soutenir les expéditions des grands groupes technologiques coréens. La part des cinq premiers exportateurs a ainsi bondi de 14,8 points de pourcentage par rapport aux 28,7% enregistrés à la même période de 2025, soulignant la dépendance croissante de l’économie coréenne à quelques grands conglomérats pour tirer ses ventes à l’étranger. Sur un an, les exportations de ces cinq entreprises ont augmenté de 50 milliards de dollars au premier trimestre, contribuant à elles seules à 82,8% de la croissance totale des exportations du pays sur la période.
Faits marquants
Autonomie
Le Japon a officialisé sa décision de consacrer l’autonomie sous souveraineté marocaine et compte agir conformément à cette position aux niveaux diplomatique et économique.
Accord commercial
L’agence d’information Yonhap a annoncé que la Corée du Sud et le Maroc ont convenu de coopérer étroitement en vue du lancement rapide des négociations pour un accord de partenariat économique global bilatéral (CEPA).
Défense
Le Japon a annoncé son intention de lever les dernières barrières à l’exportation d’armes en vigueur depuis des décennies.










