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Industrie ferroviaire : Les wagons fret «Made in Morocco» sur les rails

© D.R

La Société chérifienne de matériel industriel et ferroviaire présente le premier prototype du programme de réalisation de 350 wagons

Transports : Le Maroc confirme ses ambitions dans le domaine de l’industrie ferroviaire avec un nouveau programme de fabrication de wagons fret. Les détails.

L’industrie ferroviaire se transforme en une véritable locomotive dans le domaine de mobilité au Maroc. Le Royaume multiplie les programmes et projets à coups de milliards dans le secteur appelé à jouer un rôle de premier choix dans la stratégie du «Made in Morocco». Les responsables misent principalement sur la fabrication du matériel roulant avec un projet stratégique dans le secteur du transport des marchandises. En effet, la Société chérifienne de matériel industriel et ferroviaire (SCIF) présente le premier prototype du programme de réalisation de 350 wagons fret, avec un taux d’intégration locale atteignant 56 %. «Dans ce cadre, une délégation présidée par Mohamed Rabie Khlie, directeur général de l’ONCF, a effectué une visite au sein du site industriel de la SCIF afin de s’enquérir de l’état d’avancement du programme stratégique portant sur la réalisation de 350 wagons fret, et de découvrir le premier prototype développé dans le cadre d’un marché de plus de 522 millions de dirhams», expliquent les responsables. Et de poursuivre: «Ce projet d’envergure traduit une ambition partagée visant à consolider la souveraineté industrielle nationale et à renforcer un écosystème ferroviaire performant, innovant et compétitif. Avec un taux d’intégration locale de 56 %, ce programme contribue à la valorisation du savoir-faire marocain et à la promotion du «Made in Morocco» dans des filières industrielles à forte valeur ajoutée». Le management de l’Office affirme qu’à travers ce partenariat stratégique, l’ONCF poursuit la modernisation et le renforcement de ses capacités logistiques afin d’accompagner le développement du transport ferroviaire de marchandises et de soutenir la dynamique économique du Royaume.

Fret

Le fret et la logistique représentent l’un des principaux axes de développement dans le secteur avec le maintien d’une dynamique de croissance soutenue. Selon le rapport annuel 2025 de l’Office, le chiffre d’affaires de l’activité marchandise a atteint 744 millions de dirhams, marquant une croissance de 6% par rapport à l’année précédente. Cette performance, principalement due à la bonne dynamique du transport des conteneurs et des produits énergétiques, a porté sur un volume global de 9 millions de tonnes, soit une augmentation de 6% par rapport à l’année précédente. En parallèle, le transport des phosphates a connu un véritable rebond, dépassant les 14,2 millions de tonnes, ce qui représente une progression de plus de 12% par rapport à l’année précédente, et a généré un chiffre d’affaires de 1,245 MMDH représentant une hausse de 10%. Il est à rappeler que l’Office continue à optimiser ses charges d’exploitation, propulsant son EBITDA à 2,173 MMDH en 2025, contre 1,949 MMDH en 2024. L’année 2025 marque, également, le retour de l’Office à un résultat d’exploitation positif. Il est désormais capable d’absorber intégralement les charges d’amortissement des infrastructures. Excluant ces amortissements, le résultat d’exploitation serait positif de 1,3 MMDH. De même, en neutralisant l’ensemble des charges de capital liées aux infrastructures, le résultat net atteint près de 878 MDH.

Projet futur

Au delà des performances économiques et financières, le Maroc ambitionne de bâtir une industrie ferroviaire importante pour les années à venir. Dans ce sens, le Maroc avait finalisé l’attribution des marchés relatifs à son programme d’acquisition de nouveaux trains, pour une enveloppe globale de 29 milliards de dirhams. Ce programme d’acquisition de 168 trains nouvelle génération vise d’une part à renouveler la flotte existante, et d’autre part à accompagner la croissance du trafic ainsi que les projets de développement initiés à l’horizon 2030, notamment l’extension de la Ligne à Grande Vitesse de Kénitra à Marrakech, et le développement de nouveaux services ferroviaires de proximité type «RER» dans les principales régions du Royaume.

L’attribution des marchés d’acquisition de trains était intervenue à l’issue d’un processus concurrentiel, mené durant plus d’une année sous forme d’un dialogue compétitif avec les principaux constructeurs de l’industrie ferroviaire mondiale. Ainsi, trois marchés ont été attribués aux entreprises ayant formulé les offres les mieux-disantes et économiquement les plus avantageuses : marché relatif à l’acquisition de 18 Trains Grande Vitesse, attribué au groupement constitué de la société française Alstom Transport SA et d’Alstom Railways Maroc; marché relatif à l’acquisition de 40 Trains Intervilles, attribué à la société espagnole Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles (CAF); marché relatif à l’acquisition de 110 Trains RER (Trains Navette Rapides et Métropolitain), attribué à la société sud-coréenne Hyundai Rotem. Conformément aux exigences de l’ONCF, ces marchés sont assortis d’engagements de compensation industrielle avec le développement d’activités industrielles au Maroc en accompagnement de l’écosystème industriel ferroviaire national, et ce compris la mise en place d’une usine locale de fabrication de trains de proximité dans la perspective de développer l’ambition export des trains à moyen et long termes. Par ailleurs, des partenariats de maintenance des trains acquis sur une période pluriannuelle seront conclus. L’attribution de ces marchés a également été accompagnée par la mobilisation de financements très concessionnels par les partenaires des pays d’origine, couvrant l’intégralité du montant des marchés.

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