Industrie militaire : Bientôt un écosystème local

Industrie militaire : Bientôt un  écosystème local

Mise en place d’un plan d’incitations pour drainer les investissements

Le décret fixe les mesures permettant l’exercice des activités de fabrication des matériels et équipements liés à ce domaine, ainsi que les opérations d’importation, d’exportation et de transport y afférentes.

Pour son industrie militaire, le Maroc voit grand. C’est une véritable feuille de route qui vient d’entrer en vigueur pour la mise en place d’un écosystème local. En effet, le décret relatif à l’application de la loi relative aux matériels et équipements de défense et de sécurité, aux armes et aux munitions vient d’être publié au Bulletin officiel. Pour rappel, ce décret avait été adopté lors du dernier Conseil des ministres au cours duquel SM le Roi, Chef suprême et Chef d’État-major général des Forces Armées Royales, avait donné son approbation pour deux projets de décret relatifs respectivement à l’application de la loi relative aux matériels et équipements de défense et de sécurité, aux armes et aux munitions, et de celle ayant trait à la cybersécurité. Dans le détail, le décret fixe les mesures permettant l’exercice des activités de fabrication des matériels et équipements liés à ce domaine, ainsi que les opérations d’importation, d’exportation et de transport y afférentes. Concrètement, l’Etat va mettre en place une commission nationale pour étudier et délivrer les autorisations pour les sociétés désirant se lancer dans la fabrication locale.

Investissements

Pour son industrie militaire, le Royaume veut ratisser large en fixant trois listes des armes couvertes par la loi en question. Des listes qui vont des fusils aux avions, en passant par les véhicules blindés et matériels de télécommunications. La commission nationale va ainsi instruire les dossiers détaillés des potentiels investisseurs qui devront contenir des informations sur les dirigeants et actionnaires en plan du business model avec une description précise du projet et sa faisabilité technique et son financement. Dans ce sens, le Maroc compte mettre en place un système d’incitations à l’instar des autres domaines industriels. Ainsi, une commission d’investissement de l’industrie de la défense, présidée par le ministère en charge de l’Administration de la défense nationale, et composée des ministères de l’intérieur, des finances, et de l’industrie, va définir les incitations et offrir un accompagnement pour les investisseurs sans oublier les missions de contrôles des engagements pris par les opérateurs dans le cadre des accords conclus avec l’Etat.
Il faut dire que depuis deux décennies, le royaume s’est engagé dans une politique de modernisation de son arsenal militaire. Acteur majeur de la paix, le Maroc participe ou a déjà participé à des missions de maintien de la paix dans différentes zones en Europe, ainsi qu’en Afrique. Une présence internationale qui fait des FAR un véritable gage de paix et de professionnalisme. Avec l’ouverture sur l’industrie militaire, le Maroc franchit une nouvelle étape avec le soutien de ses alliés. Pour rappel, le royaume est l’un des principaux alliés des États-Unis en dehors de l’Otan. Les deux pays viennent d’ailleurs d’organiser les plus grandes manœuvres militaires à l’échelle du continent, Africain lion 2021 avec la participation de nombreux autres pays.

Avions

La flotte marocaine F16 des Forces royales air (FRA) sera toute portée au standard Viper, l’un des modèles les plus performants du célèbre chasseur américain. Si un nouveau escadron sera fabriqué dans les usines de Lockheed Martin sur le sol américain, un autre escadron des FRA sera modernisé directement par les ingénieurs marocains au Royaume.

En effet, le département de la Défense américain via l’US Air Force avait attribué un contrat à Lockheed Martin, le constructeur du F-16, pour la fabrication de 24 F-16V, dans les usines de Lockheed Martin à Greenville, en Caroline du Sud et à Fort Worth, au Texas. Mais l’accord en question prévoit également l’octroi de 23 kits Viper F16 pour moderniser ses actuels F-16 marocains. Concrètement, la modernisation des 23 F-16B pour atteindre le standard Viper sera entièrement assurée par des Marocains au Maroc. Plus concrètement encore, des ingénieurs marocains feront le déplacement aux USA pour prendre part à la transformation d’un F16B au standard Viper. La seconde étape consistera bien évidemment à la transformation de pas moins de 22 appareils à la «Base Ecoles des Forces royales air et l’Ecole royale de l’air, Marrakech» par des militaires marocains.

Accord

La coopération stratégique entre le Royaume du Maroc et les États-Unis d’Amérique a été couronnée, en octobre 2020, par la signature d’un mémorandum d’entente traçant la feuille de route décennale «2020-2030», pour la consolidation des relations bilatérales dans le domaine de la défense.

Il y a quelques jours, le général d’armée James C.McConville, chef d’état-major de l’armée de Terre des États-Unis d’Amérique, avait été reçu, respectivement par le ministre délégué auprès du chef de gouvernement, chargé de l’Administration de la défense nationale et le général de corps d’armée, inspecteur général des Forces armées royales (FAR), sur Hautes instructions royales.

Les responsables ont exprimé leur satisfaction quant à la densité, la durabilité et l’excellence des relations de coopération bilatérale, à travers les actions de formation et d’échanges d’expériences et à travers la tenue régulière des exercices conjoints, en particulier l’exercice «African Lion 2021», dont la 17° édition est la meilleure concrétisation du niveau élevé d’interopérabilité atteint par les forces des deux pays.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *