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La question kabyle sous tension

La rencontre organisée entre le gouvernement et les délégués de Kabylie, jeudi soir, a été qualifiée de « pont historique entre l’Etat et le citoyen », par le porte-parole du comité préparatoire de cette réunion, Salim Alilouche. Les débats avaient pour mission d’examiner les moyens de mise en oeuvre de la plate-forme d’El Kseur, et notamment la question de la «constitutionnalité » de la langue tamazight. Annoncée par le président Bouteflika, celle-ci pourrait être effective dans les prochains mois. Devant les délégués Aarouchs des wilayas d’Alger, de Tizi-Ouzou, de Bejaia, de Bouira et de Boumerdes, le chef du gouvernement, Ali Benflis, a quant à lui salué les participants qui « ont affiché leur entière disponibilité à dialoguer avec le gouvernement sans préalable aucun ». Le leader de l’exécutif a par ailleurs affirmé lors du second jour de discussion que « le dialogue avec les représentants des Aarouchs reste ouvert, y compris avec ceux qui n’ont pas assisté à la rencontre » de jeudi soir. Un rendez-vous qui a en tout cas abouti à la décision de mettre en place les commissions de travail sur les différents axes de la plate-forme d’El Kseur. Benflis en a profité pour souligner que «la crise qui prévaut en Kabylie, ne sert ni le citoyen, ni l’Etat». Son « devoir en tant que citoyen et en tant que chef du gouvernement » serait « de faire en sorte que les Algériens soient réunis (…) pour trouver la solution à la crise en Kabylie, une région qui a besoin de paix et de stabilité». Une paix qui n’était pas vraiment au rendez-vous, de violents affrontements ayant en effet éclaté jeudi à la mi-journée à Tizi Ouzou, la capitale de la Kabylie, à 110 km à l’est d’Alger, entre les gendarmes de la brigade locale et plusieurs dizaines de manifestants. Ces derniers entendaient protester contre cette rencontre, prévue dans la soirée à Alger, entre le chef du gouvernement-arouchs concernant la plate-forme dite d’El-Kseur. Ce document adopté dans la localité de la région de Béjaia, 250km à l’est d’Alger, date du 11 juin dernier et comporte 15 points de revendications des manifestants de Kabylie que le gouvernement doit absolument entériner s’il veut un retour au calme. La plate-forme d’El-Kseur découle en effet de la révolte qui avait éclaté le 18 avril dernier à la suite de la mort de Ghermah Massinissa. Ce jeune lycéen est décédé dans une gendarmerie de Béni Doula, près de Tizi Ouzou. Pendant les trois mois qui avaient suivi, des émeutes avaient embrasé toute la région, et avaient fait une soixantaine de morts et plus d’un millier de blessés. Les radicaux des Aarouchs, opposés à toute négociation avec le pouvoir, avaient organisé ce jeudi un rassemblement qui a tourné aux jets de pierres, et aux gaz lacrymogènes. Ce même jour, d’autres affrontements ont également eu lieu en Kabylie, notamment devant la gendarmerie d’Azazga, à 20km au sud de Tizi Ouzou.

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