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L’aviation arabe trace sa feuille de route depuis Rabat

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Assemblée générale de l’Association des compagnies aériennes arabes

Avenir
Rabat accueille la 58ème assemblée générale de l’Association des compagnies aériennes arabes (AACO). Organisée par Royal Air Maroc, cette conférence a rassemblé plusieurs acteurs du secteur aérien arabes et mondiaux pour débattre de l’avenir du transport aérien.

L’Association des compagnies aériennes arabes (AACO) a tenue du 3 au 5 novembre 2025 sa 58ème assemblée générale à Rabat. Placée sous le Haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et organisée par Royal Air Maroc, cette conférence a rassemblé plus de 300 hauts responsables et experts issus du secteur aéronautique arabes et mondiaux. Cette assemblée a également vu la participation des directeurs généraux des compagnies membres de l’AACO, ainsi que des compagnies partenaires et des représentants des principaux constructeurs d’avions et de moteurs, des fournisseurs de technologies de l’information et d’autres partenaires stratégiques de l’industrie. Le coup d’envoi des cessions a été donné durant la matinée du 4 novembre 2025, suivi d’un panel de dirigeants de compagnies aériennes, consacré aux grands défis et aux tendances majeures qui façonnent l’avenir du transport aérien. Lors de cet événement, Abdelhamid Addou, président-directeur général de Royal Air Maroc et président de la 58ème assemblée générale de l’AACO, a rappelé que la dernière assemblée générale annuelle de l’AACO accueillie par Royal Air Maroc fut la 49ème édition, organisée en novembre 2016. «Au fil des années, ce sommet annuel de l’aviation arabe est devenu un événement phare de notre industrie : un forum où dirigeants et décideurs se réunissent pour échanger des idées, relever ensemble les défis communs et façonner l’avenir du transport aérien dans le monde arabe. Il constitue une plateforme unique pour célébrer nos réussites, renforcer notre coopération et définir une vision commune fondée sur l’innovation, la croissance et la durabilité. Aujourd’hui, notre secteur entre dans une ère déterminante. Le transport aérien dans le monde arabe poursuit son expansion, porté par une forte demande passagers, des flottes modernisées et des stratégies de développement ambitieuses. Toutefois, cet élan s’accompagne de nouveaux défis comme la hausse des coûts opérationnels, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, les retards de livraison d’avions, la transformation technologique et l’impératif urgent de durabilité», affirme-t-il. Pour sa part, Abdul Wahab Teffaha, secrétaire général de l’AACO, a fait un état des lieux du secteur indiquant que l’aviation mondiale a renoué avec la croissance. «Après avoir traversé une période difficile entre 2020 et 2022, l’industrie du transport aérien a pleinement retrouvé son dynamisme», explique-t-il. Le secteur enregistre des chiffres historiques sur plusieurs fronts. D’une part, le taux d’occupation des sièges a atteint 83,5 % en 2024. D’autre part, les résultats financiers des compagnies aériennes affichent une nette amélioration. Pour 2025, les prévisions demeurent optimistes. En effet, le trafic passagers mondial devrait progresser de 5,8% par rapport à 2024, tandis que le taux d’occupation moyen atteindrait 83,9%. Les compagnies arabes, quant à elles, anticipent une hausse de 4,3% du trafic passagers et une amélioration du taux d’occupation des sièges, passant de 80,56 % en 2024 à 82,3 % en 2025. Sur le plan financier, les marges opérationnelles des transporteurs mondiaux s’élèvent à 6,4 % en 2024 et devraient atteindre 6,7 % en 2025. Les compagnies arabes se distinguent avec des marges plus élevées, estimées à 8,4 % en 2024 et projetées à 12,2 % en 2025. Mais cette reprise s’accompagne de défis majeurs. Le secteur fait face à une pression croissante sur les chaînes d’approvisionnement. La demande d’appareils auprès des constructeurs a explosé, passant de moins de 7.000 avions en 2019 à 17.000 en 2024, alors que seules 1.422 ont été réalisées en 2024 moins qu’en 2019 où le nombre d’avions livrés était de 1.611. Résultat : la part d’avions hors service est passée de 44,9 % en 2019 à 40,6 % en 2024. La tendance est similaire dans le monde arabe, où ce taux a reculé de 14,9 % à 8 % sur la même période. «Cela traduit un vieillissement progressif des flottes, entraînant une hausse des coûts de maintenance, une consommation de carburant accrue et, par conséquent, un impact environnemental plus marqué», relève le responsable. Parmi les autres défis évoqués figurent le retour des tarifs douaniers sur le fret aérien, les tensions géopolitiques persistantes et l’impératif de durabilité, désormais au cœur des priorités du secteur. Par ailleurs et malgré les défis persistants dans la chaîne d’approvisionnement, les politiques commerciales restrictives et l’incertitude qui plane sur le paysage géopolitique, l’industrie aérienne devrait rester rentable en 2025. Selon les données de l’Association, l’industrie devrait enregistrer son plus important bénéfice opérationnel depuis 2015 en 2025, atteignant 66 milliards de dollars américains.