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Le Maroc et la Banque mondiale négocient un partenariat décennal

© D.R

Une délégation de la BM entame une visite au Royaume pour rencontrer les responsables marocains

Financement: Changement de méthode en vue concernant le partenariat entre le gouvernement marocain et la Banque mondiale avec une délégation qui se trouve actuellement au Royaume. Premières indiscrétions.

La valse des bailleurs de fonds internationaux continue. Après le Fonds monétaire international (FMI) qui vient de terminer sa mission de consultation avec le Maroc, c’est au tour de la Banque mondiale d’entamer des discussions avec le Maroc. Les deux parties s’acheminent vers un partenariat décennal. C’est ce qui ressort de l’intervention de Mustapha Ndiaye, directeur régional de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, au cours d’une réunion. M. Ndiaye a profité de l’occasion pour féliciter le gouvernement marocain et l’ensemble des acteurs nationaux pour leur gestion efficace des récentes inondations, saluant l’efficience de la coordination et de la mobilisation sur le terrain face à cette situation exceptionnelle. Dans les détails, les discussions ont porté sur la mise à jour du cadre de partenariat entre le Maroc et la Banque mondiale, cette dernière ayant élaboré une nouvelle approche décennale, en remplacement de la précédente approche quinquennale. Cette nouvelle approche renforce la vision stratégique à long terme, tout en soulignant l’importance d’une coordination accrue entre les différents secteurs.

Le directeur régional de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte vient d’avoir une première réunion au ministère de l’équipement et de l’eau à Rabat. Cette rencontre a permis d’examiner comment la Banque mondiale pourrait soutenir les efforts de développement du secteur de l’eau au Maroc, de passer en revue les grandes orientations stratégiques adoptées par le pays dans ce domaine et d’explorer les perspectives de renforcement de la coopération conjointe à court et moyen termes. Dans ce sens, le ministre Nizar Baraka a passé en revue les principales réformes et projets structurels en cours, notamment la révision du Plan national de l’eau et la mise à jour de la Stratégie nationale selon une approche territoriale tenant compte du changement climatique. Il a également évoqué l’élaboration d’un atlas des zones inondables, mené en partenariat avec divers acteurs, l’Agence nationale des eaux et des forêts et les Agences de bassins hydrauliques. Le ministre a souligné que le Plan national de l’eau accorde une importance particulière au développement des ressources en eau non conventionnelles, en particulier le dessalement de l’eau de mer et la réutilisation des eaux usées traitées, comme solutions stratégiques pour faire face au stress hydrique.

Secteurs prioritaires

Concernant la modernisation de la gestion des ressources en eau, l’accent a été mis sur l’importance de généraliser l’utilisation des compteurs intelligents, la Banque mondiale prévoyant d’allouer environ 10 millions de dollars à cette initiative. La région d’Errachidia sert de projet pilote, avec l’installation de 110 compteurs intelligents dans le cadre d’un projet pilote de gestion intégrée de l’eau, que le ministère envisage d’étendre à d’autres régions. Par ailleurs, un plan à l’horizon 2026 pour la conclusion de nouveaux contrats relatifs aux aquifères, dans le cadre du renforcement de la gouvernance durable des ressources en eaux souterraines, a été mis en avant. Concernant les infrastructures, l’état d’avancement des projets liés au port de Nador West Med, avec des financements de la Banque mondiale, a été examiné, sachant que le rythme de mise en œuvre satisfaisant a été souligné.

M. Ndiaye a réaffirmé la pleine disponibilité de la Banque mondiale à soutenir et à accompagner les projets et programmes au Maroc, en participant activement et de manière continue à leurs phases de planification et de mise en œuvre. Si l’eau et les infrastructures sont au cœur du partenariat bilatéral, l’énergie est également une priorité. Dans ce sens, la Banque mondiale met en avant dans un récent article intitulé «Le Maroc, moteur de la transition énergétique du transport maritime mondial», la transformation engagée au niveau national en vue de faire du Royaume un hub majeur de production, de stockage et de soutage de carburants verts à base d’hydrogène (aujourdhui.ma). Pour la Banque mondiale, le Maroc, grâce à sa position géographique stratégique, ses ressources abondantes en énergies renouvelables et son potentiel de production d’hydrogène à faible coût, est bien placé pour répondre à la demande croissante au niveau mondial de services de transport maritime, tout en gérant ses émissions de manière responsable. La Banque mondiale met également l’accent sur le caractère distinctif des ressources marocaines en énergies renouvelables.

Elles sont placées, selon l’article, parmi les meilleures au monde constituant la base d’une production d’hydrogène vert à grande échelle et à faible coût. «Selon les estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le Maroc pourrait produire de l’hydrogène vert à un coût compris entre 1,5 USD et 2,5 USD par kg d’ici 2050. Il faut préciser que les réunions entre les responsables marocains et la délégation de la Banque mondiale devraient se poursuivre au cours des prochains jours. Des réunions qui interviennent quelques jours après l’annonce de l’achèvement des consultations par les services du FMI pour l’année 2026 au titre de l’article IV avec le Maroc. Le FMI a souligné à l’issue de ce rendez-vous la forte dynamique de croissance qui devrait se poursuivre en 2026, soutenue par l’investissement public et privé ainsi qu’une production agricole robuste.

Pour le FMI, la poursuite de la bonne performance des recettes, conjuguée à une réorientation des priorités en matière de dépenses, permettrait de dégager des marges pour accroître l’investissement dans le capital humain, et contribuerait à reconstituer les marges budgétaires. De même, la même source a appelé à tirer profit des opportunités offertes par l’accélération de l’investissement public, ce qui nécessite une gestion prudente des risques et un investissement accru dans le capital humain, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation (voir encadré).

Consultations

Mission. Du 29 janvier au 11 février, une équipe du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Laura Jaramillo s’est entretenue avec les autorités marocaines dans le cadre des consultations au titre de l’article IV pour l’année 2026. À l’issue de la mission, Mme Jaramillo a fait la déclaration suivante : « La croissance économique en 2025, estimée à 4,9 %, a été stimulée par la vigueur des secteurs agricoles et de la construction ainsi que des services.

Cette dynamique devrait se poursuivre en 2026, avec une croissance projetée à 4,9 %, soutenue par l’investissement public et privé ainsi qu’une production agricole solide à la suite d’une pluviométrie exceptionnelle. L’inflation globale a atteint en moyenne 0,8 % en 2025, reflétant une faible inflation alimentaire, et devrait progressivement augmenter pour atteindre environ 2 % d’ici mi‑2027, portée par les précédentes baisses du taux directeur et le renforcement de la dynamique de la croissance.

Compte tenu de la forte composante des importations présentes dans les investissements publics accrus, le déficit du compte courant devrait se creuser de façon modérée, en dépit d’une augmentation des recettes touristiques, et serait financé en partie grâce à la hausse des IDE. Le niveau des réserves internationales demeure adéquat. Les risques pesant sur les perspectives économiques sont de manière générale équilibrés. Ils portent sur un éventuel ralentissement de la zone euro, une volatilité des prix des matières premières. »

Partenariat

Vision stratégique

La nouvelle approche retenue avec la Banque mondiale devrait renforcer la vision stratégique à long terme, tout en soulignant l’importance d’une coordination accrue entre les différents secteurs.

Eau

La Banque mondiale explore les pistes pour soutenir les efforts de développement du secteur de l’eau au Maroc, de passer en revue les grandes orientations stratégiques adoptées par le pays dans ce domaine et d’explorer les perspectives de renforcement de la coopération conjointe à court et moyen termes.

Energie

Pour la Banque mondiale, le Maroc, grâce à sa position géographique stratégique, ses ressources abondantes en énergies renouvelables et son potentiel de production d’hydrogène à faible coût, est bien placé pour répondre à la demande croissante au niveau mondial.

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