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Le Maroc fait barrage à la pénurie d’eau

Hausse du budget, mesures d’urgence, mobilisation de ressources alternatives… Les détails des mesures gouvernementales

Malgré les nombreux acquis de la politique nationale de l’eau, de nombreux défis et contraintes subsistent, principalement liés à l’impact du changement climatique et à la raréfaction de l’eau qui en découle.

Aziz Akhannouch décrète la mobilisation générale face aux défis de l’eau. C’est ce qui ressort de l’intervention du chef de gouvernement devant les députés. Suite aux Hautes instructions royales, le gouvernement compte prendre à bras-le-corps la question des ressources hydriques. M. Akhannouch qui répondait, en effet, aux questions des parlementaires au sujet de la problématique de l’eau dans le cadre de la séance mensuelle de questionnement sur la politique générale, a dévoilé la stratégie en détail de son équipe gouvernementale.

«Le gouvernement est pleinement mobilisé à déployer les mesures d’urgence nécessaires afin d’éviter au Maroc de rentrer dans «une crise de l’eau» en renforçant les investissements pour faire face à la menace de stress hydrique que le Royaume a connu ces dernières années, et pour épargner au pays les pires scénarios dans ce domaine», a affirmé M. Akhannouch. Et de poursuivre: «La vision éclairée de Sa Majesté a accordé une attention particulière à cette question, à travers ses directives royales visant à préserver et valoriser les ressources en eau de telle sorte à assurer le bien-être des générations actuelles et futures». Pour le chef de gouvernement, malgré les nombreux acquis de la politique nationale de l’eau, de nombreux défis et contraintes subsistent, principalement liés à l’impact du changement climatique, à la raréfaction de l’eau qui en découle et à son impact tangible sur l’environnement et la santé humaine, compte tenu de la montée vertigineuse des températures à laquelle le monde a assisté ces dernières années, en particulier dans les pays du bassin méditerranéen.

Riposte gouvernementale

Face à cette situation, le chef de gouvernement a fait savoir qu’en application des Hautes instructions royales, le gouvernement s’attachera à gérer la raréfaction de la ressource en eau en œuvrant à la mobilisation de ses ressources et à l’amélioration de la gouvernance de son système, en restructurant la politique de l’eau et en assurant une bonne coordination entre les différentes parties prenantes, afin de renforcer l’efficacité et l’harmonie entre les acteurs, et assurer une répartition équitable des ressources en eau entre les différentes parties, avec une mise en œuvre stricte du programme de construction de barrages, de dessalement de l’eau de mer, et le traitement des eaux usées et des eaux pluviales. Selon le chef de gouvernement, «le Maroc se doit d’anticiper les changements à venir, en veillant à améliorer le contenu du Plan national de l’eau de l’année 2050, sur la base des directives royales et des recommandations du Nouveau modèle de développement, tout en le dotant des mécanismes de gouvernance, de suivi et d’évaluation nécessaires pour assurer son efficacité, sachant que ce schéma coûtera environ 383 milliards de dirhams sur les 30 prochaines années, dont une grande partie sera financée par l’Etat».

«Ce plan devrait contribuer, à l’horizon 2050, à mobiliser 4,5 milliards de mètres cubes d’eau supplémentaires, en poursuivant la politique des grands barrages, en mettant en œuvre des projets de liaison des bassins pour assurer une gestion souple des ressources en eau, en collectant les eaux pluviales et en complétant avec les petits barrages et les lacs collinaires. Ceci, en accompagnant le développement territorial avec le développement du dessalement de l’eau de mer avec une capacité de production pouvant atteindre un milliard de mètres cubes par an, la réutilisation de 340 millions de mètres cubes par an des eaux usées traitées, et la réduction du taux d’envasement des barrages de 10 à 20 % grâce à la préparation des bassins d’eau», a-t-il poursuivi.

Mesures d’urgence

Des mesures gouvernementales urgentes ont été prises. Selon le gouvernement, la priorité est d’assurer la disponibilité de l’eau potable dans les zones touchées, en particulier au niveau des bassins de la Moulouya, de Oum Errabie et du Tensift et de faire face avec fermeté aux différents effets négatifs résultant de la sécheresse, tels que l’exode rural et les dommages sur les chaînes de production agricole.

M. Akhannouch a, dans ce sens, indiqué que le gouvernement a mis en place un programme d’urgence pour faire face au problème de la rareté de l’eau, pour lequel il a alloué une enveloppe financière de 3 milliards de dirhams, pour tous les bassins touchés par les pénuries d’eau, en plus de la signature d’un ensemble de conventions entre les différentes parties prenantes pour surmonter les conséquences du déficit hydrique.

Ces mesures concernaient quatre bassins hydrauliques, dont le bassin de l’Oum Errabie, de Tensift, de la Moulouya et du Drâa-Tafilalet, pour un coût total estimé à 2,335 milliards de dirhams.

C’est le titre de la boite

La vision 2020-2027

Le chef de l’Exécutif a indiqué que le gouvernement s’emploiera à actualiser et à accélérer la mise en œuvre des grands axes du Programme d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027, signé devant Sa Majesté le Roi en janvier 2020.
« Les investissements seront renforcés en portant les dotations financières allouées au programme de 115,4 à 150 milliards de dirhams, pour pallier le retard pris dans la réalisation de certains projets, et en présenter d’autres comme l’achèvement de la deuxième tranche de l’usine de dessalement d’Agadir, qui est programmée pour 2025 au lieu de 2030 », a t-il annoncé. Les recommandations approuvées par le comité de pilotage, récemment réuni pour ce programme, seront soumises à l’examen attentif de Sa Majesté le Roi pour obtenir sa Haute approbation. Aussi, le gouvernement travaille au développement de l’approvisionnement national en eau en renforçant la politique des barrages, alors que les travaux de 20 grands barrages se poursuivent pour un coût total estimé à environ 31 milliards de dirhams avec une capacité de stockage de 6,4 milliards de mètres cubes.

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