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Le Maroc teste les sous-marins «drones»

© D.R

Utilisation d’un engin autonome au large de l’océan Atlantique dans le cadre de l’African Lion 2026

Défense. Le Royaume inaugure l’ère des submersibles autonomes en testant un premier engin dans le cadre des dernières manœuvres militaires organisées au Maroc. Immersion.

La modernisation des forces navales se poursuit au Maroc où les FAR misent sur l’innovation et les dernières technologies. Dans ce sens, les FAR (Forces Armées Royales) ont eu l’occasion de s’entraîner à l’utilisation des engins submersibles autonomes. Des images filmées au cours de l’exercice African Lion 26, au large d’Agadir, au Maroc, le 7 mai 2026 dernier, montrent l’utilisation d’un sous-marin autonome. Dans les détails, les mêmes images montrent des militaires marocains qui se préparent à plonger pour observer le véhicule sous-marin autonome Iver3-580 dans le cadre de l’exercice African Lion 26.

Cet exercice a mis au défi des forces navales multinationales pour planifier et mener des opérations dans les domaines de la guerre conventionnelle, le déni d’accès maritime et de la reconnaissance sous-marine par des drones, afin de développer les procédures opérationnelles communes et l’interopérabilité indispensables à la sécurité maritime collective et à la stabilité régionale. Cet engin est présenté par L3Harris Technologies, l’un des principaux fournisseurs de technologies militaires pour le Maroc. Les engins Iver sont représentés comme des produits issus de la première famille de véhicules sous-marins autonomes (AUV) abordables développés commercialement et conçus dans un souci de portabilité et de facilité d’utilisation.

Les sous-marins autonomes (AUV) sont parfaitement adaptés aux applications côtières, notamment au développement de capteurs, aux travaux de levés topographiques généraux, et à la sécurité sous-marine. (D.R)

Ces AUV sont parfaitement adaptés aux applications côtières, notamment au développement de capteurs, aux travaux de levés topographiques généraux, à la sécurité sous-marine, à la recherche et à la surveillance environnementale. «Les Iver 3-580 modernes sont portables par une seule personne et offrent une planification de mission intuitive par simple clic. La gamme Iver propose le plus large choix de capteurs et de sonars de pointe, ainsi qu’un système ouvert de dernière génération permettant aux utilisateurs d’ajouter des extensions logicielles au véhicule sans nécessiter de conception sur mesure», indique-t-on chez les développeurs de l’engin.

La liste de ces caractéristiques est assez longue: Système ouvert de pointe; paramètres de sécurité matures et éprouvés; doté d’une planification de mission intuitive par pointer-cliquer; planification de mission et lecture des données en quelques minutes; conception robuste et compacte pour une utilisation sur le terrain; lancement et exploitation depuis la côte; durée de fonctionnement prolongée; large choix d’options sonar haute résolution… L’engin peut ainsi atteindre une profondeur de 200 m en plus d’une endurance de 5 à 6 heures à une vitesse de 2,5 nœuds (selon la charge utile et le courant). Il peut être propulsé avec une batteries lithium-ion rechargeable de 800 Wh.

Ces logiciels embarqués permettent une planification de mission et visualisation des données; la création d’images à partir des enregistrements de balayage latéral et de fichiers KMZ pour Google Earth ainsi que la création d’images à partir des données bathymétriques.

Technologie de pointe
Le Maroc continue de faire le pari des technologie de pointe dans le domaine militaire. Dans ce sens, un document de la Force opérationnelle de l’armée américaine pour l’Europe du Sud montre comment l’African Lion 26 s’est conclu par une série d’événements complexes et axés sur la technologie. «Mené par la Force opérationnelle américaine pour l’Europe du Sud et l’Afrique (SETAF-AF), en collaboration avec les Forces armées royales marocaines et une coalition de plus de 40 pays partenaires, l’exercice AL26 a démontré l’envergure, la rapidité et l’adaptabilité nécessaires pour relever les défis sécuritaires actuels.

Cet exercice a réuni des forces multinationales, des institutions universitaires et plus de 30 partenaires industriels américains afin de tester des capacités émergentes dans des scénarios réalistes et sous haute pression», lit-on dans le document. « Cet exercice interarmées de pointe a illustré l’avenir de la guerre à travers des scénarios multidomaines, notamment la défense en profondeur, les frappes en profondeur et une contre-attaque coordonnée », a déclaré le sergent-major Patrick Jeffrey, de la direction G7 de la SETAF-AF. « En intégrant le commandement et le contrôle assistés par l’intelligence artificielle, les systèmes autonomes, le renseignement avancé, la surveillance et la reconnaissance, ainsi que les systèmes aériens sans pilote, nous modernisons et employons la puissance de combat. » Ces capacités ont été mises en pratique à chaque phase de l’exercice, démontrant ainsi leur impact dans des scénarios réels. « Durant la phase de défense, des réseaux multicouches de capteurs, d’intercepteurs de drones et de systèmes anti-drones ont constitué un rempart avancé et technologique qui a freiné les manœuvres ennemies et préservé les forces amies », a déclaré le sergent-major Jeffrey. « En profondeur, les forces d’opérations spéciales ont synchronisé le renseignement, la surveillance et la reconnaissance (ISR), les munitions rôdeuses et les effets de lancement aérien pour neutraliser les centres de commandement et les systèmes de défense aérienne adverses, ouvrant ainsi des couloirs pour des tirs de précision.

L’exercice a culminé avec une contre-attaque combinée, où des systèmes de brèche télécommandés et des plateformes d’appui-feu autonomes ont permis aux forces de manœuvre de prendre l’initiative avec un risque réduit pour le personnel. » Au-delà de l’exécution tactique, l’exercice AL26 a servi de banc d’essai pour l’intégration de technologies de pointe directement dans les environnements opérationnels. Les partenaires industriels ont collaboré avec les militaires pour tester des systèmes d’IA, des plateformes autonomes et des outils de communication avancés, accélérant ainsi le passage du concept à la capacité opérationnelle.

Exercice combiné maroco-américain
IA. L’exercice combiné maroco-américain «African Lion 2026» a été clôturé à Cap Drâa (au nord de Tan-Tan), par la réalisation de manœuvres militaires aériennes et terrestres auxquelles ont participé des unités des Forces Armées Royales (FAR) et des forces américaines. Cet exercice militaire s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi, Chef Suprême et Chef d’Etat-Major Général des Forces Armées Royales (FAR). Lors de ces manœuvres, qui se sont déroulées en présence du Général de Corps d’Armée Mohammed Berrid, Inspecteur Général des FAR et Commandant la Zone Sud, et du Général d’Armée Dagvin Anderson, Commandant du Commandement américain pour l’Afrique «AFRICOM», les unités militaires ont exécuté des manœuvres terrestres et aériennes structurées autour de vignettes multidomaines de «défense dans la profondeur», d’«attaque dans la profondeur» et de «contre-attaque», ce qui transforme le paradigme de génération, d’emploi et de soutien de la puissance de combat par la force interarmées. Cette édition de «African Lion» s’est distinguée par l’emploi avancé de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies, notamment les systèmes C2, les systèmes anti-drones et les drones. Dans le cadre de «la défense dans la profondeur», des opérations terrestres appuyées par l’artillerie ont été menées afin de ralentir la progression de l’ennemi potentiel, parallèlement à des manœuvres aériennes impliquant un bombardier américain B-52, appuyé par des F-16 marocains. Dans une déclaration à la presse, le Général d’Armée Dagvin Anderson a tenu à souligner que cet exercice dépasse largement sa dimension militaire, le qualifiant de «symbole du partenariat stratégique de longue date entre les États-Unis et le Maroc», ainsi que d’une reconnaissance du rôle de leadership du Royaume en Afrique et sur la scène internationale.

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