Le Rassemblement National des Indépendants (RNI) hausse le ton à l’approche des prochaines échéances électorales. Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion de son Bureau politique, tenue mardi 25 août 2026 sous la présidence de Mohamed Chouki, le parti fait état de « pressions » et de tentatives « d’attraction » visant plusieurs de ses parlementaires, élus et responsables et met directement en cause le Parti Authenticité et Modernité (PAM).
Le Bureau politique dit ainsi avoir enregistré avec une « vive préoccupation » les pratiques auxquelles seraient soumis, depuis plusieurs semaines, certains responsables et élus du parti. Il estime que ces agissements portent atteinte « au choix démocratique et à la crédibilité de l’action politique » et avertit que leur poursuite risque d’éroder la confiance des citoyens dans les partis et, plus largement, dans l’ensemble du processus politique.
Dans son communiqué, le RNI établit un lien direct entre ces pratiques et le PAM. Le parti considère qu’elles interviennent dans un contexte où les formations politiques avaient pourtant convergé, lors des consultations consacrées aux prochaines échéances, sur la nécessité de garantir la probité, la transparence et l’égalité des chances.
Le Bureau politique pointe à cet égard ce qu’il qualifie de « contradiction flagrante » entre les engagements affichés en faveur de règles communes destinées à garantir l’intégrité de la compétition électorale et certaines pratiques observées sur le terrain. Une contradiction qui, précise le communiqué, s’est manifestée « en particulier dans la relation entre le Rassemblement National des Indépendants et le Parti Authenticité et Modernité ».
Huit noms cités par le RNI
Le communiqué va plus loin en donnant des exemples précis. Le Bureau politique affirme avoir constaté la présentation comme candidats de plusieurs responsables dont certains avaient déjà été annoncés par le RNI pour les prochaines échéances, tandis que d’autres exerceraient toujours des mandats électifs sous ses couleurs.
Le parti cite nommément Abdelhay Hartoun, Mohamed Jamani, Zineb Simou, Othmane Badel, Manal Badel, Bouchra El Ouardi, Abdelhafid El Mekouti et Abdelkader El Hadouri.
Le RNI évoque également la situation dans la région de Dakhla, où il relève des changements d’appartenance ayant d’abord concerné d’autres composantes de la majorité avant, selon lui, de toucher à leur tour des élus du Rassemblement. Pour le Bureau politique, cette évolution traduit une logique qui tend à réduire la compétition politique à la mobilité des candidats « au lieu de la compétition autour des projets, des idées et des programmes ».
Selon le communiqué, la multiplication des cas, leur fréquence et la similitude des méthodes employées ne permettraient désormais plus de les considérer comme des situations individuelles ou isolées. Le RNI affirme même que les tentatives d’approche auraient concerné un membre de son Bureau politique, ce qui, à ses yeux, dépasse le cadre des changements ordinaires d’appartenance partisane et touche aux règles régissant les relations entre formations politiques ainsi qu’à l’indépendance de leurs structures.
« Les élections sont une compétition entre des visions »
Au-delà de la défense de ses propres élus, le RNI entend placer le débat sur le terrain de la crédibilité du processus politique. Le Bureau politique considère en effet que la portée de telles pratiques ne se limite pas à un parti, mais concerne « l’image de l’action politique et la crédibilité des institutions partisanes auprès des citoyens ».
« Les élections sont, dans leur essence, une compétition entre des visions et des choix politiques que chaque parti présente aux Marocains », souligne le communiqué, qui rappelle que le verdict doit revenir « aux urnes et à la volonté des électeurs ». Les prochaines échéances doivent ainsi, selon le RNI, être l’occasion de confronter les programmes, les idées, les projets et les bilans plutôt qu’une « course autour des personnes » ou une compétition pour attirer les candidats des autres formations.
Le parti invoque également le cadre constitutionnel en rappelant que le choix démocratique ne constitue pas une règle circonstancielle liée aux seules périodes électorales mais l’une des constantes sur lesquelles repose la vie constitutionnelle du Royaume. Il en déduit que le respect de l’indépendance des partis, de la volonté des citoyens et de l’intégrité de la compétition engage la responsabilité de l’ensemble des acteurs politiques.
Le parti se réserve le droit de recourir aux procédures légales
Le RNI prévient par ailleurs qu’il n’entend pas rester sans réaction. Tout en appelant à une vigilance particulière durant les différentes étapes du processus électoral afin de garantir l’intégrité de la compétition et l’égalité des chances, le parti affirme se réserver « l’intégralité de ses droits » pour adopter les positions qu’il jugera nécessaires et engager les procédures prévues par la loi, afin de protéger son organisation, ses militants et la pratique démocratique.
Le Bureau politique assure toutefois que le RNI ne répondra pas par les mêmes méthodes. Le parti affirme vouloir aborder les prochaines échéances en s’appuyant sur « son bilan, son programme, ses femmes et ses hommes et la force de son organisation », tout en plaçant sa confiance dans la capacité des électeurs à départager les différentes offres politiques.
Cette dimension électorale occupe d’ailleurs une place importante dans le communiqué. Mohamed Chouki y met en avant la dynamique de terrain du parti et ses rencontres avec les citoyens autour de son programme pour l’avenir, « Dignité et opportunités pour tous ». Selon le président du RNI, « la confiance politique ne se demande pas seulement lors des échéances » mais se construit dans la durée par « la présence, la clarté, l’action et la capacité à apporter des réponses ».
En conclusion, le Bureau politique affirme que le Maroc a fait de la démocratie « un choix solidement ancré et irréversible » et estime qu’il n’y a plus de place pour le retour de pratiques dépassées par l’évolution des institutions et la maturation de l’expérience politique nationale. Le RNI dit ainsi vouloir rester attaché à une compétition politique « loyale et responsable » et s’en remettre, en dernier ressort, au jugement des Marocains.










