Les grandes lignes de la nouvelle charte de l’investissement dévoilées

Les grandes lignes de la nouvelle charte de l’investissement dévoilées

Sa présentation au Conseil de gouvernement est imminente

La nouvelle charte de l’investissement sera incessamment présentée au Conseil de gouvernement. La confirmation a été faite par Mohcine Jazouli, ministre délégué auprès du chef du gouvernement, chargé de l’investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, lors de son oral lundi 10 janvier 2022 devant la Chambre des représentants. Cette nouvelle version intervient après 10 ans d’attente. Elle tient compte des contraintes relevées par les 65 ébauches ayant été élaborées dans ce cadre. «Cette nouvelle version se caractérise par son contenu clair et lisible par les investisseurs ainsi que par la mise en place d’un nouveau système d’appui visant à renforcer les incitations d’investissement pour rendre l’offre marocaine plus compétitive», explique Mohcine Jazouli.

Parmi les autres caractéristiques relevées par le ministre délégué on cite : l’élargissement de la cible des bénéficiaires pour intégrer les Très petites et moyennes entreprises dans le système d’appui adressé aux investisseurs. La nouvelle charte se distingue, par ailleurs, par une forte cohérence entre les orientations stratégiques royales, les recommandations du nouveau modèle de développement et le programme gouvernemental et ce en mettant l’accent sur les investissements créateurs d’emploi, sur l’équité territoriale dans la réalisation des investissements ainsi que l’encouragement de l’investissement dans des secteurs prometteurs tels que les énergies renouvelables, les industries, et les nouvelles technologies de la communication. «L’impératif de la relance économique exige de nous de tracer une stratégie nouvelle qui vise à inverser la répartition actuelle entre investissement public et investissement privé et à stimuler l’investissement privé», explique le ministre délégué.

L’objectif étant de porter la part de l’investissement privé à l’horizon 2035 aux deux quarts des investissements globaux contre un quart actuellement. Une orientation qui répond aux propositions émises dans le cadre du nouveau modèle de développement. Se référant à Mohcine Jazouli, la vision de son département ministériel, fraîchement créé, se veut claire et précise. L’engagement étant de capitaliser sur les acquis de ces deux dernières décennies en termes d’investissement qui couvre aujourd’hui 30% du PIB national, soit un taux qui dépasse largement la moyenne mondiale qui est de l’ordre de 20%.

Il est également question de préserver la dynamique positive des investissements directs étrangers au niveau national et de les renforcer. Autre engagement pris, celui d’orienter les investissements vers les priorités stratégiques du pays, en l’occurrence la création de l’emploi, l’amélioration de la valeur ajoutée, l’équité territoriale et la souveraineté nationale. Ce nouveau cap exige par ailleurs de lever un bon nombre de défis à l’instar des problématiques liées au foncier, aux procédures administratives, au coût de l’énergie, au capital humain, au financement, aux infrastructures, à la logistique et aux transports ainsi qu’aux marchés publics. «La levée de ces contraintes globales est une responsabilité partagée de toutes les parties prenantes, d’où l’importance du rôle que jouera notre département ministériel pour garantir les synergies entre tous les acteurs pour améliorer le climat des affaires».

Le ministre délégué rappelle par ailleurs que l’atteinte de ces objectifs est tributaire d’un certain nombre de mécanismes visant à améliorer le climat des affaires national. Le chantier ouvert dans ce sens porte sur la réforme du cadre réglementaire de la mobilisation du foncier, sur la modernisation des zones industrielles dans toutes les régions, la simplification des procédures d’urbanisme en intégrant la dimension économique ainsi que la révision et réforme de plusieurs textes de loi.

Citons dans ce sens la loi 13-09 relative aux énergies renouvelables, la loi organique 111-14 relative aux régions, la loi 55-19 relative à la simplification des procédures et des formalités administratives, la loi 47-18 portant réforme des Centres régionaux d’investissement et création des Commissions régionales unifiées d’investissement ainsi que le décret n° 2-17-618 portant Charte nationale de la déconcentration administrative.

20 à 30 milliards de dirhams à injecter par les MRE

Les Marocains du Monde ont un rôle important à jouer dans cette nouvelle dynamique des investissements qui s’opère au niveau national. Mohcine Jazouli a fait part de l’ambition de son département d’encourager davantage la communauté marocaine résidant à l’étranger à investir davantage dans son pays d’origine. L’engagement étant d’injecter 20 à 30 milliards de dirhams à court terme ainsi que d’améliorer le taux d’investissement ciblant les secteurs productifs. Le ministre a dans ce sens rappelé le saut quantitatif observé en termes de transferts d’argent en dépit du contexte de crise qui sévit depuis près de deux ans au niveau national et mondial. Les envois de fonds des MRE se sont hissés à fin 2021 à 100 milliards de dirhams contre 70 milliards de dirhams en 2020. Notons que 10% des transferts enregistrés l’an dernier ont été canalisés vers l’investissement. Ainsi, 8 milliards de dirhams ont été investis dans le secteur immobilier et 2 milliards de dirhams dans les secteurs productifs.

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