Les médecins privés traînent Lhoussaine Louardi en justice

Les médecins privés traînent Lhoussaine Louardi en justice

Les médecins privés ont fini par mettre leurs menaces en exécution. Le Syndicat national des médecins du secteur libéral vient d’attaquer en justice Lhoussaine Louardi, ministre de la santé. Recourant au tribunal administratif de Rabat, les médecins libéraux contestent l’accord permettant aux médecins du secteur public de travailler dans le privé. «Le syndicat a accueilli avec étonnement la décision du ministre de la santé de permettre aux médecins du secteur public d’exercer dans les cliniques privées.

Une décision traduite par la signature d’un accord entre le syndicat indépendant des médecins du secteur public et le ministère de tutelle», a déclaré à ALM Mohamed Naciri Bennani, président du Syndicat national des médecins du secteur libéral. En effet, cet «accord» acté en janvier 2013 autorise dans son article 3 les médecins dépendant du ministère de la santé d’exercer dans le secteur privé «tant que cela n’impacte pas la continuité des services de garde et de permanence», lit-on dans un communiqué conjoint signé par le ministère de la santé.

Pour M. Naciri, il s’agit d’une grave violation aux dispositions légales stipulées dans le code de la médecine et la loi de la fonction publique de 1958 qui interdit aux fonctionnaires d’exercer dans le privé. «Aussi, une telle décision porte-t-elle atteinte à la déontologie de la médecine», s’insurge-t-il.

Pour les médecins privés, cet accord est officieux et n’a aucune portée juridique dans la mesure où il ne protège pas les médecins publics en cas de complication lors de leur exercice dans le privé. «Preuve en est l’incident de Settat impliquant deux anesthésistes réanimateurs du public et qui ont exercé dans le privé. Ils ont rencontré des problèmes lors du déroulement d’une opération et ont été suspendus 6 mois sans aucune protection juridique», a expliqué M. Naciri. Ainsi aujourd’hui, en recourant à la justice, des médecins du secteur privé souhaitent voir l’annulation de cette décision et appellent au strict respect des lois organisant la profession.

Pour rappel, le 8 novembre dernier, le Conseil de gouvernement avait avalisé une décision du ministre de la santé interdisant aux médecins du secteur public d’exercer dans le privé, avant de revenir sur sa décision le 17 janvier, permettant ainsi aux médecins-enseignants de travailler dans le privé les soirs du vendredi et les week-ends (samedi et dimanche).

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