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Les révélations de James Baker

Trois mois après sa démission, l’ex-envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies au Sahara, James Baker, est sorti de son silence pour s’exprimer sur les sept années qu’il a passées à tenter de résoudre le conflit du Sahara. Dans une interview qu’il a accordée à la chaîne de télévision américaine PBS, l’ex-médiateur onusien a passé en revue toutes les démarches qu’il avait entreprises en ce qui concerne la question du Sahara et a passée en revue les différents plans de solution qui ont été proposés par lui ainsi que les positions des parties.
Dans cette interview, James Baker a d’abord révélé que l’affaire du Sahara n’avait pas un grand intérêt pour l’administration américaine du temps où il était secrétaire d’Etat américain aux affaires étrangères. «Quand Kofi Annan m’a contacté en 1997 pour éventuellement l’aider au sujet du Sahara occidental, j’ai dit, Kofi, le Sahara Occidental n’était pas un sujet de premier plan lorsque j’étais secrétaire d’Etat. En fait, je ne pense pas que cette question soit jamais parvenue au septième étage, pendant les quatre années où j’étais secrétaire d’Etat», a révélé l’ancien chef de la diplomatie américaine. Mais il avoue avoir accepté la mission qui lui avait été proposée par le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, uniquement parce qu’il pense que lorsqu’on a «l’expérience que j’ai dans la résolution des conflits, je pense que c’est une obligation de l’utiliser pour aider les gens, si on le peut». Sa mission était donc purement bénévole, selon lui. «J’ai travaillé pendant sept ans bénévolement. Je n’aurais accepté aucun dédommagement et, en fait, je n’ai même pas demandé le remboursement de mes dépenses », a-t-il révélé.
S’agissant des raisons qui l’ont poussé à démissionner, il a indiqué qu’il sentait qu’il était arrivé jusqu’au bout et qu’il ne pouvait plus rien apporter pour la résolution du conflit. «J’ai fait tout ce que je pouvais…pendant sept ans, et j’ai pensé, bon, peut-être faut-il laisser quelqu’un d’autre tenter le coup », a-t-il expliqué. Répondant à une question sur l’importance des enjeux pétroliers dans le conflit artificiel provoqué autour de l’intégrité territoriale du Maroc, l’ex-secrétaire d’Etat américain a expliqué qu’il ne pense que « le conflit va continuer indépendamment de la découverte de matières minérales » avant de rajouter que « s’il y a des indices pour une production économiquement viable, cela pourrait même faciliter finalement une solution politique mutuellement acceptable ». Toutefois, l’ex-médiateur américain a affirmé que « si on faisait des découvertes, cela pourrait rendre la question plus intéressante. Il n’y en a pas encore eues, à ma connaissance.
Je ne pense pas qu’il y aura des découvertes importantes». S’agissant de l’implication des Nations-unies dans la recherche d’une solution à ce conflit, James Baker a exclu une application de l’article 7 de la Charte de l’ONU qui donne le droit au Conseil de sécurité d’imposer une solution aux parties en conflit, expliquant que la question n’a pas une grande importance pour les membres permanents, ce qui les empêche de prendre des risques en soutenant la position de l’une ou l’autre partie. « Ce qui rend la question si difficile, c’est qu’elle a si peu d’importance que les membres du Conseil ne sont pas prêts à risquer d’abandonner soit le Maroc, soit l’Algérie en prenant une position déterminée », a-t-il dit, avant d’ajouter que « la vraie question, c’est qu’aucun membre du Conseil de sécurité n’est disposé à s’impliquer politiquement dans la question du Sahara occidental». Enfin, l’ex-envoyé personnel de Kofi Annan a révélé que l’Algérie lui avait effectivement proposé une partition du territoire du Sahara. «Les Algériens et d’autres m’ont présenté un livre blanc suggérant une division du territoire», a-t-il révélé, avant de rajouter que le Maroc avait refusé cette proposition.

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