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L’espagne europhile

L’espagne europhile

Pour ce premier référendum dans les pays de l’Union européenne, 76,73% des électeurs espagnols ont dit « oui » au texte de la Constitution de l’Union, contre 17,24 % de « non » et 6 % de bulletins nuls, selon les résultats officiels du ministère de l’Intérieur.
Ainsi, et par régions autonomes, les Catalans et les Basques ont été les moins enthousiastes à voter en faveur du texte. En Catalogne, seuls 64,64 % des électeurs ont voté pour la Constitution, alors que 28,07 % ont voté contre. Au Pays-Basque, 62,61 % seulement des votants se sont prononcés pour le texte, contre 33,66 % qui l’ont rejeté.
Après l’annonce des résultats définitifs, le Premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a qualifié le triomphe du « oui » de « catégorique ». « Les Espagnols ont fait l’Histoire en Europe », a-t-il dit. Le chef de l’opposition et secrétaire général du Parti populaire (PP), Mariano Rajoy, s’est félicité également de la victoire du « oui », regrettant toutefois le faible taux de participation. Mariano Rajoy a, notamment, rendu les socialistes responsables du manque d’intérêt des Espagnols envers le référendum et a accusé le Premier ministre, Zapatero, de s’être précipité en convoquant un référendum sur la Constitution européenne. « Il voulait être un modèle pour l’Europe et ce faible taux de participation suppose un échec », a-t-il dit dans une déclaration reprise par l’AFP. En effet, selon plusieurs sondages effectués à quelques jours du vote, neuf Espagnols sur dix disaient ignorer l’essentiel des 350 pages de la Constitution.
Côté réactions extérieures, la Commission européenne s’est félicitée de ce « signal fort » adressé aux autres Etats membres de l’Union, qui soumettront la Constitution au référendum. En France, où le débat sur la ratification s’annonce beaucoup plus vif qu’en Espagne, les partisans du « oui » ont salué l’issue de ce référendum, tandis que les opposants s’attelaient à mettre en exergue le poids de l’abstention. Le président Jacques Chirac, qui a participé à un meeting à Barcelone aux côtés de Zapatero, a évoqué « un symbole fort qui montre le chemin aux autres ».
Encouragés par la victoire du « oui » au référendum sur la Constitution européenne en Espagne, les partisans du traité espèrent maintenant un effet domino dans les autres pays de l’UE où les citoyens vont être appelés à se prononcer, à leur tour, dans les mois à venir. Sauf que l’absence d’enthousiasme des Espagnols, dont 57,68 % ont boudé les urnes, hier dimanche, alimente les inquiétudes quant à la mobilisation lors des futures consultations, notamment en France ou au Royaume-Uni où les scrutins s’annoncent des plus risqués. De ce fait, la vice-présidente suédoise de la Commission européenne, Margot Wallstroem, a mis en garde contre un trop plein d’enthousiasme prématuré. « Le taux de participation continue de représenter un défi. C’est une raison de plus incitant les gouvernements, les Parlements et les institutions européennes à intensifier la campagne, afin d’informer le public sur la Constitution », a-t-elle déclaré aux agences de presse.
La présente Constitution, sujette au référendum, a été signée le 29 octobre 2004 à Rome par les chefs des pays de l’Union européenne. Pour entrer en vigueur, la Constitution doit être ratifiée par les 25 pays membre avant l’été 2006. La Lituanie, la Slovénie et la Hongrie l’ont déjà ratifiée par voie parlementaire, alors que onze autres pays par voie de référendum.
Même s’il s’agit d’un référendum consultatif, puisque c’est le Parlement qui doit trancher en définitive, cette consultation tient lieu de test important pour les onze autres pays de l’Union qui ont annoncé l’organisation de consultations, dont les prochaines auront lieu au Portugal, le 10 avril, suivi par la France en mai.
Par ailleurs, la victoire du « Si » en Espagne reflète la confiance dont bénéficie le parti socialiste, indépendamment de la thèse qui voulait, au lendemain des attentats du 11 mars, que la victoire du PSOE soit tributaire des actes de terreur qui avaient secoué l’Espagne. En somme, les Espagnols ont réitéré leur soutien à ce parti capable de tirer le pays vers le haut.

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