Liberté de la presse: Freedom House accuse, le gouvernement conteste

Liberté de la presse: Freedom House accuse, le gouvernement conteste

La liberté de la presse est à son plus bas niveau. C’est le constat global qui ressort du rapport de l’ONG américaine  Freedom House sur la liberté de la presse dans le monde. Celle-ci place le Maroc dans la catégorie des pays «non libres».

Sur 197 pays, le Royaume est recalé à la 147ème place derrière l’Algérie qui occupe la 127ème position.  Notons que le Maroc a enregistré une légère amélioration par rapport à l’année précédente où il se situait à la 157ème place. Malgré ce bond de 10 places, le Royaume  vient néanmoins loin derrière la Mauritanie, reconnue comme étant le pays arabe où la liberté de la presse est la mieux respectée (95e), le Liban, la Tunisie (112e) ou le Koweït.

Dans le bas du classement, on retrouve la Syrie (189e), l’Arabie Saoudite (181e) et le Bahreïn (188e), Cuba (190e), Iran (192e) et la Corée du nord (197e). 

Sans grande surprise, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède arrivent en tête du classement et sont considérés comme les pays les plus libres. Selon l’ONG américaine, seulement 14% de la population mondiale a accès à des médias libres. Ce qui signifie que seulement  «une personne sur sept vit dans un pays où la couverture médiatique est solide, la sécurité des journalistes garantie, l’implication de l’État dans les médias minimale, et où la presse n’est pas la cible de fortes pressions juridiques et économiques», déplore l’ONG.  

La publication de ce rapport a été fortement contestée. Vendredi, lors d’un point de presse à l’issue du Conseil de gouvernement,  le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, a jugé que ce classement est «inéquitable»  et ne reflète pas la réalité  de la pratique journalistique au Maroc.  Le ministre n’a pas manqué de faire remarquer que  certains pays qui ont connu des arrestations de journalistes, saisies de journaux et fermetures de portails web, ont  été mieux classés que le Royaume, qui «n’a pas enregistré de telles décisions».

M. El Khalfi est allé encore plus loin  en soulignant que «le Maroc a tranché la question de la reconnaissance juridique de la presse électronique comme il a fixé des critères fondés sur la transparence, l’impartialité et le pluralisme pour ce qui est du soutien à la presse écrite». Un avis qui est loin d’être partagé par le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM).

Dans un rapport publié à la  veille de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le syndicat a vivement critiqué le bilan législatif pour garantir la liberté de la presse. Le président du SNPM, Younès Moujahid, a dénoncé le retard que prend la réforme du code de la presse en faisant  observer  que ni le code de la presse et de l’édition ni le statut du journaliste professionnel, ou encore la loi sur l’accès à l’information, n’ont été promulgués jusqu’à présent.

Ce dernier a également estimé que les établissements médiatiques publics «n’ont connu aucune nouveauté depuis les années 90»  tout en déplorant l’absence d’orientation vers une véritable réforme.

Classement RSF : Le Maroc mauvais élève

Le classement mondial de la liberté de la presse   publié en février 2014 par Reporters sans frontières (RSF)  avait révélé  une dégradation importante de la situation dans plusieurs pays dont le Maroc. Classé à la 136ème place loin derrière l’Algérie (121 e), le Maroc fait partie des mauvais élèves.  Dans son rapport, RSF avait indiqué que «les autorités marocaines, placées sous la houlette des islamistes depuis les élections de 2011, tardent à concrétiser les promesses des réformes annoncées depuis le référendum constitutionnel de 2011». Rappelons que ce classement  s’articule autour de sept indicateurs: le niveau des exactions, l’étendue du pluralisme, l’indépendance des médias, l’environnement et l’autocensure, le cadre légal, la transparence et les infrastructures.

 

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