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L’Union pour la Méditerranée a besoin d’un électrochoc

Le Maroc et la France doivent travailler ensemble pour ressusciter l’UpM, selon M. Bourita. D.R

L’organisation lancée en grande pompe en 2008 est entrée dans un état léthargique

Géopolitique : Dans un monde en pleine mutation, le Maroc compte donner un nouvel élan à l’Union pour la Méditerranée (UpM). L’organisation intergouvernementale qui devait rapprocher les deux rives de la Méditerranée effectue une longue traversée du désert. Diagnostic.

Il faut sauver le soldat UpM. L’Union pour la Méditerranée a pratiquement disparu des radars, ce qui pousse le Maroc à lancer un appel pour le renouveau de cette Union. Il faut préciser que l’UpM est une organisation intergouvernementale qui regroupe une quarantaine de pays dont les 27 Etats membres de l’Union européenne. Basée sur une coprésidence entre les rives sud et nord de la mer Méditerranée, l’UpM a pour objectif de promouvoir le dialogue et la coopération dans la région euro-méditerranéenne. Son siège est à Barcelone. Face à la situation actuelle, le Royaume compte agir. C’est ce qui ressort de l’intervention du chef de la diplomatie marocaine après ses entretiens il y a quelques jours avec son homologue français. Le Maroc et la France ont toute la légitimité et sont investis d’une responsabilité commune pour être sur le devant de la réflexion sur le renouveau de l’Union pour la Méditerranée, a affirmé, lundi dernier à Rabat, le ministre des affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita. «Le Maroc et la France doivent travailler ensemble pour faire renaître l’UpM qui se trouve aujourd’hui dans une situation de léthargie», a souligné M. Bourita lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre français de l’Europe et des affaires étrangères, Stéphane Séjourné, à l’issue de leurs entretiens.

M. Bourita a plaidé en faveur d’une appropriation par les pays membres de l’UpM de leur destin, loin de la mainmise, notamment financière, de la Commission européenne. D.R

Rappelant que le Maroc et la France ont joué un rôle clé dans le lancement de cette institution, M. Bourita a noté que le Royaume a incarné l’UpM à travers deux secrétaires généraux successifs et qu’il est aujourd’hui «le seul pays du Sud qui contribue financièrement au budget de l’Union sans oublier que c’est le pays qui a présenté le plus de projets pour être labellisés UpM». Après avoir énuméré la multitude de crises, de conflits ouverts ou latents que connaît la région, le ministre a pointé cette «géopolitique de la peur et du rejet qui prime, avec parfois des raccourcis dangereux et qui a commencé par les pressions migratoires», au sein de la Méditerranée et qui impacte le fonctionnement de l’UpM.

Le ministre a donné l’exemple des produits agricoles venus du Sud qui font l’objet d’attaques multiples, alors que l’UE en tire un excédent important au détriment du Maroc. Le même constat est valable pour ce qui est du libre-échange à la faveur duquel l’UE réalise un excédent de 10 milliards d’euros. Il a dans ce même contexte pointé «la stratégie hésitante» de l’Union européenne (vis-à-vis de son voisinage, estimant que cette posture est de nature à entraver toute relance du processus euro-méditerranéen. M. Bourita a enfin plaidé en faveur d’une appropriation par les pays membres de l’UpM de leur destin, loin de la mainmise, notamment financière de la Commission européenne, appelant les pays du Sud à assumer leur responsabilité pour la relance de cette institution.

Domaines prioritaires

Créé en 2010, le secrétariat général de l’Union pour la Méditerranée, basé à Barcelone, constitue l’institution opérationnelle et permet la mise en œuvre de ce dialogue régional entre les 42 Etats membres, sur la base d’une présidence conjointe nord-sud de l’UpM. Avec un secrétaire général à sa tête élu pour trois ans, le secrétariat général compte 60 personnes (diplomates, financiers et experts techniques ainsi que des gestionnaires de projet), issus de 20 pays de la région, ainsi que des représentants de la Commission européenne et des institutions financières internationales (telles que la Banque européenne d’investissement et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement) et nationales (comme la Caisse des dépôts).

En 2018, le troisième forum régional de l’UpM a été organisé à Barcelone, afin de célébrer les 10 ans de l’Union pour la Méditerranée. L’occasion de dresser un bilan de la coopération dans l’espace euro-méditerranéen et de mettre en évidence les domaines où l’UpM doit «redoubler d’efforts pour faire face aux enjeux présents et futurs». Des réunions thématiques ont régulièrement lieu, consacrées par exemple aux énergies vertes, à l’égalité des genres, à l’accès à l’eau ou encore à l’emploi. Au total, six domaines stratégiques sont prioritaires : le développement des entreprises, l’autonomisation des femmes et les affaires sociales, l’enseignement supérieur et la recherche, l’eau et l’environnement, le transport et le développement urbain, les énergies renouvelables et le changement climatique. Cependant, peu ou pas de résultats stratégiques ont été actés ces dernières années. Cela explique l’inquiétude des responsables concernant le sort de cette Union qui devait rapprocher les points de vue et consolider la coopération entre les deux rives de la Méditerranée. En novembre 2020, à l’occasion du 25e anniversaire du Processus de Barcelone, les États membres de l’UpM ont reconnu la nécessité de donner la priorité, dans les années à venir, à cinq domaines d’action dans lesquels l’UpM peut jouer un rôle crucial et fournir des avantages comparatifs vers une société post-pandémique durable, ouvrant la voie à la création de sociétés et d’économies plus résilientes dans la région. À partir de 2021, l’UpM a décidé de concentrer son activité sur certains domaines en particulier.

L’UpM est une organisation intergouvernementale qui regroupe une quarantaine de pays dont les 27 Etats membres de l’Union européenne. D.R

Il s’agit notamment de l’environnement et du climat avec une attention particulière accordée à la promotion d’économies durables, vertes, à faible émission de carbone et circulaires efficaces en termes de ressources, et à l’inversion de la perte dramatique de biodiversité dans la région méditerranéenne. Il est également question de l’intégration des nouvelles technologies dans les entreprises et les systèmes éducatifs afin de suivre et de s’adapter à l’innovation et à la concurrence. Cette tendance a été exacerbée lors de la pandémie Covid-19, qui a mis en évidence la fracture existante dans la région euro-méditerranéenne en termes d’accès et d’utilisation du numérique. L’UpM entend mettre la numérisation au service d’un développement économique intelligent, innovant et durable, qui facilitera également les liens commerciaux dans la région et pourrait devenir un outil essentiel pour lutter contre le chômage des jeunes.

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Plateforme opérationnelle

Union
Le Secrétariat général est la plateforme opérationnelle de l’UpM. Situé à Barcelone, il est l’organe qui permet de concrétiser les décisions prises par les États membres, par le biais de la préparation de réunions ministérielles, de la mise en œuvre de plateformes de dialogue régional et du développement de projets stratégiques régionaux. Le Secrétariat général est appuyé par six secrétaires généraux adjoints : trois sont nommés par les pays de l’UE et trois par les pays du Sud et de l’Est.

Les secteurs de l’UpM sont le développement économique et l’emploi, l’enseignement supérieur et la recherche, les affaires sociales et civiles (égalité des sexes et jeunesse), l’eau, l’environnement et l’économie bleue, les transports et le développement urbain, ainsi que l’énergie et l’action pour le climat. A noter que les ministres des affaires étrangères des États membres de l’UpM ont adopté, à l’occasion du 2e forum régional de l’UpM à Barcelone en 2017, une feuille de route pour renforcer la coopération régionale en Méditerranée et mettre en œuvre un agenda positif pour la région, en capitalisant sur son immense potentiel inexploité en particulier sur sa jeunesse.

Carte de visite

Objectif

Basé sur une coprésidence entre les rives sud et nord de la mer Méditerranée, l’UpM a pour objectif de promouvoir le dialogue et la coopération dans la région euro-méditerranéenne. Son siège est à Barcelone.

 

Composition

Le secrétariat général compte 60 personnes (diplomates, financiers et experts techniques ainsi que des gestionnaires de projet), issus de 20 pays de la région, ainsi que des représentants de la Commission européenne et des institutions financières internationales.

Feuille de route

Les ministres des affaires étrangères des États membres de l’UpM avaient adopté, à l’occasion du 2e forum régional de l’UpM à Barcelone en 2017, une feuille de route pour renforcer la coopération régionale en Méditerranée et mettre en œuvre un agenda positif pour la région.

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