Une conférence de 90 minutes a réuni les ambassadeurs des deux pays
Mondial 2026 : Organisée à Washington par l’Atlantic Council sous le thème «Le pouvoir du sport en diplomatie», une conférence-débat a réuni l’ambassadeur du Maroc aux États-Unis, Youssef Amrani, et l’ambassadrice du Brésil à Washington, Maria Luisa Ribeiro Viotti. À quelques jours de la rencontre très attendue entre les sélections marocaine et brésilienne en Coupe du monde, cet échange a mis en lumière le rôle grandissant du sport comme levier de dialogue, de rapprochement entre les peuples et de rayonnement international des nations.
La passion du football réunit les pays du monde entier lors de la Coupe du monde 2026. Pour la sélection marocaine, le premier match se jouera contre le Brésil et, à une semaine de la rencontre très attendue qui opposera les deux équipes nationales, les ambassadeurs des deux pays à Washington ont animé, sur près de 90 minutes, une conférence-débat sur le «Pouvoir du sport en diplomatie». Cette initiative a été organisée par le centre de réflexion américain Atlantic Council. A cette occasion, l’ambassadeur du Royaume aux États-Unis, Youssef Amrani, et l’ambassadrice du Brésil à Washington, Maria Luisa Ribeiro Viotti, ont fait valoir que les peuples des deux pays sont «unis» par une même passion du football, en soulignant que les relations Maroc-Brésil ont tous les atouts nécessaires pour se renforcer davantage, à la faveur des fortes convergences entre les deux pays et des complémentarités de leurs économies. Dans une intervention articulée autour de la place du sport comme levier d’influence, de rapprochement entre les peuples et de projection internationale des nations, M. Amrani a indiqué que le football «constitue aujourd’hui un langage universel capable de transcender frontières, cultures et clivages». Et de souligner: «Après près de cinquante ans de diplomatie, j’ai compris que le football peut ouvrir des portes et tisser des liens en 90 minutes que la diplomatie met parfois des années à construire. Le sport connecte instantanément. Il dépasse les frontières, les langues, les cultures et la politique ». S’exprimant sur la Coupe du monde 2026, M. Amrani a tenu à saluer le «travail remarquable» réalisé par les États-Unis en termes de préparatifs à ce « rendez-vous planétaire qui intervient dans un contexte hautement symbolique marqué par le 250e anniversaire des relations diplomatiques entre le Maroc et les États-Unis». Le diplomate marocain a mis en avant la portée historique de la Coupe du monde 2030 que le Maroc accueillera aux côtés de l’Espagne et du Portugal. Cette échéance, a-t-il précisé, consacre «le positionnement singulier du Royaume, tel que voulu par la Vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, faisant du Maroc un trait d’union entre l’Afrique, l’Europe, l’Atlantique et la Méditerranée».
Et d’ajouter : «Le Maroc, enraciné en Afrique, lié à l’Europe et ouvert sur l’Atlantique et la Méditerranée, est naturellement un pont entre les mondes. La Coupe du monde, c’est plus que des matchs : c’est rassembler, dialoguer, comprendre et démontrer que la coopération demeure possible dans un monde fragmenté». S’agissant de la stratégie sportive portée par le Royaume dans le sillage des Hautes orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l’ambassadeur a souligné que le Maroc a pris les devants depuis plusieurs décennies, à la faveur d’une vision ambitieuse fondée dès 2008 sur l’investissement dans les infrastructures sportives, le capital humain et le développement territorial. «Aujourd’hui, le Royaume récolte les fruits d’un travail sans relâche mené avec beaucoup d’abnégation, de structuration et d’ambition», a-t-il relevé mettant en avant les infrastructures de classe mondiale développées par le Royaume, la montée en puissance de l’Académie Mohammed VI de Football ainsi qu’une diplomatie sportive pleinement assumée comme outil de rayonnement et de transformation. Les résultats obtenus ces dernières années témoignent, selon M. Amrani, de la clairvoyance de cette vision stratégique faisant référence à la demi-finale historique de la Coupe du monde 2022 au Qatar, le sacre mondial des moins de 20 ans en 2025 au Chili ou encore la progression remarquable du football féminin marocain. Au-delà de la seule dimension sportive, l’ambassadeur a souligné que l’accueil de grandes compétitions internationales agit comme un puissant accélérateur de transformation économique et sociale, faisant désormais du sport « un investissement stratégique pour la jeunesse, le développement et le rayonnement international du Royaume ».
Evoquant les relations entre Rabat et Brasilia, M. Amrani a insisté sur les fortes convergences qui rapprochent le Maroc et le Brésil autour d’une même vision du multilatéralisme, du développement durable et du renforcement de la coopération Sud-Sud. Le diplomate a, par ailleurs, rappelé que le Maroc constitue aujourd’hui le deuxième partenaire commercial du Brésil en Afrique, tandis que le Brésil demeure pour le Royaume un partenaire majeur dans les domaines de l’agriculture, de la sécurité alimentaire, des engrais et de l’industrie. «La relation atlantique ne se limite plus à l’Amérique du Nord et à l’Europe. L’Atlantique Sud devient aujourd’hui un espace stratégique de coopération et de croissance », a-t-il souligné, tout en mettant en avant les fortes complémentarités entre les deux économies qui ouvrent la voie à une coopération stratégique porteuse de croissance, d’investissement et d’emplois.
Le sport apparaît, dans ce cadre, comme un puissant accélérateur de rapprochement humain, culturel et économique entre les nations, a-t-il relevé, notant que le Maroc conçoit aujourd’hui le sport comme un instrument d’influence mais également comme un vecteur de solidarité, de partenariat et de développement partagé. À quelques jours de la rencontre Maroc-Brésil, prévue le 13 juin au stade de New York/New Jersey, l’ambassadeur a conclu, dans ce sens, «que la meilleure équipe gagne. Mais quel que soit le score, le Maroc et le Brésil gagnent déjà ensemble à travers l’amitié, la coopération et une vision commune de l’avenir ». Pour sa part l’ambassadrice du Brésil à Washington, Maria Luisa Ribeiro Viotti, a expliqué comment le football constitue un puissant vecteur de rapprochement entre les peuples et un langage universel capable de créer des passerelles durables entre les cultures et les nations.
Elle a aussi salué le parcours remarquable du football marocain ces dernières années ainsi que l’élan suscité par la performance historique des Lions de l’Atlas lors du Mondial 2022, estimant que le Royaume incarne aujourd’hui « une nouvelle énergie du football mondial » et que le 13 juin sera sans aucun doute un match disputé et serré entre deux grandes nations, deux équipes talentueuses et deux partenaires historiques. L’ambassadrice a, de même, tenu à saluer le grand niveau de l’équipe nationale marocaine, qu’elle a qualifiée de «l’une des meilleures sélections au monde», relevant que les Lions de l’Atlas sont largement reconnus pour «leur intelligence tactique, leur discipline de jeu et leur efficacité en contre-attaque». De ce fait, la rencontre entre le Brésil et le Maroc promet un spectacle de haut niveau et suscite un vif intérêt auprès des supporters des deux nations, a-t-elle fait remarquer. Concernant la Coupe du monde 2030, co-organisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, Mme Ribeiro Viotti s’est dite convaincue que cette édition sera «un franc succès».










