Climat des affaires. Le Forum de Davos a été une occasion pour les responsables marocains d’aller à la rencontre des décideurs économiques. Eclairages.
Le Maroc était présent en force à la station suisse de Davos. La délégation marocain a rencontré les principaux décideurs économiques et financiers pour présenter les atouts du Royaume, devenu au cours des dernières années l’une des principales destinations des investissements étrangers en Afrique et Moyen-Orient. À Davos, le Maroc a donc affirmé une trajectoire claire : accélérer l’investissement productif, renforcer la compétitivité et consolider des partenariats internationaux à forte valeur ajoutée. Placée sous le thème « Investir au Maroc : stimuler l’innovation et la compétitivité mondiale », cette rencontre, organisée en partenariat avec Euronews, a réuni donc décideurs et partenaires autour d’une ambition commune : accélérer l’investissement, amplifier l’innovation et développer de nouvelles chaînes de valeur mondiales. Cette dynamique s’inscrit pleinement dans la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI plaçant l’investissement, l’ouverture économique et la montée en gamme industrielle au cœur de la transformation du Royaume. «Tout au long de la session, le message était clair : le Maroc se présente comme une économie stable, connectée et de plus en plus axée sur l’innovation, une économie qui souhaite participer à la solution alors que les schémas commerciaux mondiaux sont en train de se redéfinir. À Davos, l’argumentaire du Maroc ne se limitait pas à sa situation géographique ; il mettait l’accent sur sa capacité à concrétiser ses ambitions, à être compétitif et à nouer des partenariats à grande échelle. Pour les investisseurs en quête de rapidité, de résilience et d’un accès privilégié à de multiples marchés, le Maroc se veut la plateforme idéale pour transformer les ambitions en actions», explique Euronews. Selon la même source, «la séance s’est ouverte par Ali Seddiki, directeur général de l’AMDIE, qui a présenté les progrès du Maroc au cours des deux dernières décennies et demie comme un changement structurel décisif. Aujourd’hui, a-t-il affirmé, le Maroc figure parmi les pays les plus performants de la région en matière d’infrastructures de qualité, une transformation qu’il a attribuée à une vision royale mise en œuvre avec succès. Il a également souligné l’importance d’un dialogue direct avec les décideurs internationaux lors d’un forum comme Davos. « Davos est toujours un événement intense », a-t-il fait remarquer, « mais c’est aussi l’une des meilleures occasions de nouer des contacts et de présenter sa proposition de valeur ».
Partenariats
Euronews a fait savoir également que «la deuxième partie de la session s’est transformée en une table ronde intitulée « Renforcer les partenariats à long terme pour une croissance durable », axée sur la proposition de valeur du Maroc pour les investisseurs à la recherche de chaînes d’approvisionnement résilientes et tournées vers l’avenir». Euronews rapporte ainsi que «Kelsey Goodman, responsable du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord au Forum économique mondial, a déclaré que la situation géographique stratégique du Maroc prend une nouvelle dimension dans un contexte de perturbations des chaînes d’approvisionnement. Positionné entre l’Afrique et l’Europe, et aux portes de l’Atlantique, le Maroc se distingue particulièrement, a-t-elle souligné, alors que la relocalisation de proximité devient une priorité croissante pour les industriels en quête de proximité et de fiabilité». A noter que cette édition de Davos a été marquée par la participation du Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch. «On ne bâtit pas un destin géopolitique sur une société fragilisée», a souligné M. Akhannouch dans une allocution devant les participants à la 56ème réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF), lors d’une session animée par le co-président du WEF, André Hoffmann. Le Chef du gouvernement a relevé que le Royaume, «sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a fait le choix de protéger d’abord, de réformer en profondeur et de se projeter avec confiance», en érigeant un véritable bouclier social face aux effets de la crise post-Covid, mobilisant plus de 13 milliards de dollars pour stabiliser les prix des produits de première nécessité et 1,7 milliard de dollars pour préserver les ménages de la hausse des tarifs de l’eau et de l’électricité. Cette politique, a-t-il relevé, a permis de ramener l’inflation de plus de 6 % en 2023 à un niveau inférieur à 1 % en 2024 et 2025, tout en maintenant une trajectoire de croissance proche de 5 % et une réduction progressive du déficit et de l’endettement. Ces indicateurs, a expliqué M. Akhannouch, sont essentiels car «seule une économie solide et résiliente est en mesure de financer et de pérenniser le premier grand chantier de ce gouvernement, «le Chantier royal de l’État social». Sous les Hautes Orientations Royales, le Maroc a ainsi généralisé l’assurance-maladie obligatoire à plus de 32 millions de citoyens, tout en lançant l’aide sociale directe au profit de près de 4 millions de familles, parallèlement à un effort budgétaire historique en faveur de la santé et de l’éducation, avec une hausse de près de 20 % des crédits alloués à ces secteurs. «Protéger sans transformer serait une promesse inachevée», a, par ailleurs, relevé le Chef du gouvernement, mettant en avant la refonte des fondamentaux économiques, saluée par les partenaires internationaux. Il a, à ce propos, rappelé que, sur le terrain de la confiance et de l’intégrité financière, le Maroc est successivement sorti de la liste grise du GAFI ainsi que des listes européennes associées, et retrouvé la catégorie «Investment grade» auprès des grandes agences de notation.
Des IDE record
Charte de l’investissement. Le Chef du gouvernement a affirmé à Davos que la mise en œuvre de la Charte de l’Investissement a permis d’accélérer l’investissement productif, portant les recettes brutes d’IDE à un niveau record de plus de 5 milliards de dollars en 2025, en dépit d’un contexte international marqué par la contraction des capitaux. À la croisée de l’Europe, de l’Afrique et de l’Atlantique, le Maroc s’affirme comme une plateforme logistique majeure, avec Tanger Med parmi les premiers ports mondiaux, tout en se positionnant comme un acteur clé de la décarbonation, avec, à fin 2025, plus de 46 % de capacité électrique issue des énergies renouvelables et des projets structurants dans le solaire, l’éolien et l’hydrogène vert, a indiqué M. Akhannouch. Par ailleurs, le Chef du gouvernement a insisté sur l’importance de la lisibilité politique pour l’investissement de long terme, soulignant que «l’année 2025 restera charnière» pour le Royaume, notamment à la lumière de l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui «envoie un signal sans ambiguïté à la communauté internationale : l’Initiative marocaine d’autonomie pour les provinces du Sud est reconnue comme base des négociations». Évoquant enfin la co-organisation de la Coupe du monde 2030 par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, il a estimé qu’il s’agit d’un «symbole à la fois sportif, économique et civilisationnel», soulignant que «loin d’être une fin en soi, la Coupe du monde est un jalon dans une stratégie de transformation».









