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Pénurie d’enseignants : L’Unesco tire la sonnette d’alarme

Pénurie d’enseignants : L’Unesco tire la sonnette d’alarme

Plus de 7,9 millions d’élèves et seulement 290.000 enseignants au Maroc

L’Unesco tire la sonnette d’alarme sur la pénurie mondiale d’enseignants. Il manque actuellement 69 millions d’enseignants pour atteindre une éducation de base universelle d’ici 2030. A l’occasion de la journée mondiale des enseignants, la directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay appelle les gouvernements à renforcer leur soutien aux enseignants, soulignant que la profession peine à conserver ses effectifs et à attirer de nouveaux talents. Selon les estimations de l’Unesco, il faudrait 24,4 millions d’enseignants supplémentaires dans l’enseignement primaire et près de 44,4 millions d’enseignants dans l’enseignement secondaire pour atteindre l’objectif d’une éducation de base universelle d’ici 2030. A l’instar des autres pays, le Maroc fait face depuis plusieurs années à un manque persistant d’enseignants. Cette année, plus de 7,9 millions d’élèves ont repris le chemin de l’école dont 6,9 millions d’élèves se trouvent dans les établissements publics et 1,1 million d’élèves dans les établissements privés. Les chiffres du ministère font état de seulement 290.000 enseignants. Pour lutter contre le surpeuplement des classes, le ministère a entrepris un effort important de recrutement. Cette année, les enseignants seront plus nombreux à être recrutés (18.000 contre 15.000 l’année précédente). Cela dit, cela reste encore insuffisant. L’Unesco pointe du doigt les conditions de travail des enseignants qui doivent être améliorées. Dans les pays à faible revenu, le premier obstacle est la charge de travail. Selon de nouvelles données de l’Unesco, dans ces pays, chaque enseignant du primaire a en moyenne 52 élèves par classe au niveau primaire alors que la moyenne mondiale est de 26. Ce ratio est particulièrement élevé en Afrique subsaharienne avec 56 élèves par enseignant et en Asie du Sud avec 38 élèves. En Europe et en Amérique du Nord, on ne compte en moyenne que 15 élèves par enseignant. Aux difficultés d’encadrement s’ajoute aussi le manque de formation des enseignants, qui n’ont pas toujours à leur disposition tous les outils nécessaires pour réussir avec leurs classes. Les données de l’Unesco indiquent que près de 26% des enseignants du primaire et 39 % des enseignants du secondaire ne possèdent pas les qualifications minimales requises dans les pays à faible revenu, contre respectivement 14 et 16% au niveau mondial. Dans les régions isolées, défavorisées et rurales, les conditions s’aggravent et sont exacerbées par des besoins d’apprentissage accrus au sein de classes multiniveaux et multilingues. Les enseignantes sont bien plus durement affectées en raison du manque de logements adéquats, de la longueur et de la dangerosité des trajets pour se rendre dans les écoles et du manque de services de garde d’enfants. Tous ces facteurs empêchent le maintien des enseignantes dans les postes situés dans des régions reculées. La sous-représentation des femmes dans certains domaines de connaissances et dans les postes de direction constitue un autre défi permanent. Cette crise des vocations est également accentuée par des salaires peu compétitifs.

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