Plaidoyer
Ce rendez-vous scientifique, auquel ont pris part des enseignants, des chercheurs et des parents d’élèves ainsi que des responsables pédagogiques et de projets de champions olympiques, s’est tenu sur l’accélération du parcours olympique au profit des jeunes talents et excellents dans cette discipline.
Contribuer à la détection, la formation et la préparation des jeunes talents aux compétitions en mathématiques. Tels sont parmi les objectifs d’une rencontre scientifique organisée à Tanger dimanche 10 mai, sous le thème «L’accélération du parcours olympique au profit des talents et excellents en mathématiques». Depuis toujours, «nous constatons que beaucoup de profils à haut potentiel concourent dans des niveaux olympiques inférieurs à leurs véritables compétences», a affirmé Ibrahim Lakrini, président de l’Association Boughaz pour l’excellence en mathématiques (ABEM), initiatrice de cette rencontre à laquelle ont pris part des enseignants, des chercheurs et des parents ainsi que des responsables pédagogiques et de projets de champions olympiques.
L’intervenant a tenu à préciser que de brillants lycéens, formés au niveau olympique dès la 2ème ou 1ère année du baccalauréat, sont contraints de faire un choix difficile entre le cursus classique (régional, national, baccalauréat) et le cursus olympique.
Ce qui entraîne «une sous-exploitation de leur potentiel, une lassitude, et parfois un abandon des compétitions», a dit M. Lakrini, tout en faisant part du plaidoyer de l’ABEM pour le droit à l’accélération du parcours olympique, «c’est-à-dire avoir la possibilité de passer à un niveau olympique supérieur sans suivre toutes les étapes et évaluations du niveau d’origine, sur le seul critère de compétence et de mérite». Dédié aux jeunes talents, ce rendez-vous a permis d’ouvrir le débat sur les moyens et les nouvelles méthodes d’appui pour la mise en place d’un véritable parcours d’excellence pour les hauts potentiels mathématiques, conciliant ambition scientifique, équilibre humain et vision nationale de l’élite académique. «L’accélération du parcours olympique n’est pas une improvisation, mais le résultat d’années d’observation, d’évaluation et de structuration progressive», a expliqué Abdellatif El Farkane, directeur fondateur du Centre Boughaz Alpha compétence.
Les performances obtenues par plusieurs élèves dans les compétitions régionales et nationales confirment qu’un accompagnement adapté peut considérablement réduire l’écart entre l’âge scolaire et le niveau réel de compétence. «Accélérer ne signifie pas brûler les étapes, il s’agit de construire un environnement exigeant, cohérent et protecteur, capable de transformer un potentiel précoce en excellence durable», a dit M. El Farkane, faisant remarquer que derrière chaque jeune olympien, «il doit exister une vision pédagogique, un suivi humain et une stratégie de formation à long terme».
De son côté, Fatima-Zahra Waamoul, psychologue clinicienne et psychothérapeute, a donné une présentation sur l’évaluation cognitive d’élèves identifiés pour les Olympiades. «La haute potentialité intellectuelle ne se résume pas à un profil scolaire brillant, elle désigne un mode de fonctionnement global : cognitif, émotionnel et existentiel, qui exige une lecture fine et individualisée. L’accélération du parcours olympique est une décision juste», a-t-elle fait savoir.
Mme Waamoul a poursuivi qu’un élève à haut potentiel chroniquement sous-stimulé ne stagne pas, il régresse. «Ce que cette rencontre engage, c’est une vision holistique de l’élève. Son efficience cognitive, certes, mais aussi sa vie émotionnelle, son rapport à l’échec et son besoin d’appartenance», a-t-elle dit, avant d’ajouter que «l’excellence mathématique mérite une ambition à sa hauteur, rigoureuse, humaine et protectrice».









