Réserves de change : Opération «équilibriste»

Réserves de change : Opération «équilibriste»

Pressions sur les avoirs étrangers selon Fitch et recours à la LPL écarté pour le moment

Les responsables surveillent les réserves de change comme le lait sur le feu. Et pour cause. Avec plus de cinq mois d’achat sécurisé, le matelas de devises reste pour le moment confortable mais la situation économique à l’échelle internationale commence à inquiéter.

Plusieurs scénarios sont donc à l’étude par les autorités du pays avec les premières mesures qui commencent à tomber. Cela dit, les responsables affirment qu’il n’existe pour le moment pas de raisons de s’inquiéter même si la vigilance reste de mise. Cette assurance affichée trouve son origine dans certains indicateurs. Il y a tout d’abord la baisse historique des cours des matières premières à l’échelle internationale.

Le pétrole est ainsi revenu à des prix similaires que ceux constatés lors de la guerre du Golfe. Il y a également les prix du gaz naturel qui se sont inscrits au plus bas depuis les 25 dernières années. Forcément, cette donne allège la pression sur les avoirs étrangers disponibles. Certains observateurs affirment que la baisse de consommation pourrait même faire gagner aux réserves du Maroc un à deux mois supplémentaires puisque le calcul initial de cinq mois est fait sur la base d’engagements et de décaissements en situation normale sans prendre en compte la baisse des cours des hydrocarbures qui pèse beaucoup sur la balance des paiements. Mais il y a une grande inconnue pour le moment.
Le mois de mars est synonyme de déclaration fiscale et donc de rapatriement des bénéfices pour les entreprises opérant au Maroc. Reste à savoir si les autorités marocaines, à travers l’Office des changes, vont prendre des mesures dans ce sens.

L’autre élément à surveiller selon les observateurs concerne la valeur du dollar US. Une bonne partie des achats à l’international se fait dans cette monnaie américaine. Il est d’ailleurs connu qu’un dollar pas cher est une bonne nouvelle pour le pays. Or, il a été constaté durant les derniers jours une remontée de la monnaie verte sur les marchés internationaux car le dollar est également considéré comme une valeur refuge en tant de crise. Pour le moment, le dollar au Maroc est toujours sous la barre des 10 dirhams. En attendant de connaître la suite des scénarios retenus par les autorités pour préserver le plus longtemps possible les réserves de change, Fitch Rating a publié un communiqué sur la situation au Maroc.
L’agence de notation internationale a ainsi affirmé que les perturbations de l’économie mondiale dues à l’épidémie du coronavirus vont se traduire par une pression sur le déficit des comptes courants au Maroc tout en rappelant les mesures prises par les autorités locales afin d’absorber les chocs externes, en l’occurrence le passage à un niveau supérieur dans le régime de change flexible début mars. Les pressions précitées seraient liées selon la même source à la situation de certains secteurs économiques connus pour être de grands pourvoyeurs de devise pour le Royaume, à savoir le tourisme et l’industrie automobile.
De même, certains secteurs exportateurs pourraient pâtir d’une demande faible à l’échelle internationale. Fitch rappelle que le Maroc dispose d’une ligne de précaution et de liquidité conclue avec le FMI. Cela dit, le recours à cette ligne paraît pour le moment écarté.

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