Spoutnik V en Afrique : Les Russes misent sur le Maroc

Spoutnik V en Afrique : Les Russes misent sur le Maroc

Le ministère russe de l’industrie saluant l’autorisation du vaccin au Royaume affiche aussi des ambitions pour le continent

«Jusqu’à présent, le Maroc a reçu 7 millions de doses des vaccins AstraZeneca et Sinopharm et vaccine 50% plus rapidement que l’Allemagne et la plupart des grands pays européens».

Au Maroc, c’est le quatrième vaccin autorisé mais en Russie c’est un événement. L’autorisation de l’utilisation pour urgence du vaccin Spoutnik V au Maroc ouvre de nouvelles perspectives pour Moscou. En tout cas, l’annonce de l’autorisation a été saluée dans la capitale russe par le ministre de l’industrie au point que ce dernier n’a pas hésité de regarder même au-delà des frontières du Royaume. En effet, l’agence publique russe d’information, Tass, avait relayé la réaction du ministère russe de l’industrie et du commerce suite à l’autorisation du vaccin anti-Coronavirus Spoutnik V sur le territoire marocain. «Le 9 mars 2021, une autorisation d’utilisation d’urgence du vaccin russe anti-Coronavirus Spoutnik V pour une utilisation sur le territoire marocain a été annoncée», indiquait le ministère, ajoutant que «compte tenu du rôle du Royaume parmi les États du continent africain, la mise en place d’un partenariat à long terme avec la partie marocaine peut être un coup de pouce dans l’organisation de l’approvisionnement du vaccin russe Spoutnik V à d’autres pays africains». Ainsi, la Fédération russe qui fut la première à l’échelle internationale à enregistrer un vaccin contre le Covid-19 ambitionne d’exporter ce produit vers d’autres pays. En Afrique, les Russes semblent clairement miser sur le Maroc pour atteindre cet objectif.

Vers une production marocaine

Le partenariat annoncé ne se limitera pas a priori à acheter des lots pour le Maroc mais portera sur d’autres points. Il faut dire que les Russes sont parmi les rares à vouloir délocaliser la production de Spoutnik V à l’étranger. Les responsables du Kremlin ont affirmé dans des déclarations qu’une bonne partie de la production russe sera réservée à la demande nationale. Il faut dire que la production d’un vaccin localement au Maroc sera la bienvenue pour deux principales raisons. Tout d’abord, il est de plus en plus difficile de s’approvisionner à l’étranger en raison de la pression exercée sur les stocks disponibles et la forte demande internationale alors que les capacités de production sont limitées des grands producteurs internationaux. La deuxième raison concerne les coûts qui peuvent augmenter en raison de la surenchère, voire la spéculation de certains potentiels acheteurs.

C’est d’autant plus vrai que les paiements des vaccins se font en devise ce qui peut ajouter une contrainte pour les avoirs étrangers. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si le Maroc sera un simple acheteur du Spoutnik V ou si le pays deviendra un producteur de ce vaccin pour une possible distribution vers des pays africains qui ont du mal à accéder pour le moment à ce produit contre le Coronavirus. Le continent est touché également de plein fouet par la pandémie du Covid-19 et le vaccin reste un espoir pour de nombreux pays à l’échelle continentale pour entrevoir le bout du tunnel. En attendant, le ministère de la santé a déjà annoncé une première commande d’un million de doses du vaccin russe.

Le Royaume veut maintenir la cadence de la vaccination de la population. Dans ce sens, le centre de réflexion américain spécialisé dans le Moyen-Orient, «The Middle East Institute», a salué les progrès de l’opération de vaccination contre le Coronavirus au Maroc qui «vaccine 50% plus rapidement que l’Allemagne et la plupart des grands pays européens». «Jusqu’à présent, le Maroc a reçu 7 millions de doses des vaccins AstraZeneca et Sinopharm et vaccine 50% plus rapidement que l’Allemagne et la plupart des grands pays européens, à la faveur de l’un des systèmes d’inscription par SMS les plus efficaces au monde», relève l’expert et ancien diplomate américain, Williams Lawrence. Cet enseignant des sciences politiques et des affaires internationales à la «School of International Service» de l’Université américaine à Washington, rappelle qu’avant la pandémie, l’économie marocaine «s’améliorait grâce à la réduction de la pauvreté, à la création d’emplois et au développement de la plus grande centrale solaire du monde et du plus grand port d’Afrique».

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