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Stress hydrique et agriculture : Le gouvernement déploie des alternatives

Stress hydrique et agriculture : Le gouvernement déploie des alternatives

Rotation de cultures, semis direct, stations de dessalement à Sidi Rahal, variétés résistantes à la sécheresse, assurance…

L’économie et la valorisation des ressources en eau sont demeurées au cœur du Plan Maroc Vert ainsi que la nouvelle stratégie Al Jayl Al Akhdar 2020-2030 en veillant à l’augmentation de l’efficience des techniques de l’irrigation et la mobilisation des ressources hydriques.

Une agriculture résiliente aux changements climatiques. C’est le pari fait par le gouvernement dans un contexte marqué par le recul des réserves en eau et des perturbations du cycle des pluies. Dans ce sens, le ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts vient de dévoiler de nouvelles mesures face à cette situation. Dans une réponse à une question parlementaire écrite, Mohamed Sadiki, ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts liste les moyens mis en place alors que les agriculteurs s’apprêtent à lancer une nouvelle campagne agricole.

Concrètement, le responsable rappelle que l’économie et la valorisation des ressources en eau sont demeurées au cœur du Plan Maroc Vert ainsi que la nouvelle stratégie Al Jayl Al Akhdar 2020-2030 en veillant à l’augmentation de l’efficience des techniques de l’irrigation et la mobilisation des ressources hydriques avec la plus grande efficacité pour garantir une gestion durable et la sécurité alimentaire du pays. Grâce à cette politique, explique le ministre, le secteur agricole a enregistré un développement notable avec une superficie irriguée avoisinant les 1,6 million d’hectares précisant que l’importance de cette agriculture irriguée se traduit par sa participation à hauteur de 45% de la valeur ajoutée agricole même si les cultures irriguées ne dépassent pas les 15% de la superficie totale des terres plantées. Cependant, les défis imposés par les changements climatiques ont poussé les responsables à prendre de nouvelles mesures. Il a ainsi été question de remplacer les cultures très sensibles aux changements climatiques par d’autres plus résistantes et génératrices de revenus.

Le ministre cite en exemple le cactus, le câpre, l’arganier, le caroubier… Le gouvernement compte également poursuivre le soutien aux organisations agricoles pour s’équiper en techniques et moyens d’économie en eau sans oublier l’élargissement de la couverture par les assurances contre les risques induits par les changements climatiques. Parmi les mesures adoptées, il y a également l’encouragement à l’utilisation d’une agriculture durable à travers l’adoption des techniques du semis direct et la rotation intensive des cultures (la rotation culturale ou rotation des cultures est la suite de cultures échelonnées au fil des années sur une même parcelle. L’alimentation hydrique et la capacité d’exploration du sol des cultures sont ainsi améliorées). Sur ce même registre, le gouvernement compte soutenir la conversion vers des cultures biologiques puisqu’il s’agit d’élargir la superficie couverte à plus de 100.000 hectares à l’horizon 2030.

Par ailleurs, le gouvernement travaille au développement de l’irrigation localisée sur une superficie de 350.000 hectares supplémentaires en plus de la mise en place de nouveaux mécanismes pour l’adaptation à la rareté des ressources en eau. Aussi, les responsables veulent renforcer le programme de partenariat public-privé dans le domaine de l’irrigation à travers le lancement de deux projets, notamment dans la plaine du Gharb, sur une superficie de 30.000 hectares. La tutelle étudie également le lancement de projets de dessalement à Sidi Rahal (5.000 hectares), Foum Loued et Guelmim (5.000 hectares chacune).

Projet de Dakhla-Oued Eddahab

Le ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts a lancé à travers l’Agence pour le développement agricole (ADA) le 5 septembre 2022 un appel d’offres de partenariat public-privé autour des terres agricoles du domaine privé de l’Etat dans la région de Dakhla-Oued Eddahab. Ce projet qui s’inscrit dans le cadre du nouveau modèle de développement des provinces du Sud lancé par Sa Majesté le Roi consiste en la création d’un nouveau périmètre irrigué d’une superficie de 5.200 ha dans le cadre du grand projet intégré de dessalement de l’eau de mer exploitant l’énergie éolienne, dans la province de Oued Eddahab et plus précisément au niveau de la commune de Bir Anzarane.

Cet appel d’offres permettra la mise en valeur d’un nouveau périmètre irrigué à travers l’attribution de terrains, relevant du domaine privé de l’Etat, à des jeunes marocains de la région de Dakhla-Oued Eddahab et aux investisseurs privés dans le cadre de l’opération du partenariat public-privé, à travers la location longue durée allant de 25 à 40 ans selon la nature des projets.

Banque mondiale

Le ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts avait présidé, mardi 20 septembre 2022 à Rabat, accompagné de Jesko Hentschel, directeur pays pour le Maghreb et Malte à la Banque mondiale, un atelier de capitalisation de la coopération entre la Banque mondiale et le ministère. Ont pris part à cet atelier de hauts responsables de la Banque mondiale et des responsables du ministère. L’organisation de cet atelier a porté sur l’analyse des acquis et principaux enseignements de la coopération entre la Banque mondiale et le ministère, les domaines prioritaires de coopération et les perspectives de coopération futures. Il répond à une volonté commune d’apprécier la qualité de cette coopération et de la développer davantage. Dans son mot d’ouverture, le ministre a loué la qualité des relations avec la Banque mondiale, qui figure en tête des institutions internationales techniques et financières qui accompagnent le développement et la modernisation du secteur agricole marocain.

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