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Transformation rurale inclusive en Afrique le Maroc montre la voie

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Durabilité. Rabat accueille du 18 au 20 avril 2024 la 33ème session de la Conférence régionale de la FAO pour l’Afrique (ARC33). Cette conférence met en lumière le Cadre stratégique de la FAO 2022-2031 et les quatre améliorations, à savoir l’amélioration en matière de production, l’amélioration en matière de nutrition, l’amélioration en matière d’environnement et l’amélioration en matière de conditions de vie. Présidant la cérémonie d’ouverture, le chef de gouvernement a exprimé la volonté du Maroc de continuer à développer son agriculture tout en mobilisant des solutions d’irrigation durable et inclusive dans un contexte marqué par trois années de sècheresse.

Sécurité alimentaire et durabilité sont actuellement deux défis mondiaux majeurs, lesquels ne peuvent être atteints qu’avec l’optimisation et la rationalisation des ressources en eau. «Feu SM Hassan II avait développé une politique des barrages qui a permis de développer un réseau d’irrigation. Sa Majesté le Roi Mohammed VI a continué à accélérer ce programme de développement des politiques de barrages puisque les derniers investissements annoncés depuis deux-trois ans sur un espace de 5-6 ans sont de l’ordre de 14 milliards de dollars dans la problématique de l’eau, réservés à l’eau potable mais également à l’agriculture et qui comprennent le dessalement de l’eau, les eaux conventionnelles et non conventionnelles et la politique des barrages. C’est dire que l’engagement du Maroc par rapport à cette ressource est très important», indique le chef de gouvernement Aziz Akhannouch lors de la cérémonie d’ouverture de la 33ème Conférence régionale de la FAO pour l’Afrique (ARC33) qui a eu lieu le 18 avril 2024 à Rabat. Organisée sous l’égide du Royaume du Maroc, cette conférence qui se déroulera sur 3 jours, du 18 au 20 avril 2024, a pour thème «Systèmes agroalimentaires résilients et transformation rurale inclusive». Le chef de gouvernement a mis l’accent à cette occasion sur la nécessité de mobiliser tous les moyens pour assurer cette ressource rare, notamment au niveau du financement et particulièrement pour les pays africains. Il a expliqué que le premier bénéficiaire du développement de l’agriculture est le monde rural faisant le lien entre une bonne agriculture, l’irrigation, la valeur ajoutée et l’amélioration des revenus des agriculteurs. Aziz Akhannouch a relevé aussi que le fait de rapprocher les infrastructures agricoles (souks, abattoirs, marchés de gros) aux bassins de production permet par voie de conséquence de créer de la valeur ajoutée et d’améliorer les revenus des agriculteurs dans le monde rural et dans les régions agricoles. «Bien évidemment l’Etat doit apporter son soutien parce que le monde agricole a besoin d’infrastructures de santé, d’éducation, d’écoles et a besoin de pistes. Le Maroc a d’ailleurs lancé un programme de l’ordre de 5 milliards de dollars pendant 5 ans qui a été dirigé par le ministère de l’agriculture», rappelle le chef de gouvernement notant que ce programme consistait à faire converger toutes les politiques publiques afin de développer durablement les communes les plus éloignées. Au cours de cette séance inaugurale, Aziz Akhannouch a aussi rappelé les deux stratégies agricoles du Maroc dont la première (Plan Maroc Vert) qui s’est achevée en 2020 portait sur la restructuration du champ agricole, l’organisation et le regroupement des acteurs, l’augmentation de la production, l’amélioration de la productivité et surtout à mettre l’investissement au centre de l’équation du développement de l’agriculture.

A ce propos, il souligne : «Le Maroc a investi au moins 1 milliard de dollars pendant 10 ans dans l’agriculture». Pour ce qui est de la deuxième stratégie qui a vu le jour en 2020 (Génération Green), elle touche la partie amont (production, transformation, mais également le capital humain). Par ailleurs, le chef de gouvernement a également fait état des trois années de sècheresse que le Maroc a connues et la volonté du Maroc de continuer à développer son agriculture. Il cite dans ce sens l’exemple de la région Souss-Massa-Darâa qui s’appuie essentiellement sur l’eau de dessalement. Cette rencontre constitue une opportunité majeure pour les pays africains afin de discuter des solutions pratiques et concrètes pour la sécurité alimentaire et l’amélioration de la production agricole. A noter que la conférence régionale est l’organe directeur le plus élevé de la FAO en Afrique. Les débats porteront sur le cadre stratégique de la FAO pour la période 2022-2031, qui est une feuille de route visant à contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable en mettant fin à la pauvreté, en éliminant la faim et en réduisant les inégalités, en soutenant la transformation vers des systèmes agroalimentaires plus efficaces, inclusifs, résilients et durables pour une meilleure production, meilleure nutrition, meilleur environnement, sans laisser personne de côté. Y prendront part des délégués de toute l’Afrique, notamment des ministres de l’agriculture et d’autres acteurs essentiels à la transformation des systèmes alimentaires dans le domaine des finances, du commerce et l’industrie, de la foresterie, de la pêche, de l’environnement, de la science et la technologie et la santé.

Les quatre améliorations visées par la FAO
Appuyer la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030 par une transformation des systèmes agroalimentaires destinée à les rendre plus efficaces, plus inclusifs, plus résilients et plus durables en vue d’améliorer la production, la nutrition, l’environnement et les conditions de vie, sans laisser personne de côté. C’est l’objectif du cadre stratégique 2022-2031 de la FAO. Il en ressort quatre améliorations. Le premier est celui de l’amélioration en matière de production. Il s’agit d’établir des modes de consommation et de production durables grâce à des filières d’approvisionnement efficaces et inclusives dans les secteurs de l’alimentation et de l’agriculture aux niveaux local, régional et mondial, en veillant à la résilience et à la durabilité des systèmes agroalimentaires dans le contexte du changement climatique et environnemental.
Les domaines prioritaires dans ce sens sont l’innovation pour une production agricole durable, la transformation bleue, l’approche «Une seule santé», l’accès équitable aux ressources pour les petits producteurs et l’agriculture numérique. La deuxième amélioration en matière de nutrition consiste à éliminer la faim, concrétiser la sécurité alimentaire et améliorer la nutrition sous toutes ses formes, notamment en promouvant des aliments nutritifs et en accroissant l’accès à des régimes alimentaires sains. Cet axe compte comme domaine prioritaires l’alimentation saine pour tous; nutrition au bénéfice des plus vulnérables; aliments salubres pour tous; réduction des pertes et du gaspillage alimentaires; transparence des marchés et des échanges commerciaux. La troisième amélioration concerne l’amélioration en matière d’environnement. Cet axe consiste à protéger et restaurer les écosystèmes terrestres et marins, promouvoir leur utilisation durable et lutter contre le changement climatique grâce à des systèmes agroalimentaires plus efficaces, plus inclusifs, plus résilients et plus durables. Il en ressort plusieurs domaines prioritaires dont des systèmes agroalimentaires contribuant à atténuer le changement climatique et adaptés à ses effets, la bioéconomie au service d’une alimentation et d’une agriculture durables, la biodiversité et services écosystémiques à l’appui de l’alimentation et de l’agriculture et la mise en place de systèmes alimentaires urbains durables. La quatrième amélioration est liée aux conditions de vie. Elle cible la promotion d’une croissance économique inclusive en réduisant les inégalités. Les domaines prioritaires de ce programme incluent, entre autres, l’égalité femmes-hommes et l’autonomisation des femmes rurales, la transformation rurale inclusive, les situations d’urgence agricoles et alimentaires, les systèmes agroalimentaires résilients ou encore l’accroissement des investissements.
A noter que ces quatre améliorations, comme l’explique la FAO, orientent la manière dont elle entend contribuer directement aux Objectifs de développement durable (ODD).

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