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Un milliard de dirhams de plus pour le CIH

Tout laisse croire que l’assainissement du Crédit immobilier et hôtelier est bien réel. À l’annonce d’un communiqué officiel de la banque, le titre en Bourse a aussitôt réagi à la hausse. Les signes précurseurs de la sortie de crise du CIH sont perceptibles. Ainsi, selon les termes du communiqué, « la reprise s’est accompagnée d’une amélioration sensible du coût des ressources de la clientèle s’élevant à 1,56% à fin mars 2005 contre 1,84% à fin décembre 2004 ».  Aussi, une augmentation de capital, précédée d’une réduction de capital, permettra, selon le communiqué, de résorber le report à nouveau négatif constaté au 31 décembre 2004. En clair, en plus de la continuation de l’activité de la banque, ce traitement est de nature à aboutir à la restauration définitive de la situation nette de la Banque. Surtout, une information capitale a été livrée au marché : «à l’occasion de cette augmentation de capital, le conseil a pris connaissance d’un projet de convention élaboré avec le ministère des Fiances et de la Privatisation et qui a pour objet le dénouement définitif de la garantie de l’Etat».
Certains ont interprété cette information comme dénouement définitif de la garantie de l’Etat, accordé à hauteur de 2,5 milliards de DH. La formulation de cette information laisse croire que l’issue est plutôt positive, mais une confirmation officielle s’impose. Par contre. Lors d’une rencontre avec la presse lundi 24 mai, le premier ministre Driss Jettou a annoncé que la recapitalisation de l’État sera de l’ordre d’un milliard de DH. Compte tenu des point en fonds propres, les analystes tablaient sur au moins 2 milliards de DH. Les prochains jours seront, donc, décisifs pour la banque et ses investisseurs.
Pour rappel,  par le passé, pas moins de 5 milliards de dirhams ont été dévourés  pour permettre au CIH de retrouver une situation financière équilibrée. Le secteur bancaire privé a aussi été mis à contribution pour contribuer au sauvetage de cette institution financière spécialisée dans le financement du tourisme et de l’habitat. En plus d’une récapitalisation pour un montant de plus de 2 milliards de dirhams, dont la moitié provenait de la CDG, Bank Al Maghreb et la BCP, et d’une avance de 1 milliard du Trésor, le système bancaire a du apporter 1,9 milliard de dirhams comme garantie de l’État à l’appui.
L’image de la banque, rappelons-le, a largement souffert de l’éclatement au grand jour du scandale lié aux affaires de détournements et de malversations qui ont marqué sa gestion durant plus d’un quart de siècle.
Les poursuites judiciaires engagées contre tous ceux qui ont participé au pillage systématique des ressources de cet établissement bancaire durant plus de deux décennies attestent de la volonté du gouvernement d’aller jusqu’au bout dans l’épuration de ce dossier en orientant la banque vers le financement du logement social.
Aussi, l’Etat a-t-il commencé par lui-même. En effet,  le gouvernement a tenu à donner l’exemple en s’engageant à honorer ses dettes envers le CIH durant l’année 2005. Rappelons que les organismes sous tutelle (OST) dont les Etablissements régionaux d’aménagement et de construction (ERAC) ont payé leurs dettes envers la banqnue.
Après une première tranche de 800 millions de dirhams, le reste, à savoir 500 millions de dirhams, a été versé à la banque, le 30 décembre 2004. Les autres administrations suivront l’exemple des ERAC, cette année. Il s’agit de l’ONE qui va rembourser près de 600 millions de dirhams et les Collectivités locales qui seront amenées à régler environ 500 millions. En ce qui concerne les crédits octroyés à des promoteurs privés avec la garantie de l’Etat conformément à la politique d’encouragement de l’investissement dans les secteurs de l’immobilier et du tourisme, le gouvernement est décidé à user de tous les moyens légaux pour faire valoir ses droits. Il est disposé à trouver des arrangements avec les parties concernées pour résoudre les problèmes au cas par cas.

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